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	<title>Crayon et goupillon &#187; Analyses</title>
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	<description>L&#039;actualité religieuse, vue du Québec</description>
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		<title>Radio Ville-Marie sabre dans le Proximo</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Feb 2012 02:28:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>

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		<description><![CDATA[La station réduit son offre en matière d'informations religieuses pour faire des économies.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La station radiophonique montréalaise Radio Ville-Marie a décidé de réduire les fonds alloués pour la production de son bulletin d&#8217;informations religieuses Proximo. Concrètement, cela veut dire que le bulletin offrira un pot-pourri des nouvelles parues sur le site Internet de Radio Ville-Marie au cours de la semaine, mais qu&#8217;en définitive il ne proposera désormais ni article original, ni entrevue.</strong></p>
<p>La décision a été prise à la mi-janvier par le directeur général sortant Jean-Guy Roy. Elle est motivée par des raisons financières, la station cherchant à faire des économies. Elle est entrée en vigueur dès le début du mois de février.</p>
<p>***</p>
<p>Je publie ici une courte réaction, puisque depuis la publication du Proximo du 3 février 2012, plusieurs personnes me demandent si j&#8217;en suis l&#8217;auteur. Non. Je ne suis plus l&#8217;auteur du Proximo.</p>
<p>Évidemment, je crois que le Proximo est un outil au potentiel incroyable. Autrement, je n&#8217;aurais pas consacré trois ans et demi de ma vie à y travailler. Vous aurez compris que cette annonce se résume essentiellement, pour l&#8217;instant, à la fin de mon contrat.</p>
<p>Lorsque j&#8217;ai commencé à gérer le Proximo en 2008, il y avait un peu plus de 2500 abonnés. Il y en a aujourd&#8217;hui près de 10 000.</p>
<p>J&#8217;ai longuement réfléchi à la meilleure manière de produire une information religieuse intéressante pour un grand nombre lorsque j&#8217;étais à Radio Ville-Marie et que j&#8217;ai hérité du Proximo. Bien entendu, les moyens sont limités. À commencer par le logiciel qui permet la mise en forme et l&#8217;envoi du bulletin. Or, il m&#8217;a rapidement semblé que quelques efforts ciblés permettraient de proposer chaque semaine des articles originaux susceptibles d&#8217;intéresser l&#8217;ensemble de la population, et pas seulement les chrétiens. Et je dis bien « ciblés », car la production du Proximo devait se faire en huit heures, ce qui comprenait la recherche, la gradation de l&#8217;information, les appels téléphoniques et les échanges de courriels pour les entrevues, les traductions à l&#8217;occasion, la rédaction, la correction, la mise en ligne et l&#8217;envoi. Il était donc malheureusement impossible de produire des articles sur tous les sujets qui auraient mérité qu&#8217;on s&#8217;y attarde. Il s&#8217;agissait donc de choisir en fonction des enjeux, ce qui me paraissait plus apte à faire réagir et à impliquer les lecteurs dans la nouvelle, et pas seulement en fonction de l&#8217;intérêt de tel ou tel sujet.</p>
<p>Par ailleurs, le rayonnement du Proximo est devenu apparent lorsque plusieurs de ses articles ont commencé à être repris régulièrement par l&#8217;<a href="http://www.kipa-apic.ch">Agence de presse internationale catholique</a>, basée en Suisse, et à l&#8217;occasion par le site Internet du journal La Croix, dans sa section <a href="http://www.la-croix.com/Religion/Urbi-Orbi/Le-Fil-d-Actu">Urbi et Orbi</a>. Sans compter les nombreuses réactions qu&#8217;il suscitait sur divers blogues catholiques dans le monde.</p>
<p>Il y a définitivement une niche pour un tel service au Québec.</p>
