Le porte-étendard du « moinagement » moderne en visite au Québec


Dom Hugues Minguet, o.s.b., effectue présentement une visite au Québec. Ce Français, fondateur de l’Institut sens et croissance, vient notamment parler de son concept de « moinagement », une expression aux accents humoristiques qui incarne le désir d’une gestion plus humaine dans les entreprises. Il obtient ce néologisme en contractant les mots « moine » et « management ». Il donnait une conférence à Québec le 8 juin et une autre à Montréal le lendemain.

Dom Minguet fait valoir que la tradition managériale des bénédictins a 15 siècles d’existence. Il n’hésite pas a comparer, sourire en coin, l’ordre bénédictin à une multinationale. Et cette multinationale a survécu grâce à certains principes de gestion qui sont encore pertinents aujourd’hui.

Juriste de formation, il rencontre chaque année des dizaines de gestionnaires dans diverses entreprises. Souvent, ceux-ci viennent le voir au monastère. Au contact des moines, ces dirigeants en sont progressivement venus à dire ouvertement leur désir de trouver un sens à leur travail. Par la suite, en réponse à une volonté d’action chez son père abbé, dom Minguet s’est mis à concevoir une unité de recherche avec une vingtaine de dirigeants de grandes entreprises.

Sens et valeurs éthiques
Le fondateur de l’Institut sens et croissance identifie quatre niveaux d’action pour améliorer les entreprises. En voici un résumé :

1. ce qui est mesurable. Une entreprise doit faire des profits. Mais elle doit le faire en incarnant un réel professionnalisme, terme qu’il associe à l’amour en raison du respect et de l’amour de l’autre que cela implique. Objectif : professionnalisme.

2. l’organisation. C’est le niveau de la cohérence entre les outils de management, les principes de management et les valeurs humanisantes. Objectif : épanouissement des personnes.

3. la qualité des comportements. Cela se mesure à la qualité de la confiance que se font les partenaires. Objectif : tisser des liens de qualité dans les interractions à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise.

4. la qualité des finalités. La finalité implique l’avenir de l’entreprise, l’avenir des individus, mais aussi les personnes qui seront affectées par le travail qui est effectué. La qualité des finalités comprend également l’impact sur l’environnement. Objectif : des finalités qui se mettent au service d’humain.

Il identifie la motivation comme un élément clé du succès de l’entreprise et n’hésite pas à dire que c’est la qualité des rapports humains et du cadre de travail qui motive les travailleurs, loin devant la poursuite de profits.

Une nouvelle approche dans l’évaluation
Au lieu de tout miser sur les performances dans les entreprises, il suggère de repenser l’impact de l’employé à travers une nouvelle approche dans son évaluation. Ainsi, les performances comptent pour seulement un tiers dans l’évaluation de l’employé. Un autre tiers dépend de la qualité de la vie d’équipe qu’apporte l’individu, de même que sa capacité à participer à l’enrichissement des autres. Enfin, le dernier tiers porte sur l’apport fait à l’environnement. Dès lors, l’employé devient beaucoup plus qu’une simple ressource productive.

Bientôt un livre
Dom Minguet prépare également un livre qui s’appellera vraisemblablement Le «moinagement », ou comment sortir de la crise, qui pourrait être publié en septembre 2010 si les échéanciers sont respectés.

Vous pouvez également regarder une courte vidéo résumant sa pensée en cliquant sur ce lien.

(Photo : Institut sens et croissance)