Catho et homo : troisième portrait

Catho et homo : troisième portrait

C’est par lui que tout a commencé, c’est par lui que se termine cette série. Claude (nom fictif) accepte de livrer ses angoisses d’être un homosexuel catholique.

La première rencontre préparatoire à cette entrevue est le fruit du hasard. Le soir du 25 mars 2011, quelques minutes après que Mgr Gérald C. Lacroix s’eut assis pour la première fois sur le siège épiscopal de Québec, la discussion s’engagea lors de la longue marche vers nos voitures dans la nuit officiellement printanière, mais résolument encore hivernale.

Claude tenait absolument à être présent pour cet événement historique. Pas parce que Québec n’aura probablement pas de nouvel archevêque avant encore un quart de siècle, mais parce qu’il connaît personnellement Mgr Lacroix. Plus encore, parce que Gérald – comme il l’appelle familièrement – l’a souvent aidé.

Aidé à composer avec son homosexualité.

Sous le couvert de l’anonymat, Claude a accepté de faire cette entrevue. Nous voilà à la mi-juillet, chez lui, en pleine canicule. Dans sa maison parfaitement entretenue, entre une tisane, l’air climatisé et de la musique classique jouant en sourdine, nous sommes lancés pour quelques heures.

Claude travaille dans la fonction publique depuis plusieurs années. Il approche la mi-quarantaine, vit seul, et a toujours été impliqué dans sa paroisse. Selon sa propre expression, il vient d’une famille « traditionnelle », très pratiquante, où la messe dominicale, les prières du matin et du soir et les bénédicités avant les repas ponctuaient la vie de piété.

Il a toujours vécu dans la région de Québec, et s’est naturellement orienté vers un emploi technique, lui qui se passionnait de mécanique et de technologie.

Si Claude tient à son anonymat, c’est parce que ce n’est pas encore tout le monde de son entourage qui sait qu’il est homosexuel. Mais aussi parce qu’il ne lui est pas facile de vivre en harmonie avec sa double identité de catholique homosexuel. Il fait un coming out progressif.

Relations troubles
Il y a quelques années, Claude a cherché à fréquenter une fille. L’expérience n’a pas duré.

« Je me suis aperçu assez tôt que les garçons m’attiraient, ou m’excitaient. La prise de conscience est venue plus tard. Dans la vingtaine je sortais avec une fille. J’ai fini par constater que ça ne pourrait pas marcher. Quand on allait prendre une marche, je réalisais que si on croisait des hommes que je trouvais beaux, ça détournait mon attention… », explique-t-il.

Il avait rencontré cette jeune fille dans un groupe de prière charismatique que leurs parents fréquentaient. La relation a duré six mois.

« On avait les mêmes valeurs. C’était implicite qu’on n’était pas pressés de vivre quelque chose de sexuel, pour différentes raisons. Moi, peut-être que j’avais un malaise inconscient, mélangé avec mes valeurs familiales. Mais elle, sa famille aussi était catholique. Bref, il n’a jamais été question de relation sexuelle, ça ne posait pas de problème. »

Après quelques mois, Claude réalise que quelque chose cloche et met fin à la relation.

« La séparation a été douloureuse pour elle. À ce moment-là, je ne pensais pas que j’étais gai. Mais je savais secrètement en moi que j’avais une attirance pour les hommes. Ce n’était pas clair. Je ressentais un besoin d’amitié. J’avais traversé une période où je ne connaissais pas l’amitié… »

« Dans un sens, j’étais plus solitaire. J’avais un peu de misère à m’intégrer dans des groupes. Je faisais ma petite affaire. Je ne sais pas si c’était un besoin d’amitié ou d’amour », précise-t-il.

En arrivant sur le marché du travail à la mi-vingtaine, Claude s’est mis à rencontrer différentes personnes, sans qu’il soit question de relation amoureuse.