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		<title>Entre scandales et fraîcheur</title>
		<link>http://philippevaillancourt.com/2012/01/bilan2011/</link>
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		<pubDate>Sat, 07 Jan 2012 14:55:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Gérald C. Lacroix]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>
		<category><![CDATA[Kateri Tekakwitha]]></category>
		<category><![CDATA[Mgr Paul-André Durocher]]></category>
		<category><![CDATA[Raymond Lahey]]></category>

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		<description><![CDATA[Bref bilan des faits marquants de l'année 2011 de l'Église catholique canadienne.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’Église catholique canadienne a connu son lot de scandales en 2011. Alors que plusieurs cas d’abus se sont retrouvés devant les tribunaux, de vives tensions ont nourri le débat entre des forces progressistes et conservatrices au sein de l’Église autour de la question de la gestion de l’organisme catholique Développement et Paix (D&amp;P). Heureusement, quelques bonnes nouvelles ont parsemé ce parcours.</strong></p>
<p>L’une de ces bonnes nouvelles est toute récente. Après l’année 2010 marquée par la canonisation du frère André, voilà que Rome annonçait la canonisation prochaine de Kateri Tekakwitha quelques jours avant Noël. Cette annonce peut potentiellement marquer un pas de plus dans le processus de réconciliation qui dure depuis plusieurs années maintenant entre l’Église catholique et les peuples des Premières Nations au Canada.</p>
<p>Parallèlement, le visage de l’épiscopat québécois a changé avec, comme il fallait s’y attendre, plusieurs nominations. L’entrée en scène de Mgr Gérald Lacroix en mars dernier à Québec et de Mgr Paul-André Durocher à Gatineau en novembre marque l’arrivée de deux hommes charismatiques à la tête de diocèses clés. Chaleureux et proches de la population, leurs nominations furent bien reçues.</p>
<p>Ailleurs au Québec, l’arrivée à Nicolet de Mgr André Gazaille, à Sherbrooke de Mgr Luc Cyr, à Amos de Mgr Gilles Lemay, et la nomination de deux nouveaux évêques auxiliaires à Montréal et à Québec fut bien souvent l’occasion de célébrer pour les Églises locales.</p>
<p>Mais l’année fut assombrie par quelques cas retentissants qui se sont retrouvés devant la justice.</p>
<p>Le plus marquant d’entre eux fut peut-être le procès de Raymond Lahey, ancien évêque du diocèse d’Antigonish arrêté en 2009 à l’aéroport d’Ottawa en possession de pornographie juvénile. Ce dernier a plaidé coupable dès l’ouverture de son procès en mai, évitant ainsi que l’ensemble de la preuve contre lui soit étalé publiquement. Cela n’a pas empêché quelques informations sordides de filtrer dans les médias sur la nature des photos et des vidéos que contenaient ses ordinateurs. Jamais dans l’histoire canadienne un procès aussi compromettant n’avait mis directement en cause les valeurs morales d’un évêque catholique. Il connaîtra sa sentence le 4 janvier.</p>
<p>À Montréal, la Congrégation de Sainte-Croix, hantée depuis plusieurs années par des cas d’abus sexuels sur mineurs dans trois de ses institutions scolaires, est parvenue à conclure une entente hors cour de 18 millions $ avec les victimes.</p>
<p>Dans l’archidiocèse de Québec, deux autres cas ont défrayé les manchettes. D’abord, le procès de la médiatique France Bédard, présidente de l’Association des victimes de prêtres qui réclame 200 000 $ à la succession du prêtre Armand Therrien et à l’archevêque de Québec, a donné lieu à des interventions orales musclées de la part des avocats des deux partis. Mme Bédard affirme avoir été agressée sexuellement par Armand Therrien dans les années 60. Le juge a pris la cause en délibéré.</p>
