<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Crayon et goupillon &#187; Analyses</title>
	<atom:link href="http://philippevaillancourt.com/category/analyses/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://philippevaillancourt.com</link>
	<description>L&#039;actualité religieuse, vue du Québec</description>
	<lastBuildDate>Sat, 28 Aug 2010 16:21:35 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.0.1</generator>
		<item>
		<title>Influence croissante du Catholic Christian Outreach</title>
		<link>http://philippevaillancourt.com/2010/08/influence-croissante-du-catholic-christian-outreach/</link>
		<comments>http://philippevaillancourt.com/2010/08/influence-croissante-du-catholic-christian-outreach/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 28 Aug 2010 16:21:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[cardinal Marc Ouellet]]></category>
		<category><![CDATA[cardinal William Levada]]></category>
		<category><![CDATA[Catholic Christian Outreach]]></category>
		<category><![CDATA[Université Laval]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philippevaillancourt.com/?p=547</guid>
		<description><![CDATA[Le groupe missionnaire est présent sur de plus en plus de campus au Canada.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Présent sur les campus à travers le pays, son influence ne cesse de croître, tant au Québec qu&#8217;à l&#8217;extérieur du Canada. Pour discuter des défis qui s&#8217;offrent à lui, l&#8217;exécutif national du Catholic Christian Outreach (CCO) se réunissait les 25 et 26 août à Ottawa. Au menu : la gestion de la croissance.</strong></p>
<p>Du recrutement à la formation, en passant par l&#8217;élaboration de stratégies à long terme, CCO chercher à accroître son influence. C&#8217;est qu&#8217;en 2010 l&#8217;organisation étend désormais ses activités à l&#8217;Université de Calgary et à l&#8217;Université Saint Mary&#8217;s, en Nouvelle-Écosse, après avoir fait une entrée remarquée sur le campus de l&#8217;Université Laval l&#8217;an dernier suite à l&#8217;invitation du cardinal Marc Ouellet. Ce « mouvement jeune et dynamique d&#8217;étudiants universitaires et de missionnaires laïcs » se donne pour objectif d&#8217;être présent auprès des jeunes des différents campus canadiens pour « proclamer le message de Jésus Christ de façon claire et simple ».</p>
<p>L&#8217;organisation a le bras long. Bien vue de l&#8217;ancien archevêque de Québec, elle n&#8217;a pas hésité, après une séance de repérage lors du Congrès eucharistique international en 2008, à venir tenter sa chance dans la Vieille Capitale. L&#8217;hiver dernier, l&#8217;organisme a pu utiliser son influence et son réseau de contacts pour inviter presque incognito le cardinal américain William Levada, nul autre que le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, à son gala annuel auquel le commun des mortel pouvait assister moyennant des frais de 125 $.</p>
<p>À travers le Canada, le personnel de CCO compte plus d&#8217;une cinquantaine de personnes. L&#8217;organisation peut notamment compter sur l&#8217;appui de l&#8217;archevêque d&#8217;Ottawa, Mgr Terrence Prendergast.</p>
<p>Au moment de la rentrée des classes, ils seront présents sur les campus, en offrant du popcorn aux étudiants et en leur proposant des activités pour l&#8217;année scolaire.</p>
<p>Le diocèse de Québec a réalisé<a href="http://www.ecdq.tv/fr/videos/147702db07145348245dc5a2f2fe5683" target="_blank"> une vidéo à ce sujet</a> il y a quelques mois.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://philippevaillancourt.com/2010/08/influence-croissante-du-catholic-christian-outreach/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Abus sexuels : les protocoles fonctionnent</title>
		<link>http://philippevaillancourt.com/2010/06/abus-sexuels-les-protocoles-fonctionnent/</link>
		<comments>http://philippevaillancourt.com/2010/06/abus-sexuels-les-protocoles-fonctionnent/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 24 Jun 2010 20:23:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[abus sexuels]]></category>
		<category><![CDATA[Edmundston]]></category>
		<category><![CDATA[Mgr Richard Grecco]]></category>
		<category><![CDATA[Terre-Neuve]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philippevaillancourt.com/?p=493</guid>
		<description><![CDATA[Peu médiatisés, ils témoignent pourtant d'un changement de mentalité au sein de l'Église catholique canadienne.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Cet hiver, l&#8217;Église catholique canadienne a été relativement épargnée par la vague des scandales sexuels. Face aux craintes légitimes de la population canadienne, les diocèses ont rappelé qu&#8217;ils ont développé des protocoles à suivre en cas d&#8217;allégations d&#8217;abus sexuels. Plusieurs de ces protocoles existent depuis le début des années 90. Récemment, deux cas de prêtres suspendus dans les Maritimes ont permis de rappeler l&#8217;utilité de ces protocoles.</strong></p>
<p>Le premier cas de suspension concerne le diocèse de Charlottetown, à  l’Île-du-Prince-Édouard. Le 14 mai dernier, l&#8217;ordinaire du lieu, Mgr Richard Grecco, a reçu un appel en provenance du diocèse de Corner Brook et Labrador l’informant que le père George Smith faisait l’objet d’allégations d’abus. Ces allégations concernent des gestes qui auraient été commis alors qu’il était en poste à Terre-Neuve, c&#8217;est-à-dire avant 1994.</p>
<p>Mgr Grecco l’a suspendu sans hésiter, même s&#8217;il n&#8217;avait finalement que peu d&#8217;informations au sujet du prêtre.</p>
<p>« Je ne me suis pas renseigné au sujet de la nature des allégations car le protocole est clair : dès qu’une allégation survient, nous retirons la personne concernée de son lieu de travail », a déclaré Mgr Grecco à CBC.</p>
<p>Il n’a fallu que 24 heures à Richard Grecco pour réagir.</p>
<p>Les allégations au sujet du père Smith concernent des gestes qui remonteraient à la fin de années 80 ou au début des années 90.</p>
<p><strong>Sous enquête</strong><br />Ce n&#8217;est que plusieurs jours plus tard que l’évêque de Corner Brook et Labrador, Mgr Douglas Crosby, a confirmé que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) enquête désormais sur une plainte impliquant le père Smith ayant trait à des abus sexuels.</p>
<p>En raison de l’enquête qui est en cours, la GRC refuse pour l’instant d’émettre des commentaires dans ce dossier. Cependant, elle a précisé que la plainte provient d’un seul individu.</p>
<p><strong>Edmundston</strong><br />Toujours dans les Maritimes, le prêtre responsable des paroisses de Rivière-Verte et de Sainte-Anne-de-Madawaska, le père Joseph Numbi Phaku Mavambu, a été suspendu de ses fonctions par le diocèse d’Edmundston. Cela se passait également au cours du moi de mai.</p>
<p>Dans une lettre adressée aux paroissiens, l’évêque du diocèse d’Edmundston, Mgr Claude Champagne, a indiqué qu’il devait agir ainsi à la suite d’une plainte grave reçue à l’endroit du prêtre. Cependant, le diocèse a refusé de commenter davantage la situation.</p>
<p>Il est par ailleurs impossible de dire si les allégations concernent des abus sexuels. Après tout, une « plainte grave » laisse place à beaucoup d&#8217;imagination.</p>
<p>Toutefois, la suspension de ce prêtre tranche avec l&#8217;attitude qui aurait prévalu il y a quelques décennies et qui a justement été vivement dénoncée depuis le début de l&#8217;année. Peu de médias ont relevé ces suspensions. Dommage, car elles confirment avec éloquence ce qui était exigé cet hiver par les commentateurs de tout acabit : l&#8217;Église ne prend plus de telles allégations à la légères.</p>
