Marie Fitzbach fait un pas de plus vers la béatification

Marie Fitzbach fait un pas de plus vers la béatification

Rome a annoncé le 28 juin qu’il reconnaissait les « vertus héroïques » de Marie-Josephte Fitzbach, fondatrice des Servantes du Cœur Immaculé de Marie, aussi appelées Sœurs du Bon-Pasteur . Cette étape cruciale marque un pas important vers une éventuelle béatification.

Le dossier, ou positio, préparé pour faire valoir le cas de Marie Fitzbach a été envoyé au Vatican en 1997. Le processus a ensuite suivi son cours, lentement mais sûrement : le comité des historiens l’a observé en 2000, celui des théologiens en 2010 et celui des cardinaux et évêques en avril 2012. L’annonce de la reconnaissance de ces vertus est le fruit de ce long processus.

L’idée de faire valoir les vertus de Marie Fitzbach, qui a vécu de 1806 à 1885, est plus ancienne que ne le laisse croire les étapes des dernières années. Dès 1935, l’idée était bien implantée au Québec, et de nombreux documents des années 1930 témoignent de l’intérêt de la population religieuse et laïque en vue d’une béatification.

« Joie profonde »
Les Sœurs du Bon-Pasteur connaissaient déjà « l’héroïcité des vertus » de leur fondatrice. Mais cette reconnaissance officielle les réjouit.

« Suite à l’annonce hier, nous étions dans une grande joie intérieure… et extérieure ! », relate sœur Denise Rodrigue, vice-postulatrice de la cause de Marie Fitzbach. Réunies à la chapelle, les religieuses se sont mises à applaudir lorsqu’on leur a annoncé que leur fondatrice venait de franchir un pas de plus vers la béatification.

« Nous avons vu une joie surgir. Mais vraiment une joie profonde. C’était le résumé de la vie de notre fondatrice qui s’extériorisait », indique sœur Rodrigue. Elle se dit confiante en vue d’une éventuelle béatification, mais soutient que l’annonce d’hier et « déjà un comble ».

Pour les rejetés
Sœur Rodrigue rappelle que Marie Fitzbach a donné sa vie pour les femmes et enfants rejetés et pauvres. « On retrouve aujourd’hui les mêmes souffrances morales chez toutes les personnes pauvres et délaissées, qui ont besoin de réconfort. Je pense que c’est un besoin universel. Des femmes en difficulté, rejetées, exploitées, ça existe aujourd’hui comme dans son temps. Ces vertus héroïques – foi, espérance charité, humilité, prudence – au plan humain et spirituel, ça a conforté et donné espoir aux gens de son temps », fait-elle valoir, affirmant que malgré de nombreuses épreuves au cours de sa vie, la fondatrice a toujours su être un « rayonnement ».

« Elle ne vivait que par son union à Dieu, poursuit sœur Rodrigue. C’était son ultime refuge. Ça m’a toujours interrogé. Autrefois, on parlait d’un Dieu sévère. Mais elle, elle parlait toujours d’un Dieu de bonté et de miséricorde. De tendresse. Sa spiritualité ne baignait pas dans la sévérité. »

Les Sœurs du Bon-Pasteur ont également souligné une coïncidence symbolique hier, alors que le jour de l’annonce de la reconnaissance des vertus héroïques est survenu à la date de l’anniversaire de naissance de sœur Marguerite Jean, celle qui a rédigé la positio et qui agissait à titre de vice-postulatrice, et qui est aujourd’hui décédée.