<p>Ensuite, l’archidiocèse de Québec est parvenu à une entente avec Shirley Christensen dont les détails n’ont pas été dévoilés. Mme Christensen a été agressée sexuellement par le prêtre Paul-Henri Lachance alors qu’elle avait entre six et huit ans, entre 1979 et 1981. Elle réclamait 250 000 $ au civil.</p>
<p>À ces cas, il faut encore ajouter ceux de l’ancien diocèse de Yarmouth en Nouvelle-Écosse. L’archevêque d’Halifax, Mgr Anthony Mancini, a confirmé au cours de l’année que le diocèse (désormais fusionné à celui d’Halifax) a fait face à 22 plaintes pour abus sexuels, et que les dédommagements avoisinent les 3 millions $.</p>
<p>D’autres poursuites concernant des prêtres ont également lieu en Ontario et à Terre-Neuve.</p>
<p>Mais l’un des événements qui a le plus retenu l’attention des catholiques du Canada en 2011 fut sans contredit le débat entourant l’organisme catholique D&amp;P. Accusé de soutenir des groupes en faveur de l’avortement dans le cadre de certains projets de développement international, l’organisme essuyait un feu nourri depuis 2009 de la part de certains chiens de garde catholiques principalement situés en Ontario. L’une des nouveautés de l’affaire en 2011 fut que le débat s’est également transporté au Québec, où d’autres groupes se sont portés à la défense de l’organisme créé par la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC). L’affaire a rapidement pris des allures de confrontation ouverte sur Internet, chaque côté faisant valoir ses arguments. Prise dans ce tir croisé, la CECC assure qu’elle continue son travail de réforme de l’organisme, ce qui fait sourciller tous les acteurs de ce débat qui est encore loin d’être réglé et qui met aux prises, in fine, différentes conceptions de l’agir catholique dans la société et dans les pays en développement.</p>
<p>Chez les catholiques anglophones, l&#8217;introduction de la nouvelle traduction du Missel romain a été accueillie avec intérêt, malgré les nombreux détracteurs de la nouvelle mouture, souvent considérée par les pays anglophones comme une traduction imposée par Rome.</p>
<p>***</p>
<p>Photo : Kateri Tekakwitha, Paul-André Durocher (Gatineau), Gérald Lacroix (Québec), Raymond Lahey.</p>
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		<title>3 points de vue sur les rapports religions-médias au Québec</title>
		<link>http://philippevaillancourt.com/2011/11/3-points-de-vue-sur-les-rapports-religions-medias-au-quebec/</link>
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		<pubDate>Wed, 30 Nov 2011 23:04:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[ACPC]]></category>
		<category><![CDATA[Le Soleil]]></category>
		<category><![CDATA[médias]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Yves Therrien]]></category>

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		<description><![CDATA[Compte rendu du panel du 3 novembre à Québec.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 3 novembre avait lieu à Québec un panel consacré aux religions et aux médias. Intitulé <em>Religion et société : confrontation ou collaboration?</em>, il mettait en vedette trois acteurs québécois connu pour leur travail dans ces deux domaines : David Fines, pasteur de l’Église Unie et ancien rédacteur en chef de la revue réformée <em>Aujourd’hui Credo</em>, Gaëtane Larose, responsables des communications à l’archevêché de Sherbrooke et présidente de l’Association canadienne des périodiques catholiques, et Yves Therrien, un journaliste du <em>Soleil </em>détenteur d’une maîtrise en théologie.</strong></p>
<p>Puisque plusieurs événements ont abordé ce thème au cours des derniers mois (Centre culturel chrétien de Montréal en <a href="http://centreculturelchretiendemontreal.org/publications/MediasReligions.html">février</a>, les entretiens Jacques-Cartier en <a href="http://nouvelles.banq.qc.ca/archives/view.asp?ID=2048">octobre</a>), le premier défi du panel était d’établir sa pertinence dans cette vague récente de rencontres autour de ce thème.</p>
