Cathédrale de Moncton : le diocèse ne baisse pas les bras, mais…

Cathédrale de Moncton : le diocèse ne baisse pas les bras, mais…

Alors que l’archidiocèse catholique de Moncton n’arrive pas à trouver les 7 millions $ nécessaires à la restauration de la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption et que le spectre de la démolition demeure présent, l’évêque se retrousse les manches et cherche de nouvelles avenues pour sauver ce haut lieu catholique de la culture acadienne.

« Nous voulons ouvrir un échange au niveau du diocèse, afin de recevoir les opinions des membres des paroisses. Il nous paraît important de faire connaître la condition de la cathédrale et de nous ouvrir aux suggestions de la population quant à son avenir », a indiqué Mgr André Richard dans une lettre lue dans toutes les églises du diocèse le 26 juin.

L’archidiocèse de Moncton entamera en septembre prochain, une série de consultations auprès des fidèles diocésains afin de connaître leurs opinions au sujet de l’avenir de la cathédrale. Cela fait suite au travail d’un comité spécial effectué entre septembre 2010 et mars 2011 qui a exploré les sources possibles de financement auprès d’organismes gouvernementaux et communautaires.

« Nous essayons de faire reconnaître la cathédrale comme site historique. Une telle reconnaissance pourrait aider à lui assurer un autre usage que celui du culte », a souligné l’évêque. Il a ajouté que ni le diocèse ni la paroisse ne peuvent assurer le coût des travaux et qu’une étude de faisabilité d’une campagne de financement démontre que cette voie est irréalisable en ce moment.

« Nous comptons rencontrer les personnes intéressées dès le mois de septembre, dans les diverses régions du diocèse. Nous communiquerons plus tard les dates et les lieux de ces rencontres. Nous aurons ensuite une décision à prendre sur l’avenir de cet édifice et s’il y a lieu de poursuivre de nouvelles pistes de solution », a poursuivi Mgr Richard, qui n’écarte ainsi pas complètement la possibilité d’une démolition.

Symbole acadien
L’évêque de Moncton a souligné l’importance de cet édifice patrimonial « comme lieu de culte, comme signe de l’unité de notre Église et comme symbole de l’éveil du peuple acadien ».

La construction de la cathédrale de Moncton a débuté en 1939 pour s’achever en 1955, année de la commémoration des 200 ans de la déportation des Acadiens. La cathédrale est construite à l’emplacement de la chapelle érigée pour la première paroisse acadienne de Moncton, qui était dédiée à Notre-Dame de l’Assomption.

Le pape Jean-Paul II a visité cette cathédrale le 13 septembre 1984. À cette occasion, il avait évoqué le sens et l’importance de ce lieu pour l’Église locale.

« Regardons à nouveau cette belle cathédrale de granit. C’est la maison de Dieu, construite par vos ancêtres comme signe de la présence divine, visible de loin, et en témoignage de leur gratitude envers Marie. […] Cette cathédrale est aussi le lieu de la réconciliation personnelle des pécheurs avec Dieu. Elle est en permanence la maison de prière, la prière communautaire et aussi la prière silencieuse d’adoration. »

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Quand j’étais enfant, j’allais de temps en temps à la cathédrale de Moncton. Les pierres extérieures avaient l’air lugubres et sales, mais l’intérieur était lumineux et j’en garde de bons souvenirs. Je me rappelle surtout que la décoration intérieure de la cathédrale se déployait comme un livre racontant l’histoire de la foi des Acadiens. Les Acadiens ont quelques lieux catholiques qui demeurent des symboles forts, à commencer par le Monument national Notre-Dame-de-l’Assomption à Rogersville. Mais la perte de la cathédrale de Moncton serait difficile à avaler, d’autant plus que Moncton et la municipalité voisine majoritairement francophone de Dieppe ont vu leur population augmenter à un bon rythme au cours des dernières années.