<p><strong>Les « pommes et les oranges »</strong><br />Maintenant que le sujet est moins brûlant et qu&#8217;il est possible de porter un regard rétrospectif sur la tempête médiatique des derniers mois, une question aux apparences naïves surgit : de quoi débattait-on au juste ?</p>
<p>Il est effectivement étonnant de constater que le débat était en perpétuel mouvement et qu&#8217;il a connu un glissement continu d&#8217;une sphère à l&#8217;autre. En français courant, on dirait « comparer des pommes avec des oranges ».</p>
<p>Au début, puisque les cas concernaient surtout des pays européens, seuls quelques médias spécialisés du Québec ont relevé certains éléments particulièrement choquants. Ce n&#8217;est qu&#8217;une fois que le nom du frère du pape s&#8217;est mis à circuler que l&#8217;affaire à pris des proportions internationales.</p>
<p>Le frère du pape aurait-il été au courant, voire impliqué, dans des cas d&#8217;abus sur des enfants ? Les raccourcis trop faciles ont rapidement été défaits, mais le sujet était lancé.</p>
<p>Devant les révélations presque quotidiennes de nouveaux cas en Allemagne, en Autriche, , en Belgique, en Suisse, en Italie et aux Pays-Bas, plusieurs se demandaient jusqu&#8217;où irait le scandale. Évidemment, on cherchait des explications. C&#8217;est à partir de ce moment que le débat a connu un étonnant glissement, voguant allégrement d&#8217;une question à l&#8217;autre.</p>
<p>Pour le grand public, ce fut d&#8217;abord la faute du célibat des prêtres. Ensuite, ce fut l&#8217;exclusivité masculine de la prêtrise qui devait être remise en question.</p>
<p>Réagissant à cette tendance, plusieurs évêques ont rétorqué que les journalistes ne faisaient pas bien leur travail. Et un débat de plus : y a-t-il un biais dans les médias lorsqu&#8217;il est question d&#8217;Église ? La tentative de faire remonter les cas jusqu&#8217;au pape Benoît XVI a alimenté cette impression chez plusieurs croyants.</p>
<p>Il y a ensuite eu le débat de la gradation des horreurs. À grands coups de statistiques, on tentait de voir qui était le plus tordu : l&#8217;oncle incestueux, l&#8217;enseignant ou le prêtre ? Statistiquement, qui abuse le plus ? Une gradation farfelue et réductrice face aux horreurs commises.</p>
<p>Et pour la presse spécialisée en religion, il y a également eu le débat du ton à adopter pour parler de ces abus et du rôle de l&#8217;Église. Jusqu&#8217;à quel point cette presse devait « défendre » l&#8217;Église ?</p>
<p>Sur n&#8217;importe quel de ces « éléments de débat », y a-t-il vraiment eu des avancées, des remises en question profondes ?</p>
<p>Très peu.</p>
<p>Tout cela éloignait de la véritable question : comment prévenir ces cas, comment les punir et comment les guérir, collectivement et individuellement ?</p>
<p>Bien qu&#8217;imparfaite, la réponse de l&#8217;Église n&#8217;a effectivement pas eu une couverture médiatique suffisante. Le ménage dans la situation irlandaise est vigoureux, les leçons sont sévères. La gestion de la Légion du Christ, après les révélations sur la vie débauchée de son fondateur, le père Marcial Maciel (abus sexuels, maîtresses, enfants, inceste, drogue), est douloureuse mais exemplaire, même si le processus n&#8217;est pas encore terminé. À cet égard, le rôle déterminant du pape Benoît XVI a été largement occulté.</p>
<p>Enfin, plus humblement, les cas récents de suspensions de prêtres sont passés pratiquement sous silence. Pourtant, ils sont enfin la preuve concrète que l&#8217;Église semble avoir tiré les leçons qui s&#8217;imposent sur le terrain.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://philippevaillancourt.com/2010/06/abus-sexuels-les-protocoles-fonctionnent/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Ces craintes qui motivent les enjeux</title>
		<link>http://philippevaillancourt.com/2010/06/ces-craintes-qui-motivent-les-enjeux/</link>
		<comments>http://philippevaillancourt.com/2010/06/ces-craintes-qui-motivent-les-enjeux/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 24 Jun 2010 06:32:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[cours ECR]]></category>
		<category><![CDATA[École secondaire Loyola]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philippevaillancourt.com/?p=490</guid>
		<description><![CDATA[La saga juridique de l'École secondaire Loyola rappelle où se trouve le véritable débat de société.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le juge Gérard Dugré a pris son temps. <a href="http://www.jugements.qc.ca/php/decision.php?liste=46252591&amp;doc=7FF18D89A2AE5ADB9810CF4B60DAFDFCF774F8F11CE85819B903D21A6CECE9FD&amp;page=1" target="_blank">Sa décision</a> était attendue avant la fin de l&#8217;année 2009. Il aura finalement fallu attendre le 18 juin pour connaître le résultat d&#8217;une longue réflexion sur le droit de donner le cours Éthique et culture religieuse dans une perspective catholique.</strong></p>
<p>Pourtant, la décision semblait « imminente » en décembre dernier. Farniente ? Sûrement pas, si on regarde ce qui s&#8217;est passé il y a quelques mois&#8230;</p>
<p>L&#8217;école « endoctrine » nos jeunes, lançait au début du mois de décembre Joëlle Quérin, la sociologue qui a piloté une étude de l&#8217;Institut de recherche sur le Québec. <a href="http://irq.qc.ca/journal/2009/12/2/le-cours-ethique-et-culture-religieuse-au-service-du-multicu.html" target="_blank">Cette étude</a> a fait grand bruit, et a surtout permis de réaffirmer que le cours Éthique et culture religieuse pouvait devenir un terrain d&#8217;affrontement identitaire, tant pour la politique que pour la religion.</p>
<p>Cela aurait-il motivé le juge Dugré à revoir son approche ?</p>
<p>Au début de l&#8217;année 2010, deux manifestes ont retenu l&#8217;attention pour leur approche opposée de la laïcité. Il y a d&#8217;abord eu le <a href="http://www.pourunquebecpluraliste.org/le-texte/" target="_blank">Manifeste pour un Québec pluraliste</a> qui s&#8217;inquiétait d&#8217;une vision rigide de la laïcité. « Les critiques du pluralisme l&#8217;accusent souvent de rompre avec la trajectoire historique du Québec. Mais ce sont plutôt les tenants d&#8217;une laïcité stricte et d&#8217;un nationalisme identitaire conservateur qui choisissent la voie de la rupture », martelait le texte.</p>
<p>En réponse à ce manifeste, les « Intellectuels pour la laïcité » publiaient peu de temps après « <a href="http://www.quebeclaique.org/2010/03/declaration-des-intellectuels-pour-la.html" target="_blank">Pour un Québec laïque et pluraliste</a> », dans lequel ils pourfendaient la « laïcité ouverte ». « Pour qu&#8217;une société soit authentiquement pluraliste, c&#8217;est-à-dire respectueuse de la liberté de conscience, il est nécessaire que l&#8217;État et ses institutions s&#8217;obligent à une totale neutralité à l&#8217;égard des croyances religieuses et de l&#8217;incroyance. Cette neutralité signifie que l&#8217;État reconnaît et respecte la liberté de tous les citoyens d&#8217;adopter et de propager leurs convictions dans la mesure où cet exercice s&#8217;accomplit à l&#8217;intérieur des limites des lois de l&#8217;État », avançaient notamment les signataires.</p>
<p><strong>Le recours à la loi</strong><br />Le recours à la loi est de plus en plus tentant pour régler les questions inhérentes à la laïcité et à la religion dans l&#8217;espace public. L&#8217;école, le voile ou le crucifix risquent à tout moment d&#8217;être visés par une loi qui fixerait les paramètres de leur présence publique.</p>