« À ce moment, j’ai refait une partie de mon adolescence en développant des relations sociales amicales qui répondaient à un besoin. À travers ça, l’attirance masculine devenait plus présente. Dans les années qui ont suivi, je me suis mis à tripper sur des gars, à vouloir les connaître. Un coup d’œil au bureau, et ça cliquait. Souvent, ça s’est limité à prendre une marche sur l’heure du midi, et ça n’allait pas plus loin. Dans 100% des cas, ils étaient hétéros, il y avait peu d’espoir », résume-t-il en riant.

« J’essayais de savoir subtilement leur orientation sexuelle. J’ai eu de belles amitiés comme ça, où on parlait de tout et de rien. Ça répondait à un besoin chez moi. J’ai encore aujourd’hui de bons amis masculins, je trouve ça agréable d’être en leur compagnie, sans ressentir le besoin d’aller plus loin. J’ai développé une complicité parfois, où l’on se confiait, on se contait des choses. J’ai fait mon coming out à certaines de ces personnes. »

Mais il a fallu plusieurs années avant de dire ouvertement qu’il est homosexuel. Claude « tournait autour du pot », tergiversait, ne sachant pas trop lui-même s’il était homosexuel.

« C’est là que Gérald Lacroix entre en jeu. »

L’accueil de Gérald
Il y a huit ans, Claude s’est mis à fréquenter l’Institut séculier Pie X. Il s’agit de l’institut de vie consacrée dont est membre l’actuel évêque de Québec, Mgr Gérald C. Lacroix. Il y était déjà à l’époque, en tant que prêtre. En rendant visite à un proche qui habitait à l’institut, Claude a tissé des liens avec celui qu’il appelle tout simplement Gérald.

C’était une période tumultueuse. Son orientation sexuelle soulevait chez lui de profondes questions de sens.

« J’avais l’impression de faire semblant. De sauver les apparences. De jouer un rôle. C’était d’autant plus vrai quand j’étais en présence d’un homme qui m’attirait. Là, ça devenait encore plus délicat. C’était fort, mais je ne devais pas le laisser paraître », résume Claude au sujet de cette période de sa vie.

« J’ai eu l’occasion de rencontrer Gérald, car je voulais consulter un prêtre à ce sujet-là. Un proche m’avait parlé en bien de lui, ventant son assurance et sa qualité d’écoute. Je me suis dit… je vais le tester ! », poursuit-il en riant.

« Non, mais je voulais quelqu’un de solide. Ça a été une période trouble. Comme la météo cet été : du temps incertain. J’ai eu besoin de consulter, car j’étais bloqué ben raide. Je prenais de plus en plus conscience que je me sens attiré par des hommes. Suis-je gai? Je n’osais pas me poser la question. Et je savais la position de l’Église. »

« J’ai abordé ces questions avec Gérald la première fois. Comment je souffrais, je me sentais mal dans ma conscience, et ça ne me lâchait pas. Il m’a conseillé d’aller consulter Marie-Paul Ross [une religieuse sexologue]. Il avait perçu les choses mélangées chez moi : sexualité et culpabilité. Il m’a dit : « Je pense qu’elle pourrait t’aider à y voir plus clair. » »

Claude est donc allé la consulter. C’est alors que le verdict est tombé « comme une claque dans la face ». La sexologue lui indique qu’il est foncièrement homosexuel.

« Ça a libéré des angoisses liées à ce que j’avais caché et traîné depuis plusieurs années. Je suis retourné voir Gérald. Il m’a encouragé à continuer. À ce moment-là, il ne savait pas qu’il allait être évêque. Je me suis toujours senti appuyé. Il ne m’a jamais caché la position de l’Église. Il me disait : « l’Église a une position sur la sexualité et sur l’homosexualité ». Il m’a amené ça avec tact et douceur. Il n’a jamais essayé de m’imposer cette position. Ou de me dire que j’étais un pécheur. Je me rappelle en particulier d’une parole qu’il m’avait dite : « la vérité te rendra libre. Cherche la vérité ».

« Je l’ai toujours trouvé respectueux, franc. Il ne m’imposait pas la doctrine de l’Église. Il me laissait libre de mes choix, mais il m’invitait à chercher toujours le meilleur. Il n’avait pas de réponse toute faite.