<p>Il ne fut pas aidé en cela par une surabondance soudaine de l’offre dans la ville de Québec le soir du 3 novembre. En effet, au même moment se tenait une conférence de Frédéric Mounier, correspondant permanent de La Croix à Rome, au <a href="http://www.lemontmartre.net/ressources/Le_Vatican_3Novembre_mounier.pdf">Montmartre canadien</a>. Les organisateurs du panel n’étaient pas heureux de ce conflit d’horaire, et pour cause : à peine une vingtaine de personnes ont finalement assisté à l’événement qui se tenait au Musée de la civilisation.</p>
<p>Le premier à prendre la parole fut David Fines. Puisqu’il ne pouvait être sur place, lui qui était retenu à Granby, il avait fait parvenir une vidéo de 20 minutes qui présentait l’allocution qu’il aurait dû livrer sur place. Mais il n’était pas le seul absent. L’animatrice de l’événement, la journaliste Catherine Lachaussée, ne pouvait être là non plus.</p>
<p><strong>Le point du vue du pasteur</strong><br />Après les excuses de circonstance, le pasteur David Fines a débuté sa vidéo en affirmant que la question des rapports entre les médias et la religion ne se pose pas souvent. C’était pourtant le troisième événement qui abordait cet enjeu en 2011…</p>
<p>David Fines a ensuite rappelé son parcours : il est devenu pasteur en 1991, a géré Aujourd’hui Credo, a participé à diverses émissions à l’antenne de Radio Ville-Marie, a rédigé plusieurs communiqués de presse pour l’Église Unie, etc.</p>
<p>Il a poursuivi en laissant entendre que la question de la place des religions dans les médias serait plus précaire au Québec : ailleurs, « dans le reste du monde », la religion aurait « pignon sur rue ». Il a justifié cette affirmation en donnant des exemples de cas européens, notamment en mentionnant le cas du journal La Croix.</p>
<p>Revenant au Québec, il s’est dit étonné de constater à quel point l’information religieuse circule ici en circuit fermé. « Ils [les médias religieux] ont un public cible, celui de nos églises, nos communautés, nos réseaux, mais en dehors de ça, peu d’impact et de présence dans la société civile », a-t-il relevé.</p>
<p>Il a évoqué la présence d’une aversion nationale envers la religion au Québec qui ne facilite en rien la tâche. Soulignant également l’ignorance généralisée des questions religieuses, le pasteur a indiqué qu’il y a très peu de journalistes formés à l’information religieuse.</p>
<p>David Fines a ensuite énuméré quelques médias religieux qui ont changé de vocation au cours des dernières années. Mais il a alors brandi un dépliant promotionnel de Radio Ville-Marie, en regrettant, « sans critiquer », que l’accent soit désormais mis davantage sur la culture et l’action sociale que sur le religieux.</p>
<p>Revenant à la question posée aux panélistes, « Religion et société : confrontation ou collaboration? », il n’a pris position pour aucune option. « Pour moi, c’est ni l’un ni l’autre ».</p>
<p>Selon lui, la société a pris une « énorme distance » envers la religion, et cela se reflète dans les médias. L’ignorance des journalistes sur cette question est aussi ce reflet. La religion est désormais « une banalité quotidienne comme une autre » qui ne soulève plus les passions.</p>
<p>« Est-ce qu’on peut changer quelque chose? »</p>
<p>« Je crois que les gens qui sont indifférents le resteront, quoi qu’on en fasse. Il n’y aura pas de printemps religieux dans les médias », a-t-il fait valoir, avant de préciser que les croyants ont d’autres problèmes plus urgents qui concernent leurs finances et leur membership, et qu’ils seraient « dépassés » en ce qui concerne la question du rapport aux médias.</p>