<p>Dans un tel contexte, peu importe le camp, chacun revendique la reconnaissance ou la sanction juridique de ce qu&#8217;il juge être meilleur pour la société. Une telle attitude est d&#8217;ailleurs souvent le propre d&#8217;une démocratie en crise : le recours compulsif au droit, qui vise à trancher tout débat de fond de manière normative, et qui diminue l&#8217;importance des autres approches.</p>
<p>Le gouvernement du Québec, le ministère de l&#8217;Éducation en tête, a péché sur deux fronts à la fois. D&#8217;une part, son attitude trop conciliante envers certaines écoles juives a exaspéré une partie de la population québécoise. D&#8217;autre part, l&#8217;implantation du cours Éthique et culture religieuse a été plus difficile que prévue et, dans ce dossier, l&#8217;intransigeance du ministère a irrité plusieurs groupes, de parents ou non, confessionnels ou non.</p>
<p><strong>Loyola</strong><br />En termes de contenu, l&#8217;École secondaire Loyola était en avance sur le ministère. Elle donnait un cours semblable au cours ECR depuis un certain temps déjà. Elle a entrepris des démarches pour pouvoir continuer de donner son cours avant l&#8217;entrée en vigueur du cours ECR à l&#8217;automne 2008. Elle a dû porter sa cause devant les tribunaux pour avoir gain de cause.</p>
<p>Le juge Dugré reproche l&#8217;attitude du ministère de l&#8217;Éducation et de la ministre Michelle Courchesne, qui a refusé que le cours soit donné à Loyola dans une perspective catholique. Il juge également que le ministère a mal interprété la notion d&#8217;équivalence et que les cours offerts par Loyola sont effectivement équivalents au cours ECR. Enfin, il confirme que la possibilité pour une institution d&#8217;enseignement privée de donner un cours selon sa perspective de foi est garantie par l&#8217;article 3 de la Charte des droits et libertés de la personne.</p>
<p>En bref, il rappelle qu&#8217;une école catholique a le droit d&#8217;enseigner un cours traitant de religion&#8230; dans une perspective catholique. Ce qui semblait évident pour les parents, pour l&#8217;école et maintenant pour le juge ne l&#8217;est pas aux yeux du ministère, qui songe à faire appel de cette décision.</p>
<p>Le hic dans cette décision, c&#8217;est que la répercussion éventuelle de la décision inquiète davantage que le résultat concret du jugement. En effet, qui s&#8217;inquiète d&#8217;une poignée d&#8217;élèves qui reçoit un cours ECR dans une perspective catholique ? Par contre, par extrapolation, il devient, aux yeux de plusieurs partisans d&#8217;une laïcisation complète de l&#8217;éducation, beaucoup plus inquiétant d&#8217;imaginer les pires extrémistes s&#8217;infiltrer dans cette faille pour revendiquer le droit « d&#8217;endoctriner » leurs enfants en réclamant à leur tour la possibilité de le faire selon leur perspective.</p>
<p>C&#8217;est en partie cette crainte qui poussera le gouvernement à en appeler du jugement.</p>
<p>En contrepartie, tout un pan de croyants se réjouit de ce qu&#8217;on considère désormais être une « faille » dans le système laïcisant du cours ECR. Mais pour plusieurs d&#8217;entre eux, l&#8217;appréhension des éventuelles répercussions négatives sur la place de la religion dans l&#8217;espace public dépasse le dégoût de voir le ministère de l&#8217;Éducation imposer une approche « neutre » à l&#8217;enseignement d&#8217;un tel cours.</p>
<p>Cela fait beaucoup d&#8217;appréhensions. De part et d&#8217;autre. La peur de voir les « extrémistes religieux » s&#8217;infiltrer dans l&#8217;éducation versus la peur de voir des « anticléricaux laïcs » purger l&#8217;espace public des religions.</p>
<p>Rationnel ou irrationnel ? Pourquoi s&#8217;en faire, la Cour suprême va nous le dire, non ?</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://philippevaillancourt.com/2010/06/ces-craintes-qui-motivent-les-enjeux/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Communications : les petits défis des grands noms</title>
		<link>http://philippevaillancourt.com/2010/05/communications-les-petits-defis-des-grands-noms/</link>
		<comments>http://philippevaillancourt.com/2010/05/communications-les-petits-defis-des-grands-noms/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 18 May 2010 02:11:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Développement et Paix]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philippevaillancourt.com/?p=443</guid>
		<description><![CDATA[Analyse de cas à l'occasion de la Journée mondiale des communications sociales.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À l&#8217;occasion de la 44e Journée mondiale des communications sociales soulignée dimanche par l&#8217;Église catholique, ses membres étaient invités à réfléchir de manière particulière sur l&#8217;utilisation des moyens de communications en 2010. C&#8217;est notamment l&#8217;occasion de réaliser que, parfois, un simple nom peut, d&#8217;un point de vue communicationnel, poser bien des problèmes.</strong></p>
<p>L&#8217;organisme Développement et Paix est connu dans toutes les paroisses au Canada. Au Québec, ses campagnes axées sur une économie équitable, sur l&#8217;accès à l&#8217;eau potable et sur le partage des richesses lui attirent les sympathies d&#8217;un public élargi.</p>
<p>Il y a quelques années, le comédien Luc Picard était le porte-parole de l&#8217;organisme. Alors qu&#8217;il était invité par Michel Jasmin pour une entrevue télévisée, il a eu l&#8217;occasion de faire la promotion de Développement et Paix à l&#8217;antenne de TVA.</p>
<p>Malheureusement, la station a gaffé et a mal écrit le nom de l&#8217;organisme apparaissant à l&#8217;écran.</p>
<p>Développement <em>épais</em>.</p>
<p>Michel Jasmin avait beau appuyer fortement sur LA PAIX dans ses questions, espérant que quelqu&#8217;un de TVA réagirait derrière la caméra, mais peine perdue.</p>
<p>Dans le fond, c&#8217;est vrai que ça prête à confusion. TVA a présenté ses excuses par la suite, et a même donné des publicités gratuites à l&#8217;organisme. Mais auprès des médias de masse, l&#8217;organisme est aujourd&#8217;hui connu davantage pour cette « mémorable » erreur monumentale que pour son action.</p>
<p>Malheureusement, ce n&#8217;est pas la seule erreur dont est victime l&#8217;organisme. La très sérieuse ACDI (Agence canadienne de développement international) a déjà envoyé une lettre à l&#8217;organisme où il était écrit « Développement et peur ». Là, la confusion prend des allures métaphysiques.</p>
<p>Une autre dame qui faisait un don à l&#8217;organisme a écrit son chèque à l&#8217;ordre de « Des vêtements épais ». Wow. (Le pire, c&#8217;est que son chèque a été accepté. Re-wow.)</p>
<p>Les évêques du Canada, dont la conférence épiscopale chapeaute Développement et Paix, a ainsi été invitée à réfléchir au nom de l&#8217;organisme et à considérer un changement. Car même d&#8217;un point de vue officiel, le nom prête à confusion.</p>
<p>En fait, le véritable nom de Développement et Paix est Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix (OCCDP). Puisqu&#8217;il est attaché aux évêques canadiens, il est nécessairement bilingue. En anglais, il s&#8217;appelle Canadian Catholic Organization for Development and Peace. La version courte est identique au français : Development and Peace. Bien entendu, les confusions sont moins évidentes (quoique ce ne soit pas loin de Developement Hand Piece).</p>
<p>Mais bon, c&#8217;est la version française qui pose problème.</p>
