Affaire Développement et Paix : chronologie des événements

Affaire Développement et Paix : chronologie des événements

Afin de faciliter la compréhension de l’affaire Développement et Paix (D&P), voici une chronologie des événements relatifs à cette affaire. Depuis quelques semaines, plusieurs personnes (amis, connaissances, lecteurs) m’indiquaient que cela les aiderait à mieux saisir les enjeux.

Le débat remonte à 2009. Dans les premiers mois de l’année, quelques sites Internet canadiens, dont LifeSiteNews, alléguaient que D&P appuyait des groupes en faveur de l’avortement, notamment au Mexique. L’affaire ayant pris de l’ampleur, quelques diocèses canadiens avaient décidé de retenir l’argent de la campagne annuelle Carême de partage destiné à l’organisme en attendant que la lumière soit faite sur cette affaire.

Suite à une enquête menée au Mexique, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) avait conclu que l’organisme n’avait rien à se reprocher, et elle l’incitait à la prudence.

Les sites Internet d’où émanaient les allégations considèrent encore aujourd’hui que leurs arguments contre Développement et Paix et ses partenaires n’ont jamais été réfutés, et qu’ils demeurent valident.

Développement et Paix a été fondé par les évêques du Canada, en 1967, devenant ainsi l’agence officielle de développement et de secours d’urgence dans les pays du Sud.  Il agit aussi comme représentant canadien de Caritas Internationalis.

2009
7 avril : la CECC annonce la tenue d’une enquête sur les allégations.

15-18 avril : les enquêteurs de la CECC visitent les cinq groupes mexicains mis en cause par les allégations. Mgr Martin W. Currie, archevêque de St. John’s, à Terre-Neuve, et Mgr François Lapierre, P.M.É., évêque de Saint-Hyacinthe dirigeaient l’enquête. Ils étaient aidés par Mgr Mario Paquette, P.H., alors Secrétaire général de la CECC, et par Mgr Carlos Quintana Puente, C.S.S., Directeur exécutif du Secrétariat pour l’Église en Amérique latine, à la Conférence des évêques catholiques des États-Unis.

18 juin : remise du rapport au Conseil permanent.

19 juin : le président de la CECC, Mgr James Weisgerber, déclare à Télévision Sel + Lumière que le comité n’a trouvé aucun fondement aux allégations contre D&P.

29 juin : le rapport est rendu public.

19-23 octobre : assemblée plénière de la CECC à Cornwall. Les évêques s’engagent à exercer une plus grande supervision de D&P.

2-3 décembre : création d’un Comité ad hoc par le Conseil permanent de la CECC pour aider Développement et Paix à réviser la mise en œuvre de son mandat.

2010
25-29 octobre : assemblée plénière de la CECC à Cornwall. Remise du rapport du Comité ad hoc. Vote en faveur de l’institution d’un nouveau Comité permanent [pour superviser D&P], composé de quatre évêques et du Secrétaire général de la CECC, comme membre d’office.

2011
Mars : des sites Internet catholiques au Canada s’offusquent de l’invitation comme conférencier faite au père Luis Arriaga, directeur du Centre Miguel Pro au Mexique, l’un des partenaires de D&P mis en cause en 2009. Ces sites considèrent invalides les conclusions du rapport de 2009 et accusent D&P de soutenir environ 50 groupes dans le monde qui vont à l’encontre de la doctrine catholique.

1er avril : L’archevêque d’Ottawa, Mgr Terrence Prendergast, annule les conférences du père Luis Arriaga. Le communiqué indique : « Étant donné que le Centre appuie le groupe qui fait la promotion de l’avortement au Mexique, position qui n’est pas compatible avec la défense du droit à la vie depuis la conception jusqu’à la mort naturelle qui est au cœur de l’enseignement de l’Église et, non plus, avec la mission de Développement et Paix, et afin d’éliminer tout doute sur cet engagement, les conférences et les engagements du père Arriaga dans l’archidiocèse d’Ottawa ont été annulés. » Le rapport de 2009 semble être remis en question.

4 avril : la CECC indique qu’avant l’annulation à Ottawa, le directeur national de D&P avait annulé les conférences du père Arriaga prévues dans le diocèse d’Alexandria-Cornwall.

