L'ex-évêque d'Antigonish accusé de possession de porno juvénile

Mgr Raymond J. Lahey, l’évêque démissionnaire d’Antigonish, est accusé de possession de pornographie juvénile. Il a été interpellé à l’aéroport d’Ottawa le 15 septembre dernier lorsque des agents des Services frontaliers ont trouvé de la pornographie juvénile dans son ordinateur portable lors d’une fouille aléatoire. Mgr Lahey rentrait alors d’un voyage aux États-Unis. Les agents l’ont laissé partir, sans porter d’accusations.

Mais vendredi dernier, le 25 septembre, un mandat d’arrêt pancanadien a été émis à son endroit pour possession et importation de pornographie juvénile. La police d’Ottawa a indiqué que les agents des Services frontaliers poursuivent leur enquête, sans toutefois donner plus de détails sur le contenu de son ordinateur.

Le lendemain, Mgr Lahey démissionnait.

Plus de détails suivront

De la pitié à la haine
Qu’il soit reconnu coupable ou non importe peu sur l’effet médiatique de cette annonce. Quelques heures à peine après la parution de la nouvelle aujourd’hui, les internautes se déchaînaient, tant chez les francophones que les anglophones.

Sur le site du National Post, une femme rappelle que ce sont surtout des prêtres qui ont été pris dans de telles histoires jusqu’à présent. « Sera-t-il le premier parmi plusieurs évêques ? », questionne-t-elle.

Du côté de radio-canada.ca, une dame n’hésite pas à dire sa gêne d’être catholique, tandis qu’un homme de Gatineau affirme « que le niveau de confiance va encore baisser envers le clergé ».

Entre les propos et incendiaires et les accusations, un petit malin se demandait si l’évêque aura droit à une pétition en sa faveur, comme le cinéaste Roman Polanski, accusé d’avoir violé une fillette de 13 ans il y a plusieurs années.

Au moment de sa démission en fin de semaine, les catholiques éprouvaient de la pitié envers cet homme dont le travail épiscopal à Antigonish a été marqué par la sombre histoire d’abus sexuels commis dans ce diocèse au cours des dernières décennies. Après avoir supervisé le règlement du recours collectif de 13 millions $ pour les victimes, et après avoir présenté des excuses officielles au mois d’août, il partait la tête haute.

Son départ semblait clore cette sordide histoire une fois pour toutes.

Mais à peine quelques jours après la démission de Mgr Raymond J. Lahey, voilà que les plaies d’un diocèse meurtri et honteux s’ouvrent à nouveau, effaçant du même coup les récentes années de repentance.