Mise à l’amende pour une messe, une catholique conteste

Mise à l’amende pour une messe, une catholique conteste

Une catholique qui a loué une salle à la Ville de Montréal en 2009 a été mise à l’amende pour y avoir tenu une messe et d’autres activités religieuses. La citoyenne, qui n’avait pas été mise au courant de cette interdiction, conteste la contravention et se pose de sérieuses questions sur l’application des règlements municipaux.

Le 4 octobre 2009, Paula Celani, secrétaire-trésorière de la Fondation En Route, liée au mouvement catholique Communion et libération, a loué la Maison du Brasseur à Lachine afin d’y tenir le lancement de l’année de la fondation. Près de 100 personnes y ont pris part, et l’événement s’est conclu par une messe et un repas.

Au printemps 2010, Mme Celani a reçu par la poste une contravention de 144$. Elle a d’abord cru qu’elle était liée au code de la route, mais a vite réalisé qu’on lui reprochait d’avoir organisé une activité religieuse dans une salle appartenant à la Ville.

Faisant valoir que la Maison du Brasseur ne l’avait pas mise au courant qu’un tel règlement existait, elle ne voyait pas pourquoi elle devrait payer ces 144$.

« Je n’avais qu’une seule option : contester la contravention. »

Une première audition en cour a eu lieu en septembre, à Verdun. Mais elle a été remise, car les témoins ne se sont pas présentés. Entretemps, elle a décidé de faire appel à un avocat. Elle devra donc de nouveau se présenter en cour le 22 février prochain.

Même si elle se dit surprise de l’intérêt médiatique que son cas suscite, Mme Celani accepte volontiers de répondre aux questions des journalistes.

« Pour moi, au tout début, quand j’ai reçu la contravention… »

Elle soupire.

« C’est ridicule. »

Frustrée par la perte de temps et d’argent que cela lui engendrait, elle a vite compris que son histoire concerne des enjeux beaucoup plus grands.

« Plus j’y pensais, et plus je me disais : je ne peux pas louer une salle, y avoir une messe, ce qui m’est le plus cher dans la vie? N’ai-je pas le droit d’exprimer qui je suis? Plus je me posais la question, plus j’étais fâchée. Et ce n’est pas seulement pour moi, c’est pour tout le monde dans la société. »

La raison motivant la contravention concerne le zonage. Puisque la Maison du Brasseur n’a pas le zonage adéquat propre aux lieux de culte, il est donc interdit d’y tenir des messes, mais aussi des prières et des chants religieux. La contravention a été envoyée après que des employés eurent dénoncé l’événement de la Fondation En Route.

« Plus je travaille avec mon avocat, plus j’ai peur de voir comment les règlements sont interprétés. On ne peut pas exprimer sa foi à l’extérieur d’un lieu de culte? Ce sont ces questions, des préoccupations », explique Mme Celani.

Elle s’étonne de l’existence même d’un tel règlement. « Jamais, au grand jamais, j’aurais cru qu’un tel règlement qui va contre ma personne, qui m’empêche d’exprimer ma foi, dans un endroit que j’ai loué, payé, avec des amis, les portes fermées, puisse être appliqué de la sorte. »

Lors de son retour en cour en février, son avocat et elle contesteront la constitutionnalité du règlement.

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J’ai écrit cet article en fin de semaine dernière. Peu de médias francophones en avait parlé jusqu’à présent. Il a aussitôt été repris par l’Agence internationale de presse catholique (APIC), basée en Suisse.

En revanche, plusieurs articles et textes d’opinion ont été écrits en anglais, notamment sur le site du National Post et sur celui du Calgary Herald.

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