« Ça fait partie de la tâche épiscopale d’être engagé dans le débat public »

« Ça fait partie de la tâche épiscopale d’être engagé dans le débat public »

Au cours d’une conférence de presse tenue le jour même de sa nomination à Rome au poste de préfet de la Congrégation pour les évêques, le cardinal Marc Ouellet a fait un premier bilan de son passage de sept ans à Québec en présence des journalistes.

« J’ai été très heureux à Québec », a indiqué l’évêque de Québec. Il a insisté à plusieurs reprises sur l’importance qu’a eu le Congrès eucharistique international de juin 2008 dans la Vieille Capitale.

Après une brève allocution qui a duré environ cinq minutes, l’évêque le plus médiatisé du Canada a longuement échangé avec les journalistes sur ses nombreuses interventions publiques au cours des dernières années.

« Je crois que ça fait partie de la tâche épiscopale d’être engagé dans le débat public », a réitéré celui qui a été durement critiqué dernièrement pour avoir rappelé les positions fondamentales de l’Église catholique au sujet de l’avortement.

Lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il croyait que les Québécois se souviendraient de lui pour cette récente tempête médiatique, le cardinal Ouellet a rappelé qu’il y en a eu d’autres auparavant. Le prélat s’est effectivement attiré les foudres d’une partie de la population et des médias à plusieurs occasions, notamment en ce qui concerne l’éducation, le mariage et la guerre.

Une lettre d’excuses envoyée il y a quelques années avait également soulevé l’ire de plusieurs personnes qui jugeaient que le cardinal n’allait pas assez loin dans ses excuses pour des torts commis dans le passé par l’Église catholique au Québec.

Chez les catholiques, l’aménagement d’une chapelle dans la cathédrale Notre-Dame de Québec, surnommée « le confessionnal de verre », avait fait rouspéter quelques individus qui trouvaient le projet trop cher. Devant la polémique, un particulier s’était engagé à payer la note.

À un autre journaliste qui lui demandait ses réactions au sujet d’un « fossé » entre ses positions et « celles du peuple québécois », le cardinal a répondu : « J’ai essayé de donner un exemple. Je n’ai pas été parfait ».

Marc Ouellet a parlé avec émotion de son diocèse. Il a indiqué qu’il aurait aimé contacter davantage les paroisses. L’évêque avait une présence trop distante aux yeux de certains catholiques. Décrivant son expérience, Mgr Ouellet a expliqué que pour lui « l’image médiatique était comme un écran dans le contact avec les gens ».

« Je voyais tomber les préjugés constamment », a-t-il évoqué, laissant entendre que les diocésains découvraient un autre homme que le cardinal sévère présenté par les médias. Il a mentionné du même souffle la joie qu’il avait lorsqu’il se rendait sur le terrain, notamment au moment des confirmations et des ordinations.

Malgré une image de cardinal de fer qui lui colle parfois à la peau, Marc Ouellet verse souvent une larme en public. Il a eu un moment de silence lorsqu’une journaliste lui a posé une question au sujet de ses rêves. Il voulait être missionnaire, ce qu’il a été à sa façon en Amérique du Sud pendant quelques années au début de son sacerdoce. Quant à la possibilité d’être pape un jour, il s’est contenté de dire qu’il ne croit pas que cela arrivera.

Successeur à Québec
L’inévitable question de sa succession à Québec était toute naturelle en raison de son nouveau rôle de préfet pour la Congrégation pour les évêques. « Je ne crois pas que ce sera ma première tâche. Pour Québec, j’aurai un intérêt, et une connaissance aussi du milieu. J’essaierai de faire de mon mieux », a-t-il confié.

Il a ensuite été invité à dresser le portrait idéal de son successeur, ce qu’il a fait avec humour. « Il doit avoir la foi ! », a-t-il lancé, suscitant rires et applaudissements dans la salle. Plus sérieusement, il a aussi évoqué l’importance du discernement spirituel, indiquant qu’il ne s’agit pas seulement d’une prudence politique, mais du discernement de l’Esprit. « Il doit être capable de voir les charismes. Encourager la Vie là où elle existe, de voir l’action de l’Esprit ».

« Mon successeur devra être lui-même ».

Quant au moment exact de son départ, il sera connu précisément la semaine prochaine. Selon toute vraisemblance, ce sera à la fin du mois d’août ou au début du mois de septembre.