Top 5 ! Oecuménisme et interreligieux en 2010

Top 5 ! Oecuménisme et interreligieux en 2010

Crayon et goupillon vous propose un premier Top 5! pour l’année 2010 au sujet des événements les plus marquants pour le Québec et le Canada de l’actualité œcuménique et interreligieuse.

5. Académie des œcuménistes
Montréal a accueilli cet automne la plus grande rencontre œcuménique de l’année au Québec. Du 25 au 26 septembre, l’Académie des oecuménistes a tenu un congrès centré sur le témoignage du Christ dans une société sécularisée. Parmi les invités de marque, notons la présence de l’hégoumène Philippe du Patriarcat orthodoxe de Moscou, un jeune clerc spécialisé en relations extérieures pour l’Église de Russie qui est très proche du patriarche Cyrille. L’ampleur de l’événement en fait un incontournable. Toutefois, l’événement n’a pas bénéficié d’une vaste promotion.

4. G8 des religions (Winnipeg)
L’année 2010 se rappellera surtout les arrestations massives et abusives lors des manifestations entourant le G20 à Toronto. Mais pendant une semaine avant la rencontre des pays les plus industrialisés, des leaders de toutes les grandes religions du monde s’étaient donné rendez-vous à Winnipeg pour le G8 des religions. Cet événement en était à sa sixième édition, et c’est la première fois qu’il se tenait au Canada. Les leaders religieux ont travaillé sur une déclaration commune adressée aux pays du G8/20, dans laquelle ils demandent un plus grand engagement de ces pays envers les grands défis de notre époque, à commencer par l’environnement. Il est encore tôt pour juger l’impact de l’exercice, mais il est intéressant de souligner que c’est en grande partie grâce à un précédent G8 des religions que la dette des pays du Tiers-Monde à été annulée. Comme quoi la déclaration, faite au nom de millions de croyants dans le monde, peut avoir un certain poids politique.

3. Presbytériens à Québec : joie et déclin
Les presbytériens du Québec ont fêté cette année le 200e anniversaire de l’église St. Andrew’s, à Québec. Construite en 1810, celle-ci demeure le lieu d’ancrage des presbytériens au Québec. Les Écossais sont arrivés en Nouvelle-France à l’époque de la bataille des Plaines d’Abraham. De 1759, année officielle de leur arrivée, à 1810, ils louaient pour le culte un espace dans l’ancien Collège des jésuites. De ce qui fut jadis une communauté solidement ancrée, il ne reste aujourd’hui qu’une cinquantaine de fidèles fréquentant St. Andrew’s. Le Québec, quant à lui, compte environ 4000 presbytériens.

2. Inconduite sexuelle dans l’Église orthodoxe en Amérique ?
À l’automne, l’homme à la tête de l’Église orthodoxe en Amérique pour le Canada, Mgr Séraphim, a fait l’objet d’une enquête suite à des plaintes pour inconduite sexuelle. Les faits remonteraient aux années 80, mais nous en saurons davantage en 2011 avec la suite du processus judiciaire. Présumé innocent, l’Église orthodoxe en Amérique a assurée les autorités de son entière collaboration dans ce dossier. En attendant, Mgr Séraphim s’est retiré de la vie publique. L’intérim est assuré Mgr Irénée, l’évêque de Québec.

1. Mariages gais : l’Église anglicane repousse la question aux calendes grecques
La Communion anglicane s’est déjà mieux portée. Depuis quelques années, les nombreuses dissensions en son sein retiennent l’attention, et le mot « schisme » gravite au-dessus de l’Église anglicane comme une épée de Damoclès. La question la plus délicate concerne probablement celle des bénédictions des unions homosexuelles, au sujet de laquelle les diocèses canadiens ne s’entendent pas. Divisée entre un Est qui lui est favorable et un Ouest plutôt réticent, l’Église a abordé la question de front dans le cadre de son 39e Synode général au cours du mois de juin. Réunis à Halifax, les délégués ont convenu… de ne convenir de rien. Leur déclaration commune sur cette question prend acte des dissensions au sein de l’Église anglicane canadienne, mais arrive à la conclusion que la résolution de la question doit être repoussée à une date ultérieure. Malgré une ferme volonté d’afficher son unité, l’Église anglicane laisse en suspens avec un certain malaise la principale cause de sa division. Faudra-t-il attendre trois ans, lors du prochain Synode général, pour que la question débloque ?