« Je lui avais partagé que j’avais des crises d’angoisse. J’en ai encore. Ça tourne souvent autour du sentiment d’être vulnérable, de me sentir mauvais. D’être le contraire de ce que l’Église enseigne. Il m’a dit : « Regarde : il faut que tu te protèges aussi là-dedans. Cette angoisse-là n’est pas voulue par Dieu. »

Claude lui confie également  que certaines lectures de la part de l’Église ou de prêtres le troublent, notamment celles condamnant l’homosexualité.

« Je me sentais abaissé et écrasé en lisant ces choses-là. Il m’avait enlevé de la pression en me disant : « C’est peut-être mieux que tu ne lises pas ça. C’est peut-être pas approprié pour toi. » Je ressortais avec de l’espérance pour continuer ma démarche.

Leur dernière rencontre a eu lieu il y a deux ans. Claude assure qu’il aimerait avoir l’occasion de lui parler à nouveau.

« La boucle n’est pas bouclée pour moi. J’aimerais ça le rencontrer à nouveau, pour faire le point et lui reparler de ces choses-là, et essayer d’avancer. Je ne me fais pas d’illusion, il est occupé. C’est quelqu’un que ça fait du bien de rencontrer. Il est tout là. Il est simple, chaleureux, et respectueux surtout. »

Coming out
Suite à son expérience avec Marie-Paul Ross, Claude a commencé à parler de son homosexualité autour de lui.

« Dans la majorité des cas, j’ai été bien accueilli. « C’est pas important, tu ne changes pas à nos yeux », me disait-on. Les gens essayaient de me mettre à l’aise avec ça. « Tu seras toujours mon ami, j’ai pas de problème avec ça. »

Claude affirme n’avoir jamais été confronté à des réactions homophobes, autre qu’une « homophobie ambiante ». De dire que quelque chose est « tapette », ou « fif », par exemple. Même sa famille a somme toute bien accueilli son homosexualité.

« Dans ma famille, ça a causé un petit peu… un remous. Quand je me suis senti prêt, il fallait que je leur dise. Ça leur a fait une surprise. À part ma sœur et mes frères, personne ne s’en doutait vraiment. Ma mère l’a accepté plus facilement. Mon père, qui est plus âgé, est dans le déni : pour lui, c’est parce que je n’ai pas encore rencontré la bonne fille. Pour lui, je me fais des idées. Je suis de même « parce que je n’ai pas connu mieux. » Je n’essaye pas de le changer… Et il sait qu’il ne peut pas me changer. Quand ça revient sur le sujet, ça se termine toujours par : « ben, fais toujours de ton mieux dans ta vie ». Et je lui réponds : « oui papa, tu le sais, je fais de mon mieux. » »

Rapport à l’Église
Claude vit parfois difficilement son rapport à l’Église. Il vit par moment une forme de déchirement qui vient et qui part, à l’instar des marées.

« Il y a autant d’approches qu’il y a de prêtres. Certains sont mal à l’aise et le disent en partant. Pour d’autres c’est la doctrine de l’Église, point. Ce que tu ressens n’est pas important. Si t’es à côté de la coche, t’es à côté et du dois te corriger. D’autres ne veulent pas embarquer, et restent vagues. Mais entre la position officielle de l’Église et la rencontre d’un prêtre dans l’intimité, il y a un malaise. Je ne dirais pas une divergence, mais ils ne savent pas quoi faire avec ça », note celui qui a eu l’occasion d’en parler avec différents clercs au cours des dernières années.

« C’est peut-être d’abord un problème de formation. Ils ne sont pas préparés à ça. Mais pour moi, rencontrer un prêtre qui me dit : « fais ce que tu veux, tant que vous êtes consentants », ce n’est pas mieux qu’un autre qui me dit : « Non ! Regarde, c’est « non » et c’est écrit ici. » »

Selon Claude, les prêtres qui abordent la question de l’homosexualité tant avec leurs connaissances qu’avec « leur cœur » sont ceux qui sont d’une plus grande aide aux personnes qui vivent leur sexualité « de manière différente ».

L’homme dans la quarantaine se questionne sur son rapport à la doctrine de l’Église catholique. Car il a sincèrement en lui le désir d’agir en « bon catholique ».

