Développement et Paix sous enquête

L’organisme Développement et Paix fait présentement l’objet d’une enquête de la part de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC). Cela fait suite à des dénonciations publiques faites d’abord par le site Internet LifeSiteNews.com, et reprises par The Catholic Register, un journal qui appartient à l’archidiocèse de Toronto. Selon ces sources, Développement et Paix achemirerait de l’argent à des organisations qui font la promotion de l’avortement, notamment au Mexique où cinq groupes auraient été identifiés.

Au moment où ces allégations ont été publiées en mars, Développement et Paix a immédiatement répondu en réfutant ces allégations sur un ton sans équivoque. Mais devant l’ampleur que prenait l’affaire, l’organisme s’est senti pressé d’offrir de plus amples détails pour rassurer les catholiques canadiens.

La CECC a donc dépêché au Mexique deux évêques, Mgr Martin W. Currie, archevêque de St. John’s, à Terre-Neuve, et Mgr François Lapierre, P.M.É., évêque de Saint-Hyacinthe, au Québec. Du 15 au 18 avril, ils devront vérifier si Développement et Paix finance effectivement des organisations qui promeuvent l’avortement. Ils devront notamment vérifier si les allégations suites aux enquêtes « journalistiques » menées par LifeSiteNews se basent sur des faits vérifiés et contre-vérifiés ou si elles sont, comme l’affirme Développement et Paix, le fruit d’un travail bâclé, voire biaisé.

L’affaire a fait réagir passablement de catholiques dans les provinces anglophones du Canada, mais fait peu de vagues au Québec pour l’instant.

Une enquête sur un fil de fer
L’enquête débute à peine, et déjà elle est mise en doute. Premièrement, certains auraient souhaité voir des enquêteurs neutres se rendre au Mexique. Au moindre faux pas, la crédibilité de la démarche sera remise en question par les mêmes groupes pro-vie qui ont alimenté cette affaire. Deuxièmement, le degré de préparation des évêques sélectionnés est-il adéquat pour la tâche d’observation sur le terrain ? Mgr Lapierre, par exemple, se sentira rapidement à l’aise, lui qui parle bien espagnol. Mais après les nombreuses obligations du triduum pascal et les funérailles de son évêque émérite, Mgr Albert Sanschagrin, célébrées la veille de son départ, a-t-il eu suffisamment de temps pour approfondir le sujet, pour bien prendre connaissance des enjeux et des forces en présence ? On le lui souhaite.

Développement et Paix en furie
Quant à l’organisme Développement et Paix, il est en furie : il réfute catégoriquement ces allégations. Il sait de toute manière qu’il peut dire adieu à une bonne partie de son financement si jamais on prouve qu’il a financé, volontairement ou non, des groupes faisant la promotion de l’avortement. Plusieurs catholiques, surtout anglophones – et les Chevaliers de Colomb en tête – ne leur pardonneraient pas et se sentiraient trompés.

De plus, plusieurs dirigeants de Développement et Paix se demandent s’il n’y aurait pas anguille sous roche puisque ces allégations coïncidaient avec le Carême, l’occasion pour Développement et Paix de procéder à sa campagne annuelle Carême de partage qui permet de récolter annuellement environ 10 millions de dollars à travers le pays.

L’affaire est à suivre.