En nommant l’abbé Vincent Nguyen évêque auxiliaire de Toronto le 6 novembre dernier, le pape Benoît XVI donnait au Canada son premier évêque catholique « de couleur ». Au sein d’un épiscopat blanc, celui qui deviendra officiellement évêque auxiliaire au début de l’année 2010 reflète la réalité démographique du diocèse de Toronto, où la population catholique de couleur occupe une place de plus en plus importante.
Ça devait arriver tôt au tard. Après tout, au cours des dernières années, un séminariste sur quatre est d’origine asiatique au séminaire St.Augustine’s de Toronto.
Né au Vietnam le 8 mai 1966, l’abbé Vincent Nguyen a immigré au Canada en 1984. Il est l’arrière-petit-fils de l’un des 117 martyrs vietnamiens canonisés en 1988.
Il est diplômé d’un baccalauréat en génie électrique et d’une maîtrise en divinité de St. Augustine’s Seminary, à Toronto. L’abbé Nguyen a été ordonné prêtre le 9 mai 1998 et a ensuite poursuivi ses études à Rome, obtenant une licence en Droit canonique de l’Angelicum. Depuis septembre 2009, il occupe le poste de chancelier de l’archidiocèse de Toronto ainsi que celui de modérateur de la Curie archidiocésaine.
Vincent Nguyen, aujourd’hui âgé de 43 ans, reconnaît l’impact de sa nomination.
« Je ne pense pas que les leaders blancs soient un problème pour nous. Mais il est plus confortant pour les gens, ceux qui ne sont pas blancs, d’arriver à s’identifier au leadership [religieux] », a-t-il déclaré au Catholic Register.
Vincent Nguyen affirme avoir été inspiré pour la prêtrise en lisant des textes du cardinal Nguyen Van Thuan. Il habitait alors dans un camp de réfugiés, en attendant d’immigrer au Canada.
L’archidiocèse de Toronto compte 286 prêtres diocésains, 433 prêtres religieux, 119 diacres permanents, 651 religieux et religieuses et 59 agents laïcs de pastorale au service d’une population de plus de plus de 1 626 465 catholiques répartis dans 244 paroisses et missions.
La même chose arrivera tôt ou tard au Québec. En ce qui me concerne, le plus tôt sera le mieux. Nos bons évêques-baby-boomers-canadiens-français-de-race-pure, qui ne sont arrivés ni à catéchiser les enfants de leurs compatriotes ni à susciter des vocations pour prendre la relève d’un clergé à bout d’âge, doivent sans doute voir venir le coup eux aussi. J’étais à la basilique Notre-Dame à Montréal cette année, le Vendredi saint, et c’était frappant de comparer l’assistance dans l’église avec les figures en avant: d’un côté, toute la diversité ethnique de la métropole, et de l’autre côté… tous des Blancs!