La vie spirituelle, première qualité d’un pape selon le cardinal Turcotte

La vie spirituelle, première qualité d’un pape selon le cardinal Turcotte

Le cardinal Jean-Claude Turcotte estime que la première qualité du prochain pape sera la profondeur de sa vie spirituelle. Il croit également qu’il devra être en mesure de continuer de s’adapter au « langage moderne ».

« Je pense que la première qualité qui nous intéresse, nous, c’est la vie spirituelle d’un pape », a indiqué l’archevêque-émérite de Montréal au cours d’une conférence de presse donnée quelques heures avant son départ pour Rome, le 26 février.

Il se réjouit de constater qu’il y a parmi les cardinaux plusieurs hommes « d’une grande valeur ». Le cardinal en a profité pour rappeler l’importance des rencontres entre les cardinaux avant le conclave pour échanger, réfléchir et prier.

Un langage moderne
Mais en plus d’un fort charisme spirituel, le prochain pape devra savoir communiquer avec le monde de son temps, a précisé le cardinal. Ce qui n’est pas nécessairement évident pour une Église qui « n’est pas toujours à la vitesse 100 milles à l’heure ».

« Dans l’Église il y en a encore – je le dis à la blague – qui sont au temps des pigeons voyageurs, a illustré le cardinal Turcotte aux journalistes. Vous en savez quelque chose avec vos machines, vos iPads, puis toutes les patentes. Les enfants viennent quasiment au monde avec un téléphone cellulaire dans la main. »

Il croit que pour trouver la bonne personne, les cardinaux devront prendre le temps « d’harmoniser » les différentes visions de l’Église qui existent sur les divers continents. À cet égard, il y a « bien des choses à regarder ».

Un pape québécois ?
Évoquant la possibilité que le cardinal Marc Ouellet, l’ancien archevêque de Québec aujourd’hui préfet de la Congrégation pour les évêques, devienne pape, Jean-Claude Turcotte a reconnu que cela serait une « certaine fierté » pour les Québécois.

D’ailleurs, lors du conclave de 2005, les noms des cardinaux Ouellet et Turcotte avaient circulé dans les médias. Mais à l’entendre, le cardinal Turcotte ne se voit certainement pas devenir pape.

« Il y a des gens comme moi qui sont trop vieux. À 77 ans, j’ai passé l’âge d’aller faire des galipettes à Rome », a-t-il lancé avec le langage coloré qu’on lui connait.

Mais l’humour a fait place à un Jean-Claude Turcotte ferme lorsqu’il a évoqué l’importance de la rencontre avec Jésus-Christ pour le chrétien du 21e siècle. Refusant de catégoriser l’Église entre « la gauche et la droite », il a réaffirmé sa joie de constater la présence dans l’Église catholique de croyants solides.

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Photo : le cardinal hondurien Óscar Andrés Rodríguez Maradiaga lors de son passage à Québec en 2008, souvent identifié parmi les papabili. Source : diocèse de Québec.