« Je pense que la doctrine a quelque chose de valable. Ça se base sur une tradition. Ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. Ça se base sur des personnes qui ont essayé de suivre Jésus. Je pense qu’il y a eu dérapage dans l’interprétation, dans le fait de vouloir catégoriser et départager ce qui est bien et ce qui est mal. Je pense que le danger est là. Moi, personnellement, si une institution en laquelle je crois me dit que telle action est mauvaise, alors qu’honnêtement je ne la perçois pas comme tel, ça m’affecte. Ça écrase le faible. Alors que la personne qui s’en fout, ça ne l’affecte pas. »

« C’est peut-être l’une des sources de mes angoisses. Il y a cette Église qui m’encourage et me soutient. Mais quand j’ai un doute et que je cherche des réponses, je sens qu’elle m’écrase au lieu de me répondre. « Tu te poses des questions là-dessus, c’est souffrant ? Ben c’est ça. Tu dois souffrir de ça. C’est ta croix. » », fait-il valoir, précisant que la doctrine est comme un « bagage » que l’Église traîne avec elle, alors que certains de ses membres « ne savent plus quoi faire avec ça ».

« Mais l’Église le traîne quand même… je ne sais pas pourquoi. »

Claude est impliqué depuis de nombreuses années dans sa paroisse. Présentement, il agit notamment comme ministre de la communion. Il affirme cependant qu’il aurait des remords s’il vivait une vie sexuelle active. Il se sentirait « hors-la-loi ».

Pour l’instant, il confie qu’il est bien en vivant seul.

«  Je ne sens pas fondamentalement le besoin d’être absolument avec quelqu’un. Il y a aussi une raison morale : j’angoisse. Donc si jamais j’ai des relations homosexuelles, je vais angoisser. Si je me tape une aventure et que ça me prend trois jours à m’en remettre… De toute façon, même si j’étais parfaitement à l’aise, il y a mes valeurs. Une aventure d’un soir, est-ce vraiment ce que je veux ? Parfois je me dis, si j’essaye, je le saurai après. Mais je me sens déjà fragile. Je peux courir le risque de me faire briser le cœur… »

En tant que catholique, Claude a une angoisse récurrente : « J’ai peur un jour d’être confronté à un choix. De me faire confronter par un « officiel », qui va me dire : soit t’es gai, soit t’es catholique. » Il y a comme un conflit à l’intérieur de moi. La pire chose que je peux me faire dire, c’est « il faut que tu portes ta croix ». Je trouve ça dans des livres, dans des écrits officiels… Mais je pense que si je me le faisais dire en personne par une personne d’autorité… ou bien je serais très en colère, ou bien cela m’écraserait psychologiquement. »

Abus sexuels
Après avoir évoqué un certain caractère « pharisien » de l’Église, la discussion s’oriente sur quelques cas récents d’abus sexuels qui ont jeté du discrédit sur l’institution. Claude réfléchit quelques instants, puis accepte de parler des abus dont lui-même a été victime dans son enfance.

« J’ai vécu des attouchements lorsque j’étais enfant. Par une personne de confiance. Ce n’était pas quelqu’un de l’Église. J’ai pardonné à cette personne. Elle est encore en vie aujourd’hui. Je lui pardonne parce que moi-même j’aurais pu virer comme ça. Je comprends dans une certaine mesure le chemin entre l’abusé qui devient abuseur… il y a comme une logique. Le lien, je le ressens intuitivement. »

Pour éviter d’emprunter cette même voie, Claude est allé chercher de l’aide.