<p>Pour éviter le jeu de mots « développement épais », la solution facile était de simplement inverser les deux mots. Développement et paix devenait Paix et développement. L&#8217;OCCPD.</p>
<p>Ou PD, pour les intimes.</p>
<p>Heureusement, quelqu&#8217;un a tiré la sonnette d&#8217;alarme avant que le changement soit apporté. Sinon, les donateurs feraient aujourd&#8217;hui des chèques à l&#8217;ordre de l&#8217;organisme « PD » de l&#8217;Église catholique, une situation pour le moins gênante, pour ne pas dire catastrophique.</p>
<p>Comme quoi ce n&#8217;est pas toujours la maîtrise d&#8217;une nouvelle technologie qui représente un défi&#8230;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://philippevaillancourt.com/2010/05/communications-les-petits-defis-des-grands-noms/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Pas le 7e ciel, mais tout comme&#8230;</title>
		<link>http://philippevaillancourt.com/2010/05/pas-le-7e-ciel-mais-tout-comme/</link>
		<comments>http://philippevaillancourt.com/2010/05/pas-le-7e-ciel-mais-tout-comme/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 06 May 2010 00:32:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[cardinal Jean-Claude Turcotte]]></category>
		<category><![CDATA[cardinal Marc Ouellet]]></category>
		<category><![CDATA[diocèse de Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Edgar Fruitier]]></category>
		<category><![CDATA[frère André]]></category>
		<category><![CDATA[Sélection]]></category>
		<category><![CDATA[sondage]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philippevaillancourt.com/?p=433</guid>
		<description><![CDATA[Le cardinal Turcotte se classe parmi les plus dignes de confiance au Québec selon un sondage.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Malgré la crise entourant les abus sexuels dans l’Église catholique, le cardinal Jean-Claude Turcotte fait partie des personnalités publiques auxquelles les Québécois font le plus confiance en 2010. L’archevêque de Montréal est passé de la 22e position en 2009 à la 7e position cette année. Il se place entre Céline Dion (6e) et Janette Bertrand (8e). La première position est occupée par le scientifique Hubert Reeves.</strong></p>
<p>Le cardinal est le seul évêque, toute dénomination confondue, à se classer dans la liste des quarante personnalités les plus dignes de confiance dans le <a href="http://www.selection.ca/cms/xcms/confiance--votre-palmar-s-2010_3743_a.html" target="_blank">Palmarès 2010 du Sélection</a> de Reader’s Digest. Cependant, il n’est pas la seule personnalité religieuse à obtenir une place de choix : le père Emmett Johns, le fameux « Père Pops », occupe la seconde position. L&#8217;an dernier, le Père Pops occupait le premier rang.</p>
<p>Ces hommes d’Église devancent notamment l’astronaute Julie Payette (9e), le populaire maire de Québec Régis Labeaume (13e) et les premiers ministres du Canada et du Québec (respectivement 30e et 39e).</p>
<p>Les résultats de ce sondage se trouvent dans le numéro du mois de mai de la revue Sélection. Cependant, il importe de noter que ce sondage fut réalisé au cours de l&#8217;automne 2009. Pour le premier ministre Stephen Harper, il ne pourrait donc pas tenir compte du mécontentement soulevé par la prorogation du parlement ou par l&#8217;épineux dossier des transferts de prisonniers afghans.</p>
<p>Ce qui est vrai pour Stephen Harper l&#8217;est aussi pour le cardinal Turcotte. Aurait-il obtenu d&#8217;aussi bons résultats si ce sondage Harris-Décima était effectué maintenant, après tout le tapage médiatique au sujet de la question des abus sexuels dans l&#8217;Église ?</p>
<p>Au-delà de ces spéculations, le cardinal s&#8217;en est plutôt bien tiré au cours des derniers mois.</p>
<p><strong>Occuper l&#8217;espace positivement</strong><br />Le cardinal Jean-Claude Turcotte a réussi à naviguer habilement sur la scène médiatique depuis quelques mois. Évitant les pièges, cette bonne performance est sans doute redevable au fait qu&#8217;il a su se retrouver à l&#8217;avant-scène pour des raisons « positives ».</p>
<p>Trois événements sont à retenir en ce qui concerne ses sorties publiques au cours des derniers mois.</p>
<p>1 &#8211; La sortie de son <a href="http://philippevaillancourt.com/2009/11/le-temps-dun-coffret/" target="_self">coffret de musique classique</a> avec le cardinal Marc Ouellet et le mélomane Edgar Fruitier lui a attiré les sympathies de bien du monde. Comme quoi la musique demeure une valeur universelle. Pour une rare fois, le cardinal pouvait parler aux médias d&#8217;un sujet plus léger où il n&#8217;avait pas à marcher sur des œufs. Même son passage à l&#8217;émission Tout le monde en parle, malgré un enregistrement tendu, fut considéré comme une opération réussie.</p>
<p>2 &#8211; L&#8217;annonce de la canonisation du frère André lui a permis encore une fois de se présenter face aux médias avec une bonne nouvelle. En conférence de presse à l&#8217;oratoire, sa métaphore filée comparant le processus de canonisation à un podium olympique et faisant du frère André un médaillé d&#8217;or a eu un bon écho dans les médias.</p>
<p>3 &#8211; À l&#8217;occasion de la collecte de sang du Vendredi Saint, le cardinal a osé aborder la question du scandale des abus sexuels. Ses propos n&#8217;ont pas été interprétés de la même manière dans tous les médias, mais TVA a principalement mis de l&#8217;avant la <a href="http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2010/04/20100402-190940.html" target="_blank">demande de pardon du cardinal</a> pour les abus sexuels, en plus de relever l&#8217;appui du cardinal pour le pape Benoît XVI. D&#8217;une pierre, deux coups. Malgré tout, en raison de la collecte de sang, le cardinal pouvait encore s&#8217;associer à une cause noble.</p>
<p><strong>Éviter la mauvaise presse</strong><br />Quelques mois auparavant, le cardinal avait été pris à partie par plusieurs commentateurs lorsqu&#8217;il a annoncé qu&#8217;il remettait sa médaille de l&#8217;Ordre du Canada pour protester contre l&#8217;accession à cet honneur du docteur Henry Morgentaler, reconnu pour son travail en faveur de l&#8217;avortement.</p>
<p>Par ailleurs, tout récemment, le diocèse de Montréal a été en partie sauvé par le scandale des abus sexuels. Au moment où la machine médiatique internationale s&#8217;emballait, le diocèse de Montréal était montré du doigt pour sa manière de gérer des <a href="http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2010/03/09/009-demission-st-denis-cure.shtml" target="_blank">allégations de fraude</a> chez certains prêtres. La pression commençait à monter au diocèse : les proches du cardinal étaient au courant, le cardinal lui-même le savait depuis longtemps. Le diocèse a même payé plusieurs milliers de dollars un vérificateur indépendant pour une enquête financière interne dans une des paroisses du diocèse. Même si le vérificateur a vivement recommandé de saisir la police de ce dossier, son rapport a été « tabletté », et les membres du clergé au courant de l&#8217;affaire avertis de ne parler ni aux médias, ni à la police.</p>
<p>Même si elle n&#8217;a pas été beaucoup médiatisée, cette affaire n&#8217;en est pas moins inquiétante pour un simple fait : le réflexe du silence, le désir d&#8217;étouffer l&#8217;affaire, de gérer le problème à l&#8217;interne, de régler ça « en famille ». Curieux : n&#8217;est-ce pas ce comportement « d&#8217;une autre époque » qui est aujourd&#8217;hui critiqué dans le dossier des abus sexuels ? Restera à voir si le passé est garant de l&#8217;avenir.</p>
<p>+++</p>
