Voici le top 5 des nouvelles religieuses du mois de février 2010 qui se démarquent par leur impact au Québec.
5 – Colloque sur les Églises vertes
Le premier colloque sur les Églises vertes dans la province se tenait le 9 février. Cette rencontre œcuménique a rassemblé environ 150 personnes à l’église Saint-Charles, à Montréal. Définitivement tendance, l’activité avait pour objectif de sensibiliser les Églises à la « protection de la création ». L’impact réel de l’événement reste encore à démontrer, mais les médias du Québec lui ont accordé une place de choix.
4 – Modifications prévues au régime pédagogique
Le 3 février, la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, publiait son intention d’apporter des modifications au régime pédagogique des écoles du Québec. Cette décision a été dénoncée comme étant une mesure pour se concilier les écoles orthodoxes juives hors-la-loi et enfin les rendre légales. Si les modifications sont acceptées, la liste des congés scolaires obligatoires disparaîtra. Le hic, c’est que les évêques catholiques du Québec y ont perçu un danger pour les congés scolaires traditionnels des fêtes chrétiennes. Ils écriront à la ministre à ce propos en mars.
3 – Le débat sur la burqa
Était-ce bien nécessaire ? La burqa a soudainement été au cœur de l’actualité canadienne et québécoise en février, chacun y allant de son commentaire politique ou personnel au sujet du port de ce vêtement controversé. Alors que le débat s’intensifiait en Europe – notamment en France – force était de constater qu’au Québec, l’ampleur de la polémique est inversement proportionnelle au nombre de femmes qui le portent. Toutefois, le principal débat, autour du niqab, suivra en mars.
2 – La démolition de la façade de Saint-Vincent-de-Paul
Après des années d’hésitation, de piétinement et de querelles, la façade a été démolie. Crayon et goupillon y consacrait un article le 28 février dernier. Par ailleurs, cette superbe vidéo de David Gagnon illustre bien le processus.
1 – L’annonce de la canonisation du frère André
Entre joie et révolte, gloire et scepticisme, l’annonce de la canonisation du frère André par le pape Benoît XVI le 17 octobre constitue l’événement le plus marquant de l’actualité religieuse au cours du mois de février. Annoncée officiellement le 19 février, la rumeur circulait déjà depuis le 12. Alfred Bessette deviendra le premier saint masculin né au Canada.
***


Je ne sais pas pour vous, mais selon moi, une des nouvelles religieuses les plus importantes du mois d’avril (au Québec) sera le congrès provincial des Chevaliers de Colomb qui a eu lieu en fin de semaine. Pourquoi? Parce qu’ils ont battu à 400 contre 5 une résolution qui leur demandait d’appuyer les évêques dans le dossier du cours ECR et de se distancer de la ligne prônée par la Coalition pour la Liberté en Éducation (le préambule du projet de résolution ciblait nommément la CLÉ). Vous qui avez déjà parlé de la « déchirure » entre catholiques, en voici une illustration fort nette. Les Chevaliers de Colomb ne sont pas un mouvement marginal dans l’Église québécoise. Ils sont passablement conservateurs sans doute, mais pas plus que le pape, et certainement pas intégristes; ils sont très représentatifs de la moyenne des catholiques de conviction. Au sein de la minorité de baptisés qui pratiquent leur religion, ils font partie de la minorité de pratiquants qui s’engagent, ils ont encore un bon réservoir de bras et de sous à mettre au service d’oeuvres diverses, et ils couvrent un bon réseau social à travers le territoire du Québec. Bref, qu’ils se dissocient de l’épiscopat sur la question du cours ECR n’est pas insignifiant, et les évêques le savent très bien, ce qui explique pourquoi ces derniers ont tenté de rattraper le ballon suite à l’adoption, en 2009, d’une résolution au précédent congrès qui appuyait la liberté de choix des parents (sans d’ailleurs critiquer l’épiscopat). Aujourd’hui la divergence d’opinion est ouverte, mais polie évidemment. D’ailleurs, il n’y a pas lieu de s’émouvoir. Les évêques ont droit à leur point de vue, mais ils n’ont pas à donner de directive en matière temporelle. C’est pas un dogme, le cours ECR. Les Chevaliers de Colomb se conduisent en laïcs conscients de leurs droits et responsabilités comme témoins de la foi dans la cité. C’est leur prérogative de baptisés.
pouruneecolelibre.blogspot.com/2010/04/chevaliers-de-colomb-votent-massivement.html