Épiscopat canadien : dépasser les scandales et les divisions (2/2)

Épiscopat canadien : dépasser les scandales et les divisions (2/2)

Développement et Paix
Après le scandale du printemps, la discussion sur l’Organisme catholique pour le développement et la paix – Développement et Paix (D&P) – était très attendue. Essentiellement, les évêques ont convenu d’exercer un plus grand contrôle sur D&P et d’aller de l’avant avec l’implantation des recommandations du comité d’enquête mis sur pied pour vérifier l’action de l’organisme au Mexique suite aux allégations de LifeSiteNews.com.

Une déclaration à ce sujet a été adoptée.

L’Église et Internet
En lien avec cette histoire, une discussion à huis clos a eu lieu au sujet des sites Internet et des blogues. Cette partie de la plénière n’est pas abordée dans les communiqués de presse officiels émis tout au long des jours de cette assemblée plénière.

Le père Thomas Rosica, l’homme à la tête de Télévision Sel et Lumière, avait préparé une présentation au sujet de la délicate question des sites et des blogues.

Il a lui-même été pris à partie il y a quelques semaines par LifeSiteNews au sujet des funérailles de Ted Kennedy dans le diocèse de Boston.

Depuis quelques années, le débat entre catholiques a été endurci par des propos enflammés sur plusieurs sites Internet et blogues catholiques. Cette situation n’est dénoncée que du bout des lèvres, tant au Canada qu’aux États-Unis. En fait, peu de voix osent s’élever pour dénoncer le climat malsain de peur qui s’est emparé de plusieurs organismes catholiques dont les actions sont scrutées dans les moindres détails par certains blogues, appuyés par des groupes de plus en plus séduits par la tentation de déterminer qui est catholique et qui ne l’est pas.

À cet égard, Mgr Weisgerber a donné le ton dès le début de l’assemblée plénière en rappelant qu’il appartient aux évêques de juger de la catholicité d’une personne ou d’un organisme.

Sous le couvert de l’anonymat, plusieurs individus à la tête d’autres organismes catholiques canadiens ont confié à Crayon et goupillon qu’ils préfèrent se taire, de peur d’être pris pour cible et de voir l’aide financière dont ils dépendent être réduite.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la rencontre abordant cette question se tenait à huis clos. Les évêques et les experts appelés à se prononcer voulaient s’assurer d’avoir les coudées franches pour aborder le problème en toute franchise.

Une prise de bec dans les corridors entre le père Rosica et LifeSiteNews n’est pas passée inaperçue. Connue de peu de personnes, elle témoigne de la tension qui gangrène la qualité des débats.

Car le père Rosica est loin de ce qu’on pourrait qualifier de « catholique de gauche ». Plusieurs catholiques, pour qui les idées du père Rosica et celles LifeSiteNews ne sont pas si éloignées, ont été étonnés de prendre connaissance de cette vive discussion en public.

Bref, la conférence épiscopale canadienne semble être sensible à cette nouvelle réalité.

Élections
Enfin, les élections sont venues confirmer plusieurs impressions. Il faut dire que ces élections ne sont jamais remplies de surprises. La conférence épiscopale choisit les membres de son exécutif en fonction d’un principe de rotation. Ainsi, le cotrésorier devient vice-président après deux ans, et président après quatre ans. L’élection qui faut observer n’est pas celle du président, mais bien celle des cotrésoriers, puisqu’ils deviennent habituellement présidents après quelques années.

L’élection de Mgr Paul-André Durocher a confirmé sa montée comme l’une des vedettes montantes de l’épiscopat canadien. En devenant cotrésorier, il a de grandes chances de devenir le président de la CECC dans quatre ans. Le jeune évêque du diocèse d’Alexandria-Cornwall avait déjà été pressenti pour occuper le poste d’archevêque d’Ottawa. À 55 ans, parfaitement bilingue, il a encore tout son temps. Certains rêveraient même de le voir à Montréal…

Mgr James Weisgerber, archevêque de Winnipeg, terminait son mandat à la présidence de la CECC. Il est remplacé par l’évêque de Saint-Jérôme, Mgr Pierre Morissette. Le mandat de Mgr Weisgerber a été particulièrement marqué par le travail de réconciliation effectué avec les Premières Nations. Les deux moments forts de ce travail furent l’intervention de Phil Fontaine, alors Chef national de l’Assemblée des Premières Nations, à l’assemblée plénière de la CECC en 2008, et la rencontre avec le pape à Rome au printemps.

Mgr Pierre Morissette a une bonne connaissance de l’Église au Québec. L’évêque, qui aura 65 ans le 22 novembre, a travaillé dans les diocèses de Québec, de Baie-Comeau et de Saint-Jérôme.

La vice-présidence sera assurée par Mgr Richard Smith, archevêque d’Edmonton.

Les deux cotrésoriers sont Mgr Paul-André Durocher, évêque d’Alexandria-Cornwall, qui entreprend un deuxième mandat consécutif comme représentant du Secteur français,  et Mgr Douglas Crosby, O.M.I., évêque de Corner Brook et Labrador.

Les quatre régions épiscopales du Canada seront représentées par Mgr Claude Champagne, O.M.I., évêque d’Edmundston, au Nouveau-Brunswick, Mgr Eugène Tremblay, évêque d’Amos, au Québec, Mgr Ronald Fabbro, C.S.B., évêque de London, en Ontario, et Mgr Luc Bouchard, évêque de Saint-Paul, en Alberta.