<p>Résultats du sondage :</p>
<p>1 &#8211; Hubert Reeves  <br />2 &#8211; Emmett Johns (Pops)<br />3 &#8211; Dr Gilles Julien<br />4 &#8211; Roméo Dallaire<br />5 &#8211; Pierre Bruneau<br />6 &#8211; Céline Dion<br />7 &#8211; Monseigneur Turcotte<br />8 &#8211; Janette Bertrand<br />9 &#8211; Julie Payette   <br />10 &#8211; Céline Galipeau<br />11 &#8211; Gilles Duceppe  <br />12 &#8211; Yvon Deschamps<br />13 &#8211; Régis Labeaume  <br />14 &#8211; Chantal Lacroix  <br />15 &#8211; Dan Bigras   <br />16 &#8211; Jacques Demers  <br />17 &#8211; Michaëlle Jean    <br />18 &#8211; Guylaine Tremblay  <br />19 &#8211; Alexandre Despatie   <br />20 &#8211; Sophie Thibault   <br />21 &#8211; Pauline Marois  <br />22 &#8211; Jean Lemire<br />23 &#8211; Michael Sabia  <br />24 &#8211; Laure Waridel    <br />25 &#8211; Julie Snyder    <br />26 &#8211; Véronique Cloutier    <br />27 &#8211; Jean Coutu   <br />28 &#8211; Richard Desjardins    <br />29 &#8211; Chloé Sainte-Marie    <br />30 &#8211; Stephen Harper    <br />31 &#8211; Robert Lepage    <br />32 &#8211; Karine Vanasse    <br />33 &#8211; Guy Laliberté    <br />34 &#8211; Fabienne Larouche    <br />35 &#8211; Michael Ignatieff  <br />36 &#8211; Paul Desmarais   <br />37 &#8211; Louis-José Houde <br />38 &#8211; Amir Khadir <br />39 &#8211; Jean Charest<br />40 -Mario Dumont</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://philippevaillancourt.com/2010/05/pas-le-7e-ciel-mais-tout-comme/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Abus sexuels : l&#8217;archevêque de Toronto révise (encore) les procédures</title>
		<link>http://philippevaillancourt.com/2010/04/toronto-revise-encore-les-procedures/</link>
		<comments>http://philippevaillancourt.com/2010/04/toronto-revise-encore-les-procedures/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 21 Apr 2010 01:16:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[abus sexuels]]></category>
		<category><![CDATA[Mgr Thomas Collins]]></category>
		<category><![CDATA[Toronto]]></category>
		<category><![CDATA[youtube]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philippevaillancourt.com/?p=419</guid>
		<description><![CDATA[Par une opération de communications publiques, Mgr Thomas Collins donne l'image d'un leader au sein de l'épiscopat canadien.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&#8217;archevêque de Toronto, Mgr Thomas Collins, a annoncé en fin de semaine une troisième révision de la procédure diocésaine en matière d&#8217;abus sexuels. La version originale remonte à 1989. Elle avait déjà été révisée en 1991 et en 2003. Mais cette fois, la révision sera faite par une équipe de laïcs.</strong></p>
<p>Depuis la fin de semaine dernière, les internautes peuvent voir sur le site de l&#8217;<a href="http://www.archtoronto.org/" target="_blank">archidiocèse de Toronto</a> <a href="http://www.youtube.com/watch?v=g2NlV-BFAqU" target="_blank">une vidéo de Mgr Collins</a>. Produite par l&#8217;équipe de Télévision Sel et Lumière, la vidéo présente simplement l&#8217;évêque lisant son texte mot pour mot sur un téléscripteur pendant sept minutes (!), avec pour seul décor une statue du Bon Pasteur à l&#8217;arrière-plan et une ambiance doucereuse composée de lumières tamisées. Mgr Collins lit son texte avec une voix douce sur fond de musique apaisante.</p>
<p>Datée du 17 avril, la lettre est disponible sur le site du diocèse de Toronto en anglais, en <a href="http://www.archtoronto.org/pdf/abuse-april10french.pdf" target="_blank">français</a>, en chinois, en espagnol, en portugais, en italien, en lituanien et en polonais.</p>
<p>« Depuis quelques semaines, on dirait qu&#8217;il ne se passe pas une journée sans qu&#8217;on entende parler de prêtres catholiques qui ont agressé des personnes confiées à leurs soins, ou de leurs supérieurs qui n&#8217;ont pas su réagir », lance Mgr Collins dès ses premières lignes.</p>
<p>L&#8217;évêque de Toronto rappelle ensuite le message qu&#8217;il avait livré aux prêtres il y a quelques semaines à l&#8217;occasion de la messe chrismale :« Nous devons tous tirer les leçons de nos erreurs, et cela vaut notamment des évêques qui ont parfois manqué à la responsabilité qu&#8217;ils ont d&#8217;agir de manière efficace. »</p>
<p>Dans sa lettre de deux pages, l&#8217;évêque réitère son appui au pape Benoît XVI, lui-même visé par des allégations de couverture de prêtres pédophiles depuis quelques semaines. Mgr Collins le présente comme l&#8217;artisan de la réforme de l&#8217;approche de l&#8217;Église catholique envers les cas d&#8217;abus sexuels.</p>
<p>Mais les éléments factuels ne sont amenés que dans la seconde partie de la lettre.</p>
<p>« Je vais […] demander à un groupe de laïcs qualifiés, reconnus pour leur expérience auprès des jeunes, en psychologie, en droit et en éthique, d&#8217;examiner attentivement ce que pourraient nous apprendre d&#8217;autres groupes et de formuler, d&#8217;ici le 31 juillet 2010, des recommandations visant à rendre notre procédure encore plus efficace », annonce Mgr Collins.</p>
<p>Enfin, il indique que ce n&#8217;est qu&#8217;une fois que cette troisième révision de la procédure diocésaine sera faite que les prêtres et les personnes engagées en pastorale dans le diocèse de Toronto réfléchiront sur « la meilleure façon […] de réagir au problème de l&#8217;abus sexuel dans l&#8217;Église et dans la société ».</p>
<p><strong>De l&#8217;audace</strong><br />Mgr Thomas Collins effectue ici une opération de relations publiques  intéressante. En s&#8217;adressant directement au téléspectateur et en reconnaissant le problème des abus sexuels dans l&#8217;Église, il ne se place pas en victime, mais plutôt en leader.</p>
<p>Mgr Collins fait partie de ces « jeunes » évêques canadiens qui incarnent en partie l&#8217;avenir de l&#8217;Église catholique au pays. Par ailleurs, maintenant que le cardinal Aloysius Ambrozic de Toronto, qui a fêté ses 80 ans il n&#8217;y a pas longtemps, ne peut plus voter en cas de conclave, il n&#8217;est pas impossible qu&#8217;un consistoire crée un nouveau cardinal canadien en la personne de Mgr Collins. À ce titre, il deviendrait en quelque sorte le cardinal du « Canada anglais ». Le fait qu&#8217;il puisse montrer à la fois une aisance à se retrouver à la une de l&#8217;actualité et qu&#8217;il le fasse sur un ton pastoral sans pour autant être complaisant sont de bons indicateurs d&#8217;un leadership de sa part au sein de l&#8217;Église canadienne.</p>
<p><strong>De l&#8217;action</strong><br />Fait à noter, l&#8217;évêque de Toronto commence par demander une révision de la procédure diocésaine en cas d&#8217;allégation d&#8217;inconduite AVANT d&#8217;entamer un processus de réflexion élargi. L&#8217;Église offre davantage la logique inverse : une longue réflexion précède souvent une décision.</p>
<p>Par ailleurs, l&#8217;évêque fait appel à des « laïcs qualifiés » pour  diriger le processus, et est ouvert aux idées venant « d&#8217;autres groupes ». Il s&#8217;agit de signes d&#8217;ouverture.</p>
<p><strong>Du silence</strong><br />L&#8217;observateur ne peut cependant s&#8217;empêcher de remarquer certains éléments absents de son discours.</p>
