Le site Internet du diocèse de Québec piraté ? Presque…

Le site Internet du diocèse de Québec piraté ? Presque…

Un mystérieux message dans lequel il est question de la NASA et d’extraterrestres est brièvement apparu sur la page d’accueil du site Internet du diocèse de Québec. Daté du 7 juillet, il s’intitule Wikileaks frappe de nouveau : un rapport TOP SECRET dévoilé, et laissait croire que le site du diocèse avait été piraté.

Le service des communications de l’archidiocèse de Québec, joint par téléphone vendredi après-midi, a indiqué qu’il ferait retirer immédiatement le message de son site. Il a confirmé ne pas en être l’auteur. Il a cependant confirmé en fin d’après-midi que l’auteur était l’un des blogueurs autorisé du diocèse. Celui-ci aurait donc agi de son propre chef.

Le message de cinq paragraphes ne contenait aucune référence directe à l’Église catholique. Il proposait un « compte-rendu » d’un « rapport TOP SECRET qui ferait état d’une communication de haut niveau entre des autorités de notre planète et des Martiens ». Il était daté du 7 juillet sur la page d’accueil du site mais du 30 juin dans sa section « blogue ».

« Imaginez-vous que les gens de la NASA seraient en communication avec des Martiens et que ces derniers seraient venus visiter notre planète! Surprenant, n’est-ce pas? Cependant, si vous saviez qu’à l’issue de leur visite, les Martiens avaient posé des questions sur notre monde, quelles seraient vos réactions? Il est certain que ces questions nous concernent tous », indiquait le message signé du pseudonyme Delsen.

« Les Martiens se demanderaient pourquoi les humains ne parlent qu’avec des machines et non entre eux. Ils n’auraient pas compris comment nous pouvons ignorer nos semblables alors que nous avons une soif de communication. La quantité de textos, de téléphones cellulaires et tous les réseaux sociaux que nous utilisons en témoignent. »

Le paragraphe suivant prenait des accents écologiques.

« […] les Martiens auraient demandé pourquoi certains espaces sont bien organisés tandis que d’autres sont quasi invivables. Pourquoi certains membres de notre civilisation ont-ils le droit de gaspiller des ressources qui pourraient sauver la vie de plusieurs milliers de nos semblables? »

Le présumé pirate informatique terminait son message en affirmant qu’il s’agit d’informations « surprenantes », mais estimait qu’elles sont « justes ».

« Quelles réponses auriez-vous souhaité que les représentants de la terre donnent à ces étrangers? À vos claviers! », invitait-il.

Le diocèse de Québec a retiré le message de son site dans l’après-midi du 8 juillet.

Capture d'écran de la page d'accueil du 8 juillet 2011Capture d'écran de l'article

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Le diocèse de Québec s’en est bien tiré. Finalement, il ne s’agissait pas d’un pirate. Le message arbore un ton humoristique, tout se permettant de poser des questions pas si idiotes. Cela fait tout de même réfléchir.

S’il avait bel et bien été question d’un acte de piratage et non pas d’une initiative personnelle d’un employé, on aurait pu parler d’un « bon pirate ». Mais de penser qu’un pirate pourrait un jour publié un message traitant de sujets graves, comme les abus sexuels (car il y a toujours des cas en attente de règlement sur le territoire du diocèse de Québec), ou ridiculisé les positions de l’Église dans tel ou tel domaine…

Bien entendu, personne n’est complètement à l’abri. Pensons au géant japonais Sony qui a perdu la face lorsque des comptes d’utilisateurs de son Playstation Network ont été piratés au printemps. Les diocèses catholiques ne sont pas exempts de tels risques. D’où l’importance de se doter d’un bon réseau informatique, et de faire affaire avec des gens de confiance. Il y a sans doute dans cette nouvelle anecdotique une leçon qui l’est moins.