Dès le 3 juin, les autochtones du nord du Québec et du Canada pourront lire pour la première fois de leur vie la Bible traduite en inuktitut. Pas moins de 33 ans d’efforts soutenus ont été nécessaires pour que le rêve de milliers d’inuits devienne réalité.
Le lancement officiel aura lieu lors d’un autre événement important. En effet, c’est également le 3 juin que sera consacrée la nouvelle cathédrale anglicane Saint-Jude d’Iqaluit, principale église du diocèse de l’Arctique, le diocèse anglican le plus vaste au monde.
Le Nouveau Testament était disponible depuis une vingtaine d’années en inuktitut, et plusieurs éditions ont été produites au fil des ans. Toutefois, une version complète de la Bible se faisait toujours attendre. Le projet de traduction a débuté en 1978. Piloté par la Société biblique canadienne, il marque un moment historique à plusieurs égards. Il s’agit de la première fois au Canada qu’une traduction complète de la Bible en langue autochtone est faite par des personnes dont c’est la langue maternelle et non par des missionnaires. Il s’agit également du premier projet de traduction complet de la Bible en une langue autochtone réalisé sous les auspices de la Société biblique canadienne.
L’inuktitut est une langue officielle dans les Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, au Nunavik (Québec) et au Nunatsiavut (Terre-Neuve-et-Labrador). Elle est parlée par environ 30 000 personnes au Canada. Parlée depuis plusieurs centaines d’années, ce n’est qu’à partir du 19e siècle qu’elle prend une forme écrite grâce à la création d’un syllabaire conçu par le prêtre anglican Edmund Peck.
La première édition comportera 5000 exemplaires, qui seront vendus au prix unitaire de 20 ou 25$.
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Article rédigé pour Proximo (Radio Ville-Marie), 20 avril 2012. Repris par l’Agence internationale de presse catholique le 23 avril.




Je trouve que c’est une très bonne nouvelle! Les langues reflètent une culture, une façon de pensée, une façon de vivre. J’espère que cette traduction saura à la fois, respecter la culture hébraïque et la culture inuit.
Au fait, saviez-vous que la Commission scolaire Kativik (CSK), qui sert les Inuit québécois, a obtenu une dérogation du ministère de l’Éducation pour ne pas enseigner le cours ECR dans les écoles du Nunavik?…
Amusant, quand on pense que dans le programme du cours ECR, les spiritualités dites autochtones traditionnelles occupent une place disproportionnée par rapport au nombre infime de leurs adhérents. Les Inuit de cette région, qui sont principalement anglicans, pentecôtistes et parfois catholiques (dans un village en particulier), sont des chrétiens encore très fervents.
Aux dernières nouvelles (mais elle ne s’en vante pas plus que les écoles privées juives qui font ce qu’elles veulent à ce chapitre sans demander la permission), la CSK continue d’offrir des cours de religion au primaire et développe une version adaptée du cours ECR pour le secondaire, qui tiendra compte de la culture inuite. Cela veut probablement dire que le relativisme du programme officiel sera pour le moins atténué. Au fond, comme fait le Loyola High School… au nom de la spécificité catholique anglophone et de sa conscience minoritaire non complexée.
Les cathos québécois pourraient peut-être apprendre de ces chrétiens à être moins coincés. Du moins, les évêques. Après tout, on finit par s’en apercevoir, ces derniers sont à peu près les seuls à avoir pris pour du cash le discours gouvernemental sur la laïcité scolaire.