<p>Le diocèse de Toronto n&#8217;est pas entièrement à l&#8217;abri des cas d&#8217;abus sexuels, mais il n&#8217;a certes pas été celui le plus en cause en Ontario. Cependant, il y a quelques semaines, le <a href="http://www.theglobeandmail.com/news/national/vatican-canadian-church-officials-tried-to-keep-sex-scandal-secret/article1528471/" target="_blank">Globe and Mail</a> publiait une lettre de l&#8217;évêque de Pembroke <a href="http://beta.images.theglobeandmail.com/archive/00578/1993_letter_from_Bi_578903a.pdf" target="_blank">datant de 1993</a> dans laquelle l&#8217;évêque de Toronto était nommé, parmi d&#8217;autres évêques, comme faisant partie d&#8217;un cercle restreints d&#8217;individus parfaitement au courant d&#8217;allégations d&#8217;abus sexuels au sein de l&#8217;Église. Mgr Collins n&#8217;y fait aucune allusion.</p>
<p>La section annonçant les mesures qui seront prises dans les mois à venir conserve également une dose d&#8217;incertitude. Par exemple, quelle sera l&#8217;importance accordée aux recommandations qui seront émises par les « laïcs qualifiés » ?</p>
<p>Pourquoi l&#8217;évêque affirme dans sa lettre, en parlant de la procédure diocésaine qui sera révisée, qu&#8217;il « faut de nouveau la revoir » alors que, paradoxalement, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) affirme depuis plusieurs semaines qu&#8217;elle n&#8217;a pas l&#8217;intention de retoucher à son document phare en la matière, <a href="http://www.cccb.ca/site/content/view/1476/1019/lang,frc/" target="_blank"><em>De la souffrance à l&#8217;espérance</em></a> (1992) ?</p>
<p>Il y a dans ce « mais il faut la revoir » un sentiment d&#8217;urgence qui n&#8217;est pas partagé pour l&#8217;instant par les évêques canadiens. Cela dit, il importe de souligner que la CECC a elle-même mandaté un groupe de travail il y a quelques années pour réviser le document (2003-2005) et que des orientations ont été émises à l&#8217;intention des diocèses canadiens en 2007 pour les aider à réviser leurs protocoles de prévention.</p>
<p>En revanche, la CECC n&#8217;a aucun pouvoir coercitif sur les diocèses canadiens : ces derniers sont libres de suivre ou non les recommandations de la conférence épiscopale.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://philippevaillancourt.com/2010/04/toronto-revise-encore-les-procedures/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Quand le frère André se mêle de hockey</title>
		<link>http://philippevaillancourt.com/2010/03/quand-le-frere-andre-se-mele-de-hockey/</link>
		<comments>http://philippevaillancourt.com/2010/03/quand-le-frere-andre-se-mele-de-hockey/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 15 Mar 2010 04:25:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[frère André]]></category>
		<category><![CDATA[hockey]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[oratoire Saint-Joseph]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philippevaillancourt.com/?p=354</guid>
		<description><![CDATA[« Devine ce que j'avais dans ma main... »]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>« Ça fait deux ans jour pour jour », m&#8217;écrivait mon amie et consœur journaliste Brigitte le 19 février dernier.</strong></p>
<p>Alors que je venais de passer la journée à parler en ondes de l&#8217;annonce de la canonisation du frère André, son courriel me rappelait les circonstances extraordinaires qui ont menées à notre rencontre et du rôle étonnant du fondateur de l&#8217;oratoire dans cette rencontre.</p>
<p>En février 2009, j&#8217;ai fait une longue entrevue radiophonique avec le professeur Olivier Bauer, compatriote de Brigitte. Ce théologien suisse de l&#8217;Université de Montréal venait de publier un ouvrage intitulé <a href="http://www.fides.qc.ca/livre.php?id=322" target="_blank">La religion du Canadien de Montréal</a>. La Sainte Flanelle, les fantômes du Forum, les reliques, les prières spéciales pour la victoire : tout y passait.</p>
<p>Cette entrevue, à l&#8217;instar du livre du professeur Bauer, a suscité l&#8217;engouement de l&#8217;auditoire. Parmi tous les commentaires reçus suite à cette entrevue, le plus remarquable était sans contredit celui de Brigitte.</p>
<p>Avec sa permission, je vous raconte ce qu&#8217;il contenait. Cette histoire sera d&#8217;ailleurs utilisée ultérieurement par le professeur Bauer pour un ouvrage.</p>
<p><strong>Victoria</strong><br />Il y a deux ans, le professeur de Victoria (l&#8217;aînée de Brigitte) lui a demandé de faire un exposé oral au sujet d&#8217;un héros canadien. La petite a choisi de parler du frère André à ses camarades. En compagnie de sa mère, Victoria a acheté une poignée de médailles du frère à la boutique de l&#8217;oratoire dans le but d&#8217;en faire la distribution en classe.</p>
<p>L&#8217;exposé avait lieu le 19 février. Le soir même, Victoria et sa famille assistaient au match du Canadien dans une loge au Centre Bell en compagnie des collègues du père de Victoria.</p>
<p>Ce soir-là, le spectacle était franchement nul. Ou plutôt le Canadien était nul. Et avec lui, l&#8217;ambiance. L&#8217;équipe se traînait tellement les pieds qu&#8217;elle perdait déjà 5-0 à la moitié du match.</p>
<p>Ce qui devait être un agréable moment pour Victoria en compagnie de ses parents devenait profondément ennuyant. Voulant lui éviter une trop grande déception, Brigitte lui a suggéré, sans grande conviction, de demander au frère André d&#8217;aider le Canadien.</p>
<p>Alors que plus tôt dans la journée Victoria venait de présenter le frère André comme un héros canadien, Brigitte ne s&#8217;est pas gêné pour lui préciser « il te doit bien ça ! ».</p>
<p>Heureuse de ne plus avoir à regarder le massacre, Victoria se mit à prier le frère André, en tenant dans sa main la seule médaille qui lui restait de sa présentation orale.</p>
<p>Et le Canadien a marqué un premier but.</p>
<p>Plus étonnée que convaincue, Victoria y est allée d&#8217;une seconde prière.</p>
<p>Le Canadien a immédiatement marqué un deuxième but.</p>
<p>Amusés, les collègues lançaient à la blague que ça devait être l&#8217;action du frère André. Quel ne fut pas leur étonnement lorsque le Canadien marqua une troisième fois.</p>
<p>Ébahie, Victoria n&#8217;en croyait pas ses yeux. Elle a continué ses prières, et le Canadien a continué de marquer des buts. Si bien que ce soir-là du <a title="Youtube" href="http://www.youtube.com/watch?v=sGEwzY1E98M" target="_blank">19 février 2008</a>, le Canadien de Montréal a gagné 6-5 contre les Rangers de New York. Cette remontée historique qui s&#8217;est terminée en tirs de barrage constitue un record d&#8217;équipe.</p>
<p>« Ça fait deux ans jour pour jour », m&#8217;écrivait mon amie Brigitte le 19 février dernier, date à laquelle le pape Benoît XVI a annoncé la canonisation du frère André qui aura lieu le 17 octobre prochain. Le hasard a voulu que cette annonce tombe deux ans jour pour jour après ce fameux match qui demeure une soirée de rêve pour Victoria.</p>
<p>Bon, sans crier au miracle, il y a de ces coïncidences qui valent la peine d&#8217;être racontées. Si l&#8217;histoire semble d&#8217;intérêt pour un professeur de théologie, elle l&#8217;est sans doute pour les internautes.</p>
<p><strong>Crosby</strong><br />J&#8217;ai également demandé à Victoria, aujourd&#8217;hui adolescente, la permission de raconter son histoire. Elle a été impressionnée lorsque je lui ai bien fait comprendre que  son histoire sera lue par des milliers de personnes. Elle m&#8217;a ensuite demandé si j&#8217;avais regardé la finale du hockey masculin aux Jeux olympiques.</p>
<p>Effectivement, à l&#8217;instar de millions de Canadiens, j&#8217;ai vu Sidney Crosby marquer le but décisif en prolongation pour procurer la victoire 3 à 2 contre les États-Unis.</p>
<p>« Devine ce que j&#8217;avais dans ma main&#8230; », m&#8217;a-t-elle lancé avec un grand sourire.</p>
