Fermeture du Centre IXTHUS : chronique d’une mort annoncée

Le Séminaire de Québec a finalement décidé de repenser son projet d’évangélisation destiné aux jeunes adultes. Le Centre Québec IXTHUS, fondé en mai 2004, va donc cesser ses activités pour une durée indéterminée à partir du 30 juin 2009. Le site Internet du Séminaire de Québec atténue l’impact de cette annonce en indiquant sobrement que le centre « fait une pause dans ses activités ». Deux questions cruciales devront rapidement trouver une réponse : comment en est-on arrivé à une telle situation après à peine 5 ans ? et que faire de ce centre ?

Mort annoncée
La nouvelle est loin d’être une surprise : depuis au moins un an, il était de notoriété publique dans les milieux ecclésiaux que l’homme à la tête du Séminaire, Mgr Hermann Giguère, n’était pas satisfait des résultats obtenus par Québec IXTHUS. Il ne s’était pas gêné pour partager ses vues sur la question.

Dans une lettre annonçant cette fermeture, le supérieur général du Séminaire, Mgr Giguère, évite de donner trop de détails :

« Après des années d’implantation et de mise en place, il est apparu que le fonctionnement actuel du Centre ne répondait pas suffisamment aux attentes initiales. Dans ces circonstances, le Conseil du Séminaire a décidé à sa séance du 4 mars 2009 de cesser les activités du Centre Québec Ixthus pour un temps indéterminé à partir du 30 juin 2009. »

Deux erreurs
Il faut dire que l’approche de Québec IXTHUS favorisait grandement une approche soft qui tranchait avec une évangélisation directe. Comme bien des milieux chrétiens qui tentent d’offrir des activités attrayantes pour le plus grand nombre, la notion de « valeurs » était par moment tellement élargie, que l’objectif d’évangélisation pouvait sembler loin pour un observateur externe. Les arts occupaient une très grande place dans les activités d’IXTHUS. Parmi les belles réalisations du centre, soulignons le travail accompli avec les concours Émergences pour découvrir la relève musicale « chrétienne et engagée ». Mais cette centralisation sur les arts a peut-être été également à la source de l’insatisfaction du Séminaire.

L’ambiance et le ton des activités du centre étaient également nettement festifs. On voulait montrer une relève catholique fière, dynamique et pleine de vie. L’option en faveur des arts mettait l’accent là-dessus. Mais si certains jeunes adultes qui côtoient l’Église veulent effectivement faire l’expérience d’un dynamisme ecclésial qui tranche avec la grande sobriété de certaines messes, d’autre en revanche en ont marre du lien stéréotypé qui associe jeunesse et fête et rêvent de projets jeunesse qui fassent davantage de place aux autres aspects de la vie.