Voici le top 5 des nouvelles religieuses du mois de novembre 2009 qui se démarquent par leur impact sur le Québec.
5 – Le Petit séminaire diocésain de Québec vers de nouveaux sommets
Le Petit séminaire diocésain de Québec est sur le point de conclure une entente lui assurant l’achat d’un nouvel édifice pour déplacer ses activités. « Refondé » en 2008, ce petit séminaire reprend la bonne vieille formule des anciens petits séminaires, en proposant une démarche de vie qui vise à faire éclore la foi, voire la vocation presbytérale, de jeunes adolescents. Malgré le scepticisme qu’inspire à certaines personnes cette formule d’un autre temps, l’initiative est très populaire puisqu’elle répond à une demande de plusieurs parents. L’annonce de l’éventuelle acquisition démontre que le petit séminaire est là pour rester.
4 – Guerre de mots à Gatineau
Selon le président du syndicat des pompiers de Gatineau, Stéphane Noël, ces derniers auraient manqué de pression d’eau le soir de la fatidique nuit du 11 juin, lorsque l’église patrimoniale Saint-Paul d’Aylmer a été ravagée par les flammes. Sur fond de négociations syndicales, ces propos ont déclenché un feu roulant de mises en demeure entre la Ville, le président du syndicat et la compagnie d’assurance de l’église.
3 – Sentiment de panique dans l’Église anglicane à Québec
En déclarant qu’il pourrait peut-être devenir le dernier évêque anglican de Québec, Mgr Dennis Drainville met le doigt sur la dure réalité de l’Église anglicane dans la Belle Province. À part le diocèse de Montréal, les communautés anglicanes manquent d’argent et ont des fidèles de plus en plus âgés.
Jamais auparavant un évêque anglican avait si ouvertement fait part de son inquiétude à ses pairs face au déclin de l’Église au Québec. Ce simple fait illustre que la question du dialogue avec les catholiques, encadré par la constitution apostolique annoncée par Rome, est encore loin des préoccupations concrètes des anglicans du Québec.
2 – Premier évêque de couleur au Canada
Le 6 novembre, le pape a nommé évêque auxiliaire de Toronto un prêtre canadien d’origine vietnamienne. Vincent Nguyen devient ainsi le premier évêque de couleur au Canada. Tout indique qu’il pourrait même se retrouver un jour à la tête d’un diocèse. Cette première illustre la réalité démographique de l’Église catholique au pays. Des messes en coréen, en polonais, en italien ou en espagnol sont de plus en plus monnaie courante dans les paroisses du Canada, et le poids de ces communautés culturelles catholiques est en constante augmentation.
1 – Le peu d’intérêt pour la visite de Tariq Ramadan
De parler d’un événement avant qu’il ait lieu et de ne pas en parler par la suite illustre parfois l’incompréhension de l’événement lui-même. C’est ce qui s’est passé avec la visite de Tariq Ramadan à Montréal, l’un des théologiens musulmans les plus en vue sur la planète. Directement impliqué dans les débats sur la modernité et l’islam, son passage au Québec a suffit à générer une campagne de dénonciation publicitaire dans les pages du journal Le Devoir.
The Gazette est le seul journal qui ait réellement parlé de la conférence de Ramadan par la suite.
Cela illustre un fait bien navrant : lorsqu’il est question d’islam, la presse québécoise peine à faire lever le débat au-dessus de la sempiternelle question du voile. Alors que l’on dénonce l’incapacité de Bouchard-Taylor d’apporter des solutions aux accommodements raisonnable, la presse se désengage d’un débat intelligent en alimentant à grands coups de stéréotypes les postulats les plus primaires sur la foi musulmane.


Correction, si vous me permettez: le projet du « petit séminaire » diocésain de Québec, pour ce que j’ai pu en savoir d’après les témoignages de certains qui y vont, ne vise pas « à faire éclore la foi (…) de jeunes adolescents »; il vise plutôt à répondre à une demande de la part de jeunes qui ont DÉJÀ accompli une démarche de foi dans leur famille et plus spécifiquement, il répond à la demande de familles qui ont inscrit leurs enfants pendant quelques années dans un mouvement qui s’appelle les « Brebis de Jésus », enfants qui, arrivés à l’adolescence, se sont montrés prêts à passer à une autre étape, et à réfléchir à la possibilité d’une vocation. Aurait-il fallu refuser de les encourager et de les accompagner? Je suis heureux pour ma part qu’il y ait un diocèse au Québec oû ils sont accueillis. On parle souvent d’une Église à l’écoute des signes de l’Esprit, mais l’Esprit a parfaitement le droit de nous attirer là oû des pasteurs plutôt portés sur la planification managériale de la décroissance (si ce n’est de la liquidation) n’auraient jamais prévu d’aller. L’Esprit peut se servir d’un cardinal Ouellet (c’est tout dire); quoique celui-ci semble parfois nourrir des lubies et rêver à une restauration anachronique, c’est quand même un contrepoids à l’esprit de tranquille démission générale qui prévaut visiblement chez la plupart de ses confrères. Et ceci ne porte nullement préjudice à la diversité des parcours qui peuvent conduire au Christ dans l’Église même.