<p>Sa médaille du frère André, bien entendu.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://philippevaillancourt.com/2010/03/quand-le-frere-andre-se-mele-de-hockey/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Ignorance 1, patrimoine 0</title>
		<link>http://philippevaillancourt.com/2010/02/ignorance-1-patrimoine-0/</link>
		<comments>http://philippevaillancourt.com/2010/02/ignorance-1-patrimoine-0/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 03:24:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Matthieu Lachance</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[architecture]]></category>
		<category><![CDATA[ministère de la Culture]]></category>
		<category><![CDATA[patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Saint-Vincent-de-Paul]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philippevaillancourt.com/?p=340</guid>
		<description><![CDATA[La démolition de la façade de l'église Saint-Vincent-de-Paul à Québec se résume à un constat d'échec des mécanismes de protection du patrimoine au Québec.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La saga de la façade de l’église du Patro Saint-Vincent-de-Paul est terminée. Avec la démolition des derniers vestiges dans la dernière semaine de février, Québec vient de perdre un autre bâtiment phare de son patrimoine bâti. Car au-delà du sentimentalisme et des vieilles pierres, l’affaire de la destruction illégale du patro se sera surtout soldée par un cinglant constat d’échec à l’égard des mécanismes de protection du patrimoine au Québec.</strong></p>
<p>Pendant près de cinq ans, le débat sur la préservation de cette façade a été au cœur de l&#8217;actualité de la Vieille Capitale.</p>
<p>Le promoteur Jacques Robitaille, propriétaire du terrain, n’a jamais caché ses intentions : raser le patro pour y construire un nouvel hôtel. La démolition progressive de l&#8217;édifice, au croisement des artères les plus achalandées de la ville de Québec, enfreignait le règlement. Cela lui a bien valu quelques amendes, mais il n&#8217;aura finalement pas à les payer.</p>
<p><strong>Ignorance</strong><br />Le véritable débat sur la façade de Saint-Vincent-de-Paul dépasse les considérations historiques et stylistiques. Force est de constater que la prise de position du Ministère ne s’est jamais basée sur une analyse de la valeur du bâtiment (historique, culturelle, matérielle, économique et potentiel de recyclage) mais plutôt sur une réponse émotive aux évènements et surtout sur la nécessité de sauver la crédibilité de ses règlements en matière de préservation du patrimoine face à une opinion publique sceptique. Pari perdu.</p>
<p>Même après cette saga, on ne sait toujours presque rien sur la nature de l’édifice disparu. Idem pour la flamboyante chapelle du monastère des Franciscaines sur Grande-Allée détruite l’été dernier dans l’indifférence, scénario qui se reproduira avec le couvent Saint-Dominique, acquis par le Musée national des Beaux-Arts de Québec.</p>
<p>Dans ce brouillard, le ministère a peu de moyens de prendre des décisions réfléchies pour faire contrepoids aux projections économiques des promoteurs puisqu’il ne possède pas les faits sur le parc immobilier qu’il doit surveiller.</p>
<p>Le débat public est donc demeuré une question de sentiments instinctifs.</p>
<p>D’ailleurs, la publication récente des propos iconoclastes de l’architecte Henri Thibault ayant travaillé comme dessinateur lors de la reconstruction du patro après l’incendie de 1949 a bien illustré cette inculture collective en étalant sur la place publique son ignorance de l’histoire du monument en attribuant à son maître de l’époque des structures plutôt conçues en 1895 par l’architecte François-Xavier Berlinguet.</p>
<p>À l’opposé, l’architecte François Dufaux, collaborateur à la Chaire de recherche en Patrimoine religieux du Canada, expliquait récemment que lors de l’évaluation des options face à l’avenir de l’ancien Patro, ni le promoteur, ni l’architecte du projet, ni les instances gouvernementales n’ont remarqué un élément primordial, à savoir que cet ancien collège et pensionnat possédait un aménagement intérieur similaire à un hôtel en plus d’offrir de vastes espaces communs adaptés à la tenue de réceptions et de congrès.</p>
<p><strong>Vide documentaire</strong><br />Malheureusement, ce potentiel de recyclage qui aurait pu préserver le cachet de la Côte d’Abraham (située dans l’arrondissement historique reconnu comme patrimoine mondial par l’UNESCO en 1985) n’a pas été évalué, en partie par faute de documentation permettant de bien saisir les qualités de l’édifice.</p>
<p>À part quelques exceptions issues de l’acharnement de certains propriétaires et professionnels, il est impossible actuellement de qualifier notre patrimoine, d’en connaître la valeur et surtout la manière dont il s’est développé et pourra continuer à le faire. Sans informations, bien difficile d’envisager des recyclages, des consolidations de fonctions et de leur trouver une pertinence dans une ville en perpétuelle mutation.</p>
<p><strong>Caractère unique</strong><br />La situation du patrimoine religieux au Québec est d’autant plus inquiétante qu’il s’agit de la seule grande architecture qui a fleuri sur notre territoire et qu’il est mis en danger par la fermeture des paroisses et instituts religieux qui laissent ces monuments en déshérence et victimes des caprices du monde de l’immobilier. Quant aux monuments classés, très peu ont fait l’objet de relevés architecturaux sérieux permettant de les étudier ou de les reconstituer en cas de désastre.</p>
<p>Bref, le cas de Saint-Vincent-de-Paul semble typique d&#8217;une tendance lourde au sein du Québec du 21e siècle : un rejet massif du passé vu comme obstacle au progrès, une obsession maladive du présent considéré comme seul espace de réalisation collective et personnelle et une angoisse face à un avenir qu’on ne sait trop comment envisager.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://philippevaillancourt.com/2010/02/ignorance-1-patrimoine-0/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Saint-Jean-Longueuil 2.0</title>
		<link>http://philippevaillancourt.com/2010/02/saint-jean-longueuil-2-0/</link>
		<comments>http://philippevaillancourt.com/2010/02/saint-jean-longueuil-2-0/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 02:35:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Facebook]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Saint-Jean-Longueuil]]></category>
		<category><![CDATA[Twitter]]></category>
		<category><![CDATA[Vimeo]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philippevaillancourt.com/?p=320</guid>
		<description><![CDATA[Le diocèse catholique de Saint-Jean-Longueuil offre désormais le site Web diocésain le plus avancé au pays.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Oubliez les images GIF de colombes en vol, les Ave Maria en MIDI, les liens désuets et les mises à jour sporadiques qui caractérisent, au grand désarroi de plusieurs jeunes croyants, les sites Internet diocésains du Canada. Le diocèse catholique de Saint-Jean-Longueuil offre désormais le site Web le plus avancé au pays. Grâce à <a href="http://www.facebook.com/pages/Longueuil-QC/Diocese-de-Saint-Jean-Longueuil/239714012563" target="_blank">Facebook</a>, <a href="http://twitter.com/diosjl" target="_blank">Twitter</a>, <a href="http://blogue.dsjl.org/" target="_blank">WordPress </a>et <a href="http://vimeo.com/user2732214" target="_blank">Vimeo</a>, le <a href="http://www.dsjl.org/" target="_blank">www.dsjl.org</a> fait une entrée rafraîchissante dans le Web 2.0.</strong></p>