<p>David Fines a terminé sa présentation en mettant l’accent sur le témoignage, et sur le fait qu’être chrétien, c’est « rendre compte, rendre public ».</p>
<p><strong>Le point de vue d’une responsable des communications</strong><br />Ce fut ensuite le tour de Gaëtane Larose, responsable des communications à l’archevêché de Sherbrooke et présidente de l’Association canadienne des périodiques catholiques (ACPC).</p>
<p>Elle a d’emblée indiqué que son intervention sera celle d’une « praticienne en relations de presse », dans un contexte de production d’information régionale qui peut différer de celui des grands centres que sont Montréal et Québec.</p>
<p>Se remémorant ses débuts dans le métier au milieu des années 90, Mme Larose a évoqué un « âge d’or » de la collaboration avec les médias locaux, notamment avec le journal La Tribune. Mais cette situation privilégiée n’a pas duré. Le journaliste de La Tribune spécialisé en information religieuse a devancé sa retraite, peu enclin selon elle à suivre les nouvelles politiques du journal.</p>
<p>La présidente de l’ACPC a ensuite décrit la situation actuelle qui prévaut dans les rapports entre le catholicisme et les médias québécois : méconnaissance et préjugés défavorisent l’Église. Son travail de relationniste se fait différemment : les médias demandent ce qui les intéresse et sont plus méfiants envers ce qu’elle peut leur proposer. La collaboration est devenue méfiance.</p>
<p>Si elle s’est réjoui de la couverture médiatique locale entourant l’arrivée de Mgr Luc Cyr dans l’archidiocèse de Sherbrooke, elle a tout de même fait rigoler l’assemblée en rappelant que les deux sujets qui reviennent sans cesse dans ces mêmes médias, particulièrement chez les journalistes plus âgés, concernent le sacerdoce des femmes et le célibat des prêtres.</p>
<p>Elle a ensuite fait valoir qu’en tant que mass média, le cinéma a un impact important « qu’il ne faut pas négliger ». Car les films « ont un impact que nous n’aurions pas créé nous-mêmes ». Elle s’est notamment félicitée de la collaboration des diocèses catholiques au Québec lorsque le distributeur du film Des hommes et des dieux ici, Métropole Films Distribution, leur a demandé de leur prêter mains forte (gratuitement, dans la plupart des cas) pour la promotion.</p>
<p>Mme Larose a ensuite brièvement abordé la question de la pédophilie, un autre grand dossier qui suscite un intérêt médiatique. Selon elle, l’Église est dans une situation délicate, car on l’accuse de mutisme, mais pour les raisons légales, il est parfois déconseillé de commenter publiquement les cas.</p>
<p>La deuxième partie de sa présentation portait toutefois davantage sur la confrontation qu’elle observe entre les médias et l’Église.</p>
<p>Après avoir relevé des lacunes évidentes des médias aujourd’hui, dont un goût aigu pour les vedettes et pour une forme de journalisme spectacle, voire pour le sensationnalisme, elle a réfuté l’idée que la religion relèverait de la sphère privée.</p>
<p>Elle a reçu l’approbation d’Yves Therrien lorsqu’elle a déploré la tentation accrue de la presse écrite de « faire de la télé sur papier ».</p>
<p>« Chaque média devrait avoir un expert du religieux », a-t-elle insisté.</p>
<p>Évoquant la méfiance médiatique envers l’Église aujourd’hui, elle a rappelé que l’Église catholique a toujours eu, « malgré ses erreurs », une « option privilégiée pour les pauvres et les démunis ».</p>
<p>Mme Larose a conclu son intervention en indiquant que « l’Église doit être présente », et que pour cela elle peut « proposer un message non imposé ».</p>
<p>« Les Québécois ont besoin d’éclairage. » Un flou demeurait toutefois à savoir s’il s’agit d’un éclairage dans leur vie spirituelle et morale ou sur des questions religieuses.</p>