9 et 11 avril : Radio Ville-Marie et Le Devoir publient des articles au sujet de cette décision.

15 avril : le père Claude Lacaille, PMÉ, fustige des « groupes d’idéologie conservatrice » et défend Développement et Paix dans une chronique sur le site Interbible.org.

21 avril : LifeSiteNews avance que le rapport des évêques de 2009 a été écrit en partie par Développement et Paix. Il cite Mgr Martin Currie, archevêque de Saint-Jean (T.-N.) pour appuyer son propos.

23 avril : publication par Radio Ville-Marie d’un article intitulé Crise chez Développement et Paix : des catholiques québécois en ont ras-le-bol, et qui fait état du mécontentement de plusieurs catholiques québécois, dont le père Claude Lacaille, sur la manière dont l’Église canadienne gère l’affaire D&P. Certains propos sont très durs à l’endroit des évêques canadiens.

2 mai : mise en ligne du blogue Soutenons Développement et Paix.

4 mai : la CECC rend publique une longue lettre signée de son actuel président, Mgr Pierre Morissette, qu’elle a envoyée au père Claude Lacaille et à Radio Ville-Marie. La lettre indique que « Contrairement aux accusations du Père Lacaille rapportées dans l’entrevue à Proximo [de Radio Ville-Marie],  il est clair que la CECC s’efforce par tous les moyens de voir à ce que l’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix affermisse et revigore son rôle, tout en continuant l’excellent travail qu’elle accomplit dans le monde d’aujourd’hui ». La lettre indique également que la CECC va « bientôt adopter une nouvelle approche de la technologie des communications et de l’information ».

10 mai : le journal français La Croix fait écho à cette affaire.

13 mai : le journal La Presse fait écho à cette affaire.

14 mai : Mgr François Lapierre, évêque de Saint-Hyacinthe, contredit LifeSiteNews en affirmant que c’est Mgr Mario Paquette et lui-même qui ont rédigé le rapport de 2009, et non D&P.

15 mai : le congrès annuel de Campagne Québec-Vie est en partie consacré au « scandale Développement et Paix ». Le regroupement pro-vie invite le rédacteur en chef de LifeSiteNews, John-Henry Westen à venir présenter ses preuves contre l’organisme.

17mai : Campagne Québec-Vie annonce la création d’une pétition destinée aux évêques dans laquelle on demande de réformer D&P.

18 mai : le directeur national de D&P, Michael Casey, annonce que l’organisme cesse sa collaboration avec le Centre Miguel Pro du père Arriaga.

24 mai : une autre pétition, celle-là en faveur de D&P, apparaît sur Internet, lié au blogue Soutenons Développement et Paix.

25 mai : les supérieurs jésuites des provinces du Canada français, du Canada anglais et du Mexique apportent leur appui au Centre Miguel Pro et à son directeur, le père Luis Arriaga.

27 mai : fin du mandat du père Luis Arriaga, après cinq ans à la tête du Centre Prodh.

30 mai : Le Devoir publie une nouvelle chronique de Jean-Claude Leclerc sur cette affaire.

1er juin : le Conseil central du Montréal métropolitain-CSN appuie D&P et invite ses 94 000 membres à signer la pétition en faveur de l’organisme catholique.

1er juin : rédaction de la lettre intitulée La nouvelle mais très conservatrice politique de coopération avec le Sud qui prend forme à Développement et Paix est inacceptable. Signée par 42 intellectuels québécois, elle est publiée le 10 juin sur le site cyberpresse.ca.

3 juin : Crayon et goupillon publie en français l’intégralité de la lettre de l’archevêché de Mexico obtenue de la CECC et datée du 1er avril.

5 juin : la pétition en faveur de Développement et Paix franchit le cap des 1000 signatures.

7 juin : le père Raymond de Souza signe un article qui conclut que D&P ne mérite plus le soutien des catholiques. « There is a certain consistent logic at play here; CCODP is no more interested in the views of the bishops in Canada, where they raise money, than they are of the bishops in the countries where they spend it. That approach may earn them the support of social activists here and abroad, but it should not earn the support of Catholics. »