Top 5 ! Les maladresses entourant la sortie de Youcat

Top 5 ! Les maladresses entourant la sortie de Youcat

Youcat, le catéchisme adapté dans un format questions/réponses destiné aux jeunes catholiques du monde entier a été lancé officiellement cette semaine à Rome. Il fera partie du sac des pèlerins remis aux jeunes dans le cadre des JMJ de Madrid cet été. Rédigé en allemand et traduit en plusieurs langues, il a surtout retenu l’attention pour les nombreuses maladresses qui ont été relevées dans ses diverses éditions. Crayon et goupillon en présente cinq.

Erreur de traduction : contraception ou régulation des naissances ?
La question 420, « Est-ce qu’un couple chrétien a le droit de pratiquer la régulation des naissances ? » a été traduite en italien par « Est-ce qu’un couple chrétien peut avoir recours aux méthodes contraceptives ? ». Une erreur de traduction qui change complètement la morale sexuelle catholique ! Maladresse #1.

Euthanasie passive ?
Toujours dans la version italienne, la réponse à la question 382 laisse entendre que l’Église serait favorable à l’euthanasie passive. Le cardinal Christoph Schönborn, le prélat qui a piloté le dossier de Youcat, a indiqué qu’un erratum serait ajouté à la version italienne pour rectifier la position officielle. Maladresse #2.

Relativisme ?
Dans la traduction française, en lien avec la question 136, Youcat affirmait : « reconnaître la liberté religieuse signifie reconnaître que toutes les religions sont égales » au lieu de « reconnaître la liberté religieuse ne signifie pas reconnaître que toutes les religions sont égales ». Mgr Christophe Dufour, président de la Commission épiscopale pour la catéchèse, et Mgr André Dupleix, secrétaire général adjoint de l’épiscopat, ont reconnu l’erreur lors de la présentation à la presse. Maladresse #3.

Et la consommation responsable ?
Pour réparer l’erreur de la traduction française, les évêques et l’éditeur ont décidé de mettre au pilon les 30 000 exemplaires déjà imprimés et de produire une nouvelle édition. Pourquoi ne pas avoir ajouté une page erratum ? Tout cela ne semble pas très cohérent avec le discours sur le respect de l’environnement. Maladresse #4.

Anglophiles ?
Les instances du magistère romain ont la fâcheuse habitude d’angliciser leurs communications dirigées vers les jeunes. Il y a deux ans, c’était le lancement de pope2you.net, dont la traduction française fait passer les artistes de Radio Radio pour des membres de l’Académie française. Après deux ans, des fautes grossières se trouvent encore sur le site. En ce moment, la page d’accueil en français invite les jeunes à « Lire le message du Pape pour la [sic] Careme [sic] ». Encore beau que ne soit pas le mot « pape » qui ait été féminisé…

Voilà que la nouvelle opération charme pour les jeunes s’appelle Youcat, abréviation de Youth Catechism. Même si la version originale a été produite en allemand, le réflexe a été de se tourner vers la contraction d’une appellation anglophone qui ne veut franchement rien dire. Youcat est d’ailleurs une page Facebook où les membres publient des vidéos de chats. Ben oui. On combine Youtube et cat et ça donne Youcat.

Ceux qui suivent le discours du magistère romain sur la justice et les médias auront d’ailleurs remarqué une préoccupation constante pour que les mass médias (appelés moyens de communications sociales par l’Église) ne soient pas le privilège des pays riches. La sur-représentation de l’anglais dans les communications modernes et sur Internet soulève des questions quant à la diversité culturelle et linguistique dans le monde, particulièrement pour les pays moins nantis, qui souffrent non seulement de la fracture numérique, mais aussi de la tendance qu’ont les mass médias à angliciser ce que Jean-Paul II lui-même reconnaissait comme étant une « nouvelle culture » ou un « nouvel Aréopage ». En entrant dans cette logique avec ses communications destinées aux jeunes, le magistère romain fait preuve d’incohérence.

« C’est curieux, quand l’Église n’utilise pas le langage et la technologie de son temps, on la critique. Mais quand elle le fait, on la critique aussi », me faisait remarquer un professeur il y a quelques semaines. Or, ce n’est pas ça le problème. Il ne s’agit pas de les utiliser pour que ça fonctionne, il s’agit de le faire en en comprenant les codes, et en ne se contredisant pas. Maladresse #5. Ou s’il faut absolument parler le langage Internet en vogue : FAIL.