Estrie : fermeture du carmel de Danville avant 2010

Le Carmel de Belle-Croix à Danville, en Estrie, fermera ses portes d’ici la fin de l’année. La date exacte n’a pas encore été arrêtée, mais une messe d’actions de grâce est d’ores et déjà prévue pour le mois de septembre. Ce sera une manière de souligner les liens spirituels étroits qui unissent les sœurs qui y vivent et la population de la région… avant de partir.

« C’est douloureux pour tout le monde », confie sœur Denise, prieure du carmel de Danville.
« On sent également cette douleur dans la population. »

Il faut dire que le carmel a toujours été proche des gens de la région. « Je crois que nous avons au Québec le monastère carmélite qui a la meilleure symbiose avec la communauté qui l’entoure, donc cette perte est ressentie de manière encore plus grande », explique Sr Denise.

Le monastère ne fermera pas pour des raisons économiques. La fermeture est plutôt due au nombre décroissant de carmélites, à leur vieillissement et au manque de vocations.

Un carmel vietnamien
Le Carmel de Belle-Croix est né suite à l’arrivée de carmélites en provenance de Bui-Chu, au Vietnam. Fuyant l’avancée communiste, celles-ci sont arrivées à Montréal en 1954. Elles étaient alors vingt, dont quatorze Vietnamiennes et six Canadiennes. L’archevêque de Sherbrooke, Mgr Georges Cabana, les accueille en Estrie, dès 1957, à Danville.

Cette situation n’est pas unique à l’époque, puisque le carmel de Dolbeau, dans le diocèse de Chicoutimi, accueille lui aussi dans les années 50 les carmélites originaires de Hanoï, au Vietnam.

Or, il ne reste aujourd’hui que deux des quatorze sœurs vietnamiennes et une seule des six sœurs canadiennes. D’autres sœurs appartenant à d’autres monastères – appelées des conventuelles – sont également à Danville. Mais cela ne suffit pas à assurer la pérennité de ce carmel.

Double choc
Qu’à cela ne tienne : une lettre d’appui aux sœurs circule actuellement dans la région de Danville. Loin d’y voir une pétition axée sur des revendications, le curé de la paroisse Sainte-Anne, l’abbé Léo Durocher, parle plutôt d’un « soutien affectif ». Cependant, le curé s’attriste de ce départ :
« C’est désolant. Ça donne un coup, mais il faut se rendre à l’évidence ».

D’ailleurs, le choc est doublé par le départ de l’abbé Durocher dès le mois de juillet. En quelques mois, les gens de la région perdent ainsi leur curé résident – peut-être le dernier à habiter sur place – et les carmélites. L’abbé Durocher croit qu’il aura peut-être été le dernier curé résident à vivre parmi les paroissiens de Sainte-Anne, puisque le nouveau curé n’habitera pas sur place.

Le maire de Danville, Jacques Hémond n’était pas disponible pour commenter. Toutefois, il a déjà indiqué qu’il entendait prendre des actions pour trouver une solution qui permettrait d’éviter le départ des sœurs.

« L’esprit va demeurer »
Malgré tout, tant le curé que les sœurs demeurent sereins. « Elles sont le paratonnerre du coin, l’âme de la région. En quelque sorte, elles sont une manifestation visible de la présence de Dieu », illustre l’abbé Léo Durocher, avant d’ajouter que « plusieurs personnes faisaient appel à elles – avec succès – pour leur soutien dans la prière. Les histoires de grâces obtenues abondent dans la région ».

Les sœurs promettent qu’elles seront toujours là, malgré la distance : « L’esprit va demeurer. Nous allons continuer de porter tout le monde dans nos prières », assure Sr Denise.

NB : Danville se prononce «Danneville »