Le poids des cardinaux diminue au Canada

Le poids des cardinaux diminue au Canada

Le cardinal Aloysius Ambrozic de Toronto a fêté son 80e anniversaire de naissance le 27 janvier. Même s’il demeure cardinal, il ne peut désormais plus voter en cas de conclave. Le poids du Canada en cas d’élection papale vient donc de diminuer de 33%, mais un éventuel consistoire dès l’automne prochain pourrait corriger la situation.

Originaire de Slovénie, le cardinal Ambrozic fut archevêque de Toronto entre 1990 et 2006. Il a obtenu la pourpre cardinalice en 1998 pendant le pontificat de Jean-Paul II. L’actuel archevêque de Toronto, Mgr Thomas Collins, pourrait devenir cardinal au cours des prochains mois.

À peine 55% d’électeurs
En date d’aujourd’hui, le Collège des cardinaux compte 182 membres, dont 111 cardinaux électeurs. Puisque le dernier consistoire remonte à 2007, plusieurs observateurs s’attendent à ce que de nouveaux cardinaux soient créés en 2010. Mais davantage qu’une question de temps, la convocation d’un autre consistoire répondrait avant tout à une nette diminution de cardinaux électeurs en 2010. D’ici le mois de novembre, 10 autres cardinaux fêteront leur 80e anniversaire, ne laissant un droit de vote qu’à 55% des membres du collège.

Cependant, en vertu des règles établies par le pape Paul VI, le nombre maximal de cardinaux électeurs est de 120. En novembre, le pape Benoît XVI disposerait donc d’un maximum de 19 postes à combler.

Devenir cardinal n’est pas automatique
Certains postes débouchent souvent sur l’élévation au rang de cardinal. Les archevêques des grandes villes du monde, surtout en Europe, sont en général appelés à devenir cardinaux.

Au Canada, depuis la seconde moitié du XXe siècle, trois postes débouchent souvent sur une nomination au Collège. Il s’agit des archevêques de Québec, de Montréal et de Toronto. Cependant, cela ne suffit pas à créer un automatisme. Ainsi, rien ne garantit que Mgr Collins deviendra cardinal.

Mgr Maurice Couture
Avant d’être remplacé par Marc Ouellet, Mgr Maurice Couture, aujourd’hui archevêque émérite de Québec, n’est jamais devenu cardinal. Pourtant, depuis le XIXe siècle, l’archevêque de Québec, primat du Canada, le devenait habituellement. Or, Jean-Paul II n’avait pas apprécié certains propos de Mgr Couture sur des sujets controversés dans l’Église, tel que la place de la femme. Pas suffisamment romain, Mgr Couture ne devint jamais cardinal, malgré sa forte popularité dans son archidiocèse.

Un scandale à l’horizon ?
Si l’archevêque de Toronto devient cardinal cette année, tous les yeux se braqueront ensuite vers Montréal, où la question de la succession du cardinal Turcotte alimente déjà les discussions. Or, s’il est permis de croire que le nouvel archevêque de Montréal deviendra cardinal, l’exemple de Mgr Couture à Québec fait douter plusieurs prêtres du diocèse de Montréal. Sous le couvert de l’anonymat, plusieurs n’hésitent pas dire que le poste est « brûlé » pour un bon moment en raison de ce qu’ils jugent être un manque de rayonnement du diocèse.

Le prochain archevêque de Montréal pourrait donc devoir attendre quelques années avant de devenir cardinal. Les fidèles et les médias de Montréal se demanderaient alors pourquoi les anglophones de Toronto ont droit à un cardinal et pas les francophones de Montréal.

Image