Communications : les petits défis des grands noms

Communications : les petits défis des grands noms

À l’occasion de la 44e Journée mondiale des communications sociales soulignée dimanche par l’Église catholique, ses membres étaient invités à réfléchir de manière particulière sur l’utilisation des moyens de communications en 2010. C’est notamment l’occasion de réaliser que, parfois, un simple nom peut, d’un point de vue communicationnel, poser bien des problèmes.

L’organisme Développement et Paix est connu dans toutes les paroisses au Canada. Au Québec, ses campagnes axées sur une économie équitable, sur l’accès à l’eau potable et sur le partage des richesses lui attirent les sympathies d’un public élargi.

Il y a quelques années, le comédien Luc Picard était le porte-parole de l’organisme. Alors qu’il était invité par Michel Jasmin pour une entrevue télévisée, il a eu l’occasion de faire la promotion de Développement et Paix à l’antenne de TVA.

Malheureusement, la station a gaffé et a mal écrit le nom de l’organisme apparaissant à l’écran.

Développement épais.

Michel Jasmin avait beau appuyer fortement sur LA PAIX dans ses questions, espérant que quelqu’un de TVA réagirait derrière la caméra, mais peine perdue.

Dans le fond, c’est vrai que ça prête à confusion. TVA a présenté ses excuses par la suite, et a même donné des publicités gratuites à l’organisme. Mais auprès des médias de masse, l’organisme est aujourd’hui connu davantage pour cette « mémorable » erreur monumentale que pour son action.

Malheureusement, ce n’est pas la seule erreur dont est victime l’organisme. La très sérieuse ACDI (Agence canadienne de développement international) a déjà envoyé une lettre à l’organisme où il était écrit « Développement et peur ». Là, la confusion prend des allures métaphysiques.

Une autre dame qui faisait un don à l’organisme a écrit son chèque à l’ordre de « Des vêtements épais ». Wow. (Le pire, c’est que son chèque a été accepté. Re-wow.)

Les évêques du Canada, dont la conférence épiscopale chapeaute Développement et Paix, a ainsi été invitée à réfléchir au nom de l’organisme et à considérer un changement. Car même d’un point de vue officiel, le nom prête à confusion.

En fait, le véritable nom de Développement et Paix est Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix (OCCDP). Puisqu’il est attaché aux évêques canadiens, il est nécessairement bilingue. En anglais, il s’appelle Canadian Catholic Organization for Development and Peace. La version courte est identique au français : Development and Peace. Bien entendu, les confusions sont moins évidentes (quoique ce ne soit pas loin de Developement Hand Piece).

Mais bon, c’est la version française qui pose problème.

Pour éviter le jeu de mots « développement épais », la solution facile était de simplement inverser les deux mots. Développement et paix devenait Paix et développement. L’OCCPD.

Ou PD, pour les intimes.

Heureusement, quelqu’un a tiré la sonnette d’alarme avant que le changement soit apporté. Sinon, les donateurs feraient aujourd’hui des chèques à l’ordre de l’organisme « PD » de l’Église catholique, une situation pour le moins gênante, pour ne pas dire catastrophique.

Comme quoi ce n’est pas toujours la maîtrise d’une nouvelle technologie qui représente un défi…