« J’ai déjà senti moi-même que j’aurais pu avoir des pulsions pour poser de tels gestes. Quand j’ai compris, quand j’ai pris conscience de cela… j’ai décidé de faire du ménage là-dedans. J’ai consulté. J’ai vu où ça pouvait me mener, et j’ai décidé d’éviter tout ce qui pouvait me mener vers ça. Je me suis mis à éviter de tenter le démon. »

« Avec tous les scandales qui sont sortis dans les dernières années, et avec ce qui m’est arrivé, j’ai pris conscience du caractère insidieux des abus sexuels. C’est une pulsion. Tu n’as plus le contrôle, ça te pousse vers ça. Une partie de toi-même est déréglée. Et ce n’est pas l’Église qui me disait ça, je le réalisais tout seul. »

Claude affirme être convaincu que « la voie était pavée » pour qu’il devienne abuseur à son tour. « Quand j’ai pris conscience de ça, j’ai pris peur. Et je suis allé demander de l’aide. Et je suis content de l’avoir fait. »

Il jette donc un regard particulier, teinté par sa propre expérience, sur les abus sexuels commis en Église.

« D’une part, ça m’attriste. J’éprouve une pitié pour ces hommes d’Église-là qui se sont retrouvés là-dedans. Je trouve ça dommage que certaines situations aient été cachées. Quand il y en a plusieurs dans une même communauté qui sont pris là-dedans… ils le savent. Il faut que ça se dénonce. »

« Ça jette du discrédit sur l’Église. Pour moi, ça n’enlève pas ma confiance envers l’Église. Ça me fait voir que même si elle est voulue de Dieu, elle est faite d’hommes qui sont pécheurs. Humainement parlant, ils ont les mêmes forces et les mêmes faiblesses que tous les autres. Je pense que ça devrait amener l’Église à être un petit peu plus tolérante, plus humble dans sa doctrine, dans ses enseignements. Il ne s’agit pas de dire que ce qui était mauvais hier est maintenant bon. Mais peut-être de ne pas dire que tout le monde qui vit telle ou telle situation vit dans le péché. »

Selon Claude, il s’agit d’une occasion de mettre l’accent sur l’amour et la miséricorde, plutôt que sur la faute.

« S’ils ont de la misère à appliquer ce qu’ils enseignent… je pense qu’ils devraient l’enseigner avec humilité. Je pense toutefois que c’est ce que fait la plupart, mais malheureusement on perçoit encore trop souvent le contraire. »

L’Église catholique aurait aussi une compréhension tronquée de l’homosexualité.

« Il y a une compréhension de l’homosexualité qui est défaillante. Je pense, avec le peu de connaissance que j’ai des écrits de l’Église, j’ai l’impression qu’ils ont pris ce qui faisait leur affaire des études scientifiques en glanant à gauche et à droite. Ce faisant, ils ont mis le couvert sur la marmite. Mais ça continue de bouillir. L’Église gagnerait à écouter ce qu’ont à dire les personnes qui vivent leur sexualité autrement. « Comment tu te sens là-dedans ? Comment tu vois ça ? Comment tu te sens sous le regard de Dieu avec ça ? » »

Revenant sur la question des abus sexuels en Église, Claude se demande comment l’Église pourrait mieux la comprendre afin d’éviter que cela ne se produise à nouveau. Mais surtout, au lieu de se concentrer sur le péché, se concentrer sur le pardon.

« Il devrait y avoir une pastorale du pardon. C’est une force qui n’est pas assez considérée. C’est exclu de la société. Les situations les plus « amochantes » dont je me suis sorti, c’est toujours avec le pardon. »

L’Église devrait-elle demander pardon aux homosexuels?

« Éventuellement, oui. Mais après une démarche sincère pour nuancer sa position. Mais même si l’Église ne me demande pas pardon, ça ne m’empêchera pas de l’aimer. »

« Je pense que l’Église gagnerait le plus possible à se coller au Christ, à ce qu’il a dit ou fait. Bien plus que ce que d’autres ont dit ou fait par la suite. Plus qu’à la Tradition. La Tradition, à mon sens, est là pour s’y référer pour t’éclairer dans une décision. Mais elle n’est pas la décision. Elle apporte un éclairage, mais elle n’est pas la lumière. Jésus lui-même dénonçait certaines traditions très ancrées qui écrasaient les gens dans le judaïsme. »

Claude n’a finalement qu’un seul souhait : que l’Église qu’il aime développe une pastorale pour les homosexuels. Mais attention : « Pas juste un livre, un blogue ou un pamphlet qui fait du copier-coller avec les textes de positions officielles. »