Les Rédemptoristes consternés mais confiants

Les Rédemptoristes consternés mais confiants

Alors qu’une requête pour intenter un recours collectif au civil contre six prêtres rédemptoristes de Sainte-Anne-de-Beaupré était déposée jeudi dernier à Montréal, la Congrégation du Très-Saint-Rédempteur entend bien distinguer son travail spirituel auprès des pèlerins de ces sordides histoires d’abus sexuels. Il s’agit peut-être d’une manière pour la congrégation de redécouvrir autrement l’étonnante actualité de sa devise : Copiosa apud eum Redemptio (Près du Seigneur, abondante rédemption)…

Réagissant à cette requête par voie de communiqué, les gardiens du sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré « se sont sentis consternés, en plus d’éprouver de la préoccupation et de la compassion pour les personnes touchées par cette situation ».

La requête concerne notamment quatre prêtres décédés. Parmi les deux prêtres encore en vie, le père Raymond-Marie Lavoie fait déjà l’objet de sanctions de la part de sa communauté. Arrêté en décembre dernier, il a été libéré sous caution en attendant son procès. Toutefois, sa communauté l’a complètement suspendu de toute forme d’exercice sacerdotal.

Tandis que l’Église catholique est montrée du doigt à différents endroits dans le monde pour son inaction lorsque des allégations d’abus sexuels lui étaient présentées, force est d’admettre que le cas du père Lavoie constitue, avec des sanctions rapides et vigoureuses, un contre-exemple à souligner.

Mais la saison des pèlerinages débute officiellement dans quelques semaines au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, et de telles allégations pourraient lui porter ombrage.

Les gardiens du sanctuaire, les pères rédemptoristes, croient malgré tout que la population saura faire la différence entre leur travail et les allégations qui concernent certains de leurs membres.

« Je ne suis pas inquiet pour la saison des pèlerinages qui commence bientôt. La mission du sanctuaire n’est pas de juger et de condamner. C’est d’annoncer l’Évangile, de proclamer une Bonne Nouvelle », indique le recteur de la basilique, le père Guy Pilote, réagissant à la mauvaise nouvelle.

« Les gens viennent ici pour prier et pour rendre grâce parce qu’ils ont une dévotion à sainte Anne. Ce serait dommage, et incorrect, d’associer la vie spirituelle qui se vit au sanctuaire avec les querelles juridiques », fait valoir le père Pilote.

Le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré a été fondé en 1658. Chaque été, la neuvaine attire des milliers pèlerins. Cette année, la prédication en français sera assurée par Mgr Gérald Cyprien Lacroix, évêque auxiliaire du diocèse de Québec. Le prédicateur de la neuvaine en anglais est le père rédemptoriste Guy Desrochers, reconnu pour son charisme.

La neuvaine se tiendra du 17 au 26 juillet sous le thème « Dieu tient parole, il te donnera l’eau vive ».