Développement et Paix : les jeunes francophones boycotteront les campagnes

Développement et Paix : les jeunes francophones boycotteront les campagnes

Dans une déclaration émise suite à la Rencontre nationale jeunesse francophone de l’organisme Développement et Paix qui se déroulait les 13 et 14 octobre, plusieurs leaders jeunesse au sein de l’organisme ont fait état de leur « colère suite à la décision des leaders du mouvement d’annuler la campagne d’action de 2012 ». En guise de représailles, les jeunes annoncent qu’ils entendent boycotter la nouvelle campagne d’éducation lancée cette semaine, de même que la prochaine campagne de Carême de partage.

« En signe de la gravité que la situation représente pour nous, nous avons décidé de ne pas participer à la nouvelle campagne proposée ni au carême de partage. Nous avons discerné et pesé les conséquences de ce geste. Nous l’adoptons car nous sommes convaincus que la réforme de notre organisme est une manifestation ultime de notre loyauté envers nos partenaires et nos membres », stipule la déclaration finale adoptée à l’issue de la rencontre qui se déroulait à Montréal.

Neuf représentants jeunesse de D&P étaient présents à cette assemblée décisionnelle annuelle des jeunes francophones. Ceux-ci venaient du Québec, du Manitoba et du Nouveau-Brunswick. Dans leur déclaration, ils font état de leur « souffrance » et de leur « colère » suite à la décision de ne pas lancer la première version de la traditionnelle campagne d’éducation automnale de l’organisme qui semblait trop politisée aux yeux de certains évêques canadiens.

« Cette décision de nos leaders mine la crédibilité du mouvement et nous rend presque impossible la tâche de recruter de nouveaux membres ou de maintenir la mobilisation dans nos groupes locaux jeunesse », se désole la déclaration. « De plus, nous souffrons de la manière dont cette décision a été prise, manquant de respect aux membres qui se sont exprimés par le biais des Assemblées régionales et à travers leurs représentants au Conseil national. Nous nous sentons trahis par les dirigeants de Développement et Paix. De plus, nous nous sentons impuissants à nous faire entendre. Notre foi dans le mouvement est gravement atteinte », insiste-t-elle.

Les jeunes francophones estiment que cette nouvelle crise qui secoue D&P est directement rattachée à la manière dont les décisions sont prises au sein de l’organisme. Via une « campagne interne », ils espèrent favoriser une réforme de la gouvernance au sein même de leur organisme. « Une telle réforme est nécessaire pour restaurer notre confiance dans le mouvement », assurent-ils.

Le directeur général de D&P, Michael Casey, a pris connaissance de la déclaration. Il reconnait le droit des membres de l’organisme de s’exprimer. « On verra ce qu’on fera avec ça », laisse-t-il entendre, préférant ne pas trop s’avancer pour l’instant.

Le contenu de cette déclaration sera notamment abordé lors de la prochaine rencontre du Conseil national de D&P qui aura lieu lors de la dernière fin de semaine du mois de novembre, à Montréal.

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Écrit pour Radio Ville-Marie, cet article à ensuite été repris par l’Agence de presse catholique internationale (Suisse) et par le site Internet du journal La Croix (Paris).