Les évêques canadiens vont repenser leur approche des TIC

Les évêques canadiens vont repenser leur approche des TIC

La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a indiqué qu’elle adoptera bientôt « une nouvelle approche de la technologie des communications et de l’information ». Elle promet d’en dire plus à ce sujet au cours des prochaines semaines.

La conférence épiscopale canadienne reconnait que l’état actuel des communications catholiques au pays comporte des « difficultés » et des « défis » principalement en ce qui concerne « certaines voix polarisées à l’extrême qui se servent des médias sociaux ».

Ces précisions se trouvent dans un message publié en réaction aux propos d’un ancien missionnaire québécois au sujet de l’affaire Développement et Paix.

Dans son texte intitulé « Commentaire de la Conférences des évêques catholiques du Canada à propos d’une entrevue réalisée par PROXIMO avec le père Claude Lacaille, p.m.é. » publié le 4 mai sur son site Internet, la CECC a jugé « nécessaire d’apporter quelques précisions » au sujet de la polémique concernant l’annulation d’une série de conférences dans les diocèses d’Ottawa et d’Alexandria-Cornwall par un jésuite, le père Luis Arriaga, directeur d’un partenaire mexicain de l’organisme catholique canadien Développement et Paix (D&P).

Depuis 2009, l’organisme D&P est critiqué par certains catholiques canadiens, principalement sur des sites Internet pro-vie. Ces sites allèguent que l’organisme finance des projets de partenaires étrangers qui ne sont pas en parfait accord avec la doctrine catholique, notamment en ce qui concerne l’avortement. L’annonce de l’annulation des conférences du père Arriaga pendant le Carême 2011 a provoqué la colère de plusieurs catholiques québécois, qui questionnaient la volonté réelle des évêques canadiens de mettre fin à ces allégations.

La CECC considère ainsi que la question de fond soulevée par les propos du père Lacaille est celle de savoir si les évêques canadiens souhaitent ou non la pérennité de l’organisme Développement et Paix. Le père Lacaille affirmait dans l’entrevue que « certains évêques souhaitent la mort de D&P ».

« Pour répondre à cette accusation, il faut distinguer deux problèmes différents mais importants […] : les difficultés et les défis que posent non seulement à l’Église mais à toute notre société certaines voix polarisées à l’extrême qui se servent des médias sociaux, et les efforts que fait actuellement Développement et Paix pour veiller à ce que sa priorité et son objectif principal demeurent le développement humain », précise le document.

Le long commentaire de la CECC rappelle l’attachement des évêques à D&P, et indique que « au-delà des accusations portées contre D&P par quelques sites Internet, c’est bien plutôt l’approche holistique du développement humain dans l’Encyclique [Caritas in Veritate] qui est au cœur de la réflexion des évêques du Canada sur Développement et Paix ».

Les évêques terminent leur commentaire en faisant valoir que « Contrairement aux accusations du père Lacaille rapportées dans l’entrevue à PROXIMO  il est clair que la Conférence des évêques catholiques du Canada s’efforce par tous les moyens de voir à ce que l’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix affermisse et revigore son rôle, tout en continuant l’excellent travail qu’elle accomplit dans le monde d’aujourd’hui. »

Il a été impossible de joindre le père Claude Lacaille pour obtenir ses réactions.

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J’ai rédigé cet article samedi matin. Il a été repris aujourd’hui en version écourtée par La Croix, à Paris, dans la section Religion>Urbi & Orbi>Monde.