Sainte-Anne-de-Beaupré : l’accès au site sera payant

Sainte-Anne-de-Beaupré : l’accès au site sera payant

*** Pour des informations plus récentes au sujet des nouveaux tarifs du sanctuaire, consultez cet article ***

Il faudra désormais payer pour accéder au site du sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré. Cette nouvelle mesure, qui entrera en vigueur dès cet été, marque un changement de mentalité dans la gestion du site.

C’est que les Rédemptoristes qui gèrent ce haut lieu du tourisme religieux nord-américain ont fait leurs devoirs : ils estiment avoir besoin de 25 millions $ au cours des dix prochaines années pour assurer l’entretien de la basilique et de ses dépendances. Et ce ne sont certainement pas les revenus du Musée Sainte Anne situé dans le stationnement de la basilique qui feront office de vache à lait.

Joint par téléphone, le responsable des communications du sanctuaire, Sébastien Laplante, se veut toutefois rassurant, en précisant que le montant sera minime, loin des 10$ ou plus que les touristes payent pour entrer dans certaines cathédrales européennes, par exemple. S’il n’est pas encore en mesure de confirmer officiellement combien il en coûtera pour se prévaloir de circuler sur le site, il laisse entendre que les gens doivent s’attendre à devoir payer 2$ par personne.

Car pour éviter de rendre payant l’accès à la basilique comme telle, ce qui ferait rouspéter une pléthore de pèlerins venus prier et chercher la quiétude, c’est plutôt le site qui sera payant pour tout le monde. Des abonnements à des prix préférentiels seraient actuellement à l’étude pour les résidents de la Municipalité de Sainte-Anne-de-Beaupré et pour les autres visiteurs : ceux-ci pourraient respectivement acheter une passe pour 12$ et 24$.

Mine de rien, cette approche vise directement le modèle de pèlerinage qui a caractérisé la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré depuis plusieurs décennies, celui du pèlerinage journalier en voiture. Avec son énorme stationnement faisant le pont entre le boulevard Sainte-Anne et le terrain du sanctuaire, le pèlerinage journalier permettait à une famille de partir de Québec en voiture le matin, de prendre part à au moins une messe, de faire une heure d’adoration, de monter le chemin de croix aménagé dans colline adjacente à la basilique, et de rentrer en ville après la procession aux flambeaux du soir. La disparition des pèlerinages par bateau et par train dans la seconde moitié du 20e siècle n’a fait que confirmer la domination de ce modèle. Le tout voiture garde encore toute sa place, certes. Mais désormais, il se monnaiera, puisque la principale guérite sera aménagée en face du Musée Sainte Anne, lui-même situé dans le stationnement.

Par ailleurs, M. Laplante a pu confirmer que la gratuité du terrain de camping des Rédemptoristes est révolue. Le « Domaine Sainte-Anne », ce vaste terrain vacant offert gratuitement aux visiteurs-campeurs pendant l’été, sera lui aussi payant.

En revanche, des aspects logistiques restent encore à préciser au sujet de l’implantation de ces nouveautés. Il semble toutefois acquis que le site ne deviendra pas un vaste Disneyland spirituel, où il faudra montrer sa passe à chaque « attraction ».

« Pour le moment, nous voulons quelque chose de simple. Le but n’est pas de devenir des agents et de contrôler tout le monde. C’est une année test. Si on commence à mettre des gardiens partout et des guérites, on ne s’en sortira pas ! », admet volontiers M. Laplante.

Autrement dit, il sera très facile de contourner le système et d’éviter de payer, notamment en se stationnant ailleurs qu’à la basilique et en y arrivant en marchant, par l’avenue Royale par exemple. Mais dans un pèlerinage journalier, ne va-t-on pas aussi à Sainte-Anne pour se confesser ?

Sébastien Laplante est tout aussi concret lorsqu’on lui demande si le sanctuaire s’attend à être confronter à de la résistance face à ce changement de cap historique. « C’est sûr que la question ne se poserait pas si les quêtes et les dons étaient plus importants. Mais pour entretenir le tout et faire les changements et les rénovations importantes quand c’est nécessaire, il faut trouver de bons moyens de financement. Ce n’est pas évident. Si les gens ont des solutions, qu’ils viennent nous les dire ! »