<p>Le lancement n’a lieu officiellement que le 18 février, mais l’essentiel du nouveau site est déjà en ligne. Le service des communications du diocèse présente sa nouvelle stratégie de communication Internet en n’hésitant pas à se présenter comme étant « le premier diocèse catholique romain au Canada a être présent sur les réseaux sociaux ».</p>
<p>Pour une trop rare fois, l’Église catholique donne l’impression d’être en avance en ce qui a trait aux nouvelles technologies de l&#8217;information. Car c’est bien beau d’inclure Facebook et consorts, mais encore faut-il les imbriquer de manière conviviale et intelligente dans un gabarit Web en évitant de le surcharger. Le pari semble réussi, du moins pour l’instant.</p>
<p>Trouver le numéro de téléphone d’une paroisse – une véritable corvée sur de nombreux sites – devient ici un jeu d’enfant. Il est même possible de télécharger la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vcard" target="_blank">vCard</a> et d’importer en quelques clics toutes les coordonnées du diocèse dans votre carnet d’adresses électroniques.</p>
<p>Grâce à Vimeo, le site offre également un contenu vidéo communautaire, un ajout non négligeable pour un Québec où les connexions à haut débit sont généralisées.</p>
<p>Le site propose également d’offrir une actualité régionale et internationale. Un pari risqué qui donnera une raison aux internautes de revenir régulièrement si c&#8217;est bien fait.</p>
<p><strong>Le défi</strong><br />
Le <a href="http://www.dsjl.org/" target="_blank">www.dsjl.org</a> a tout pour réussir. Si le site se démarque pour l’instant grâce à son aspect visuel soigné, ce n’est que dans deux ou trois ans qu’il sera possible de saisir l’ampleur de son influence. Car en bout de ligne, l’internaute s’intéresse au contenu. Le défi du diocèse consiste à assurer des mises à jour fréquentes, intéressantes et pertinentes, tant pour les paroissiens les plus assidus que pour les usagers occasionnels.</p>
<p>Mais surtout, ce diocèse a compris qu’il devient de plus en plus difficile de développer de « nouvelles stratégies d’évangélisation » et de parler de la beauté du message offert lorsque ce dernier passe par un véhicule visuel médiocre, qui beugle davantage le désarroi d’une Église en crise qu’il ne chante la « gloire du Christ »…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://philippevaillancourt.com/2010/02/saint-jean-longueuil-2-0/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le poids des cardinaux diminue au Canada</title>
		<link>http://philippevaillancourt.com/2010/01/le-poids-des-cardinaux-diminue-au-canada/</link>
		<comments>http://philippevaillancourt.com/2010/01/le-poids-des-cardinaux-diminue-au-canada/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 01 Feb 2010 01:46:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Aloysius Ambrozic]]></category>
		<category><![CDATA[Benoît XVI]]></category>
		<category><![CDATA[cardinal]]></category>
		<category><![CDATA[consistoire]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Paul II]]></category>
		<category><![CDATA[Mgr Maurice Couture]]></category>
		<category><![CDATA[Mgr Thomas Collins]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Paul VI]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slovénie]]></category>
		<category><![CDATA[Toronto]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://philippevaillancourt.com/?p=306</guid>
		<description><![CDATA[À 80 ans, le cardinal Ambrozic de Toronto ne peut plus voter en cas de conclave.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le cardinal Aloysius Ambrozic de Toronto a fêté son 80e anniversaire de naissance le 27 janvier. Même s&#8217;il demeure cardinal, il ne peut désormais plus voter en cas de conclave. Le poids du Canada en cas d&#8217;élection papale vient donc de diminuer de 33%, mais un éventuel consistoire dès l&#8217;automne prochain pourrait corriger la situation.<br />
</strong></p>
<p>Originaire de Slovénie, le cardinal Ambrozic fut archevêque de Toronto entre 1990 et 2006. Il a obtenu la pourpre cardinalice en 1998 pendant le pontificat de Jean-Paul II. L&#8217;actuel archevêque de Toronto, Mgr Thomas Collins, pourrait devenir cardinal au cours des prochains mois.</p>
<p><strong>À peine 55% d&#8217;électeurs</strong><br />
En date d&#8217;aujourd&#8217;hui, le Collège des cardinaux compte 182 membres, dont 111 cardinaux électeurs. Puisque le dernier consistoire remonte à 2007, plusieurs observateurs s&#8217;attendent à ce que de nouveaux cardinaux soient créés en 2010. Mais davantage qu&#8217;une question de temps, la convocation d&#8217;un autre consistoire répondrait avant tout à une nette diminution de cardinaux électeurs en 2010. D&#8217;ici le mois de novembre, 10 autres cardinaux fêteront leur 80e anniversaire, ne laissant un droit de vote qu&#8217;à 55% des membres du collège.</p>
<p>Cependant, en vertu des règles établies par le pape Paul VI, le nombre maximal de cardinaux électeurs est de 120. En novembre, le pape Benoît XVI disposerait donc d&#8217;un maximum de 19 postes à combler.</p>
<p><strong>Devenir cardinal n&#8217;est pas automatique</strong><br />
Certains postes débouchent souvent sur l&#8217;élévation au rang de cardinal. Les archevêques des grandes villes du monde, surtout en Europe, sont en général appelés à devenir cardinaux.</p>
<p>Au Canada, depuis la seconde moitié du XXe siècle, trois postes débouchent souvent sur une nomination au Collège. Il s&#8217;agit des archevêques de Québec, de Montréal et de Toronto. Cependant, cela ne suffit pas à créer un automatisme. Ainsi, rien ne garantit que Mgr Collins deviendra cardinal.</p>
<p><strong>Mgr Maurice Couture</strong><br />
Avant d&#8217;être remplacé par Marc Ouellet, Mgr Maurice Couture, aujourd&#8217;hui archevêque émérite de Québec, n&#8217;est jamais devenu cardinal. Pourtant, depuis le XIXe siècle, l&#8217;archevêque de Québec, primat du Canada, le devenait habituellement. Or, Jean-Paul II n&#8217;avait pas apprécié certains propos de Mgr Couture sur des sujets controversés dans l&#8217;Église, tel que la place de la femme. Pas suffisamment romain, Mgr Couture ne devint jamais cardinal, malgré sa forte popularité dans son archidiocèse.</p>
<p><strong>Un scandale à l&#8217;horizon ?</strong><br />
Si l&#8217;archevêque de Toronto devient cardinal cette année, tous les yeux se braqueront ensuite vers Montréal, où la question de la <a href="http://philippevaillancourt.com/2010/01/le-successeur-du-cardinal-turcotte-acte-1/" target="_self">succession du cardinal Turcotte</a> alimente déjà les discussions. Or, s&#8217;il est permis de croire que le nouvel archevêque de Montréal deviendra cardinal, l&#8217;exemple de Mgr Couture à Québec fait douter plusieurs prêtres du diocèse de Montréal. Sous le couvert de l&#8217;anonymat, plusieurs n&#8217;hésitent pas dire que le poste est « brûlé » pour un bon moment en raison de ce qu&#8217;ils jugent être un manque de rayonnement du diocèse.</p>
<p>Le prochain archevêque de Montréal pourrait donc devoir attendre quelques années avant de devenir cardinal. Les fidèles et les médias de Montréal se demanderaient alors pourquoi les anglophones de Toronto ont droit à un cardinal et pas les francophones de Montréal.</p>
<h5><em><a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ornements_ext%C3%A9rieurs_Cardinaux.svg" target="_blank">Image</a></em></h5>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://philippevaillancourt.com/2010/01/le-poids-des-cardinaux-diminue-au-canada/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
