Épiscopat canadien : dépasser les scandales et les divisions (1/2)

Épiscopat canadien : dépasser les scandales et les divisions (1/2)

L’assemblée plénière annuelle de la Conférence des évêques catholiques du Canada vient de prendre fin. L’an dernier, les relations avec les autochtones avaient particulièrement retenu l’attention. En 2009, c’est plutôt une brochette de sujets chauds pour l’Église catholique qui a donné le ton à la rencontre.

Rassemblés à Cornwall en Ontario, les évêques ont d’entrée de jeu abordé le cas de Mgr Raymond J. Lahey, l’ex-évêque d’Antigonish qui doit répondre à des accusations de possession et d’importation de pornographie juvénile au Canada. Le président sortant de la CECC, l’archevêque de Winnipeg, Mgr James Weisgerber, en a profité pour traiter lui-même de la question.

« L’arrestation de Mgr Raymond Lahey a été particulièrement douloureuse en raison de la gravité des accusations, mais aussi parce qu’il met en cause un ancien membre de notre Assemblée, un frère dans l’épiscopat, et aussi, pour plusieurs d’entre nous, un ami », a-t-il indiqué.

Mgr Weisgerber a rappelé que depuis près de 20 ans, à la suite de la publication du document intitulé De la douleur à l’espérance, les diocèses du Canada ont affiché leur détermination « à protéger et sauvegarder la famille humaine et les communautés chrétiennes contre toutes violations de la dignité humaine et à porter une attention spéciale aux victimes et à leurs familles ».

Au terme de la première journée de l’assemblée plénière, les membres de la CECC ont accueilli Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique au Canada, qui occupera dès la fin du mois de novembre la fonction de nonce apostolique en France, après huit ans au Canada.

Dialogue avec les anglicans
Peu de médias au Québec ont saisi cette semaine l’ampleur de l’importance de l’annonce faite par le Vatican de mettre en place des instances pour accueillir certains anglicans souhaitant quitter la Communion anglicane. Au Canada, le hasard a voulu que cela coïncide avec le passage du primat de l’Église anglicane du Canada, Mgr Fred Hiltz.

« Des barrières sont tombées, à notre grand étonnement », s’est-il réjoui. « Nous percevons maintenant une volonté accrue de travailler et de marcher ensemble. »

Mgr Hiltz a aussi profité de l’occasion pour inviter un représentant de la CECC à participer au prochain Synode général de l’Église anglicane du Canada et pour demander que l’on continue de réfléchir à la possibilité d’une rencontre conjointe des évêques anglicans et catholiques du Canada.

Rappelons au passage que 43% de la population canadienne est d’appartenance catholique, contre 7% pour les anglicans.

Par ailleurs, une partie de la troisième journée était consacrée au dialogue entre les catholiques et les anglicans.

Pro-vie : prise de conscience des évêques
Les évêques ont également abordé la question du respect de la vie. Ils ont parlé des positions connues de l’Église catholique sur l’avortement, l’euthanasie et le suicide assisté.

Le thème du respect de la vie est devenu un terrain glissant au Canada au cours des dernières années. À ce propos, l’évêque de London, Mgr Ronald Fabbro, a mis tous les évêques en garde.

« Si les évêques ne participent pas activement au débat, d’autres personnes ou groupes le feront à leur place», a-t-il précisé. « En un tel cas, il est possible que l’enseignement de l’Église soit déformé. Il nous appartient donc d’informer les catholiques de ce qui constitue le fondement de notre foi. »

Mgr Fabbro faisait référence à des groupes au sein même de l’Église catholique qui ont de plus en plus tendance à se radicaliser. C’est notamment le cas de LifeSiteNews.com, le site Internet à l’origine de bien des prises de bec dans le Canada anglais. Le climat de dénonciation publique entre catholiques, qui ne sont pas toujours d’accord sur l’approche à avoir en matière de respect de la vie, a fini par mettre plusieurs évêques mal à l’aise.

Dans le cadre de cette plénière, plusieurs d’entre eux ont réalisé les limites qu’il y a à s’associer pleinement à de tels groupes.

Pour sa part, Mgr Blanchet a souligné que des tensions et des difficultés ont émergé au fil des ans chez les personnes et groupes qui se sont portés à la défense de la vie, depuis la conception jusqu’à la mort naturelle. Il a fait valoir l’importance de chercher une unité dans la pensée et l’action, en favorisant le dialogue entre les divers éléments du « mouvement pro-vie ». Un tel dialogue, a-t-il suggéré, permettrait d’éliminer les irritants à l’intérieur du mouvement et de trouver un terrain commun.

(2e partie à venir)