<p><strong>Le point du vue du journaliste</strong><br />La dernière intervention fut celle d’Yves Therrien, journaliste au journal Le Soleil, à Québec. M. Therrien détient une maîtrise en théologie.</p>
<p>En mâchant frénétiquement un chewing gum, le journaliste a d’abord mis en garde l’auditoire : « mes propos risquent d’être crus ». Il a ajouté que « les coups dans les genoux vont pleuvoir de part et d’autre », tant pour les médias que pour les religions.</p>
<p>À travers un bref survol historique de la presse au Québec, il a fait valoir que les médias, traditionnellement des « chiens de garde », sont aujourd’hui devenus des « vautours » qui se concentrent sur des « chairs putréfiées ». Ce faisant, les médias se sont éloignés de leur premier objectif.</p>
<p>Les trois « V » &#8211; vrai, vérifié, vérifiable – font trop souvent place aux trois « S » &#8211; sang, sexe, sport – au nom du profit.</p>
<p>M. Therrien a ensuite dénoncé l’utilisation des réseaux sociaux dans son métier, affirmant qu’il y est impossible d’avoir du recul, et qu’il s’agit davantage de sensationnalisme et de voyeurisme que de journalisme.</p>
<p>« Notre métier, comme celui de l’Église, est une recherche de la vérité. Je ne suis pas sûr qu’à Hérouxville on a fait ça », a-t-il indiqué. « Cette transformation de mon métier me déçoit. ».</p>
<p>S’attardant ensuite à l’Église catholique, son message était clair : « que l’Église ou les représentants religieux cessent de faire de la théologie ». Selon Yves Therrien, cette habitude de chercher à livrer une conception théologique rend l’intervention médiatique tout à fait indigeste. Le témoignage est nettement préférable, même si ce n’est pas toujours gagné.</p>
<p>« Les chrétiens, en général, sont pas « yâbe » pour le témoignage. J’suis un conteur d’histoire. Ça me prend quelqu’un qui a une histoire intéressante. » « Faut que dans ce monde-là, il y a ait des gens capables de s’ouvrir la trappe et de conter une bonne histoire », a-t-il martelé.</p>
<p>Yves Therrien a soutenu que l’Église et les médias peuvent s’entendre « quand tout le monde cherche la vérité ». Il a qualifié de « connerie » la recherche absolue du scandale.</p>
<p>Il a toutefois rappelé que sur une « patinoire régie par les règles des journalistes », l’Église peine à exceller. « L’Église catholique a encore un chemin de croix à marcher pour parler au peuple dans les médias », a illustré Therrien. « Ayez des vrais témoins crédibles. »</p>
<p>« L’Église n’a pas appris à parler aux médias. Elle a appris à évangéliser. Rencontrer un journaliste, c’est une forme de dialogue où des règles nous échappent. » Et selon le journaliste du Soleil, il faut que l’Église s’accommode de jouer selon ces règles.</p>
<p><strong>Échanges et questions</strong><br />Pendant la période de questions et d’échanges qui a suivi, certaines interventions se sont démarquées par leur pertinence.</p>
<p>La première intervention qui vaut la peine d’être soulignée fut celle d’un jeune étranger, qui a critiqué le manque de « stratégie » de l’Église catholique au Québec. Il a mis en valeur plusieurs cas français, dont le fameux <a href="http://www.presse-citron.net/la-pretres-academy-ou-quand-les-cures-partent-en-campagne">Prêtre Academy</a>, de même que celui du denier dans le diocèse de Saint-Étienne, ou encore la parodie d’une chanson de Claude François pour financer un <a href="http://www.leparisien.fr/societe/videos-des-moines-font-le-buzz-17-02-2011-1319255.php">monastère </a>dans le coin de Béziers.</p>
<p>À ces cas nous aurions même pu rajouter la campagne du denier du <a href="http://www.la-croix.com/Semaine-en-images/Jesus-crise-le-diocese-de-Nancy-assume-sa-pub-_NG_-2010-03-19-548619">diocèse de Nancy</a> (« En 2010 Jésus Crise, donnez que diable! »), ou celle de 2010 du <a href="http://rennes.catholique.fr/?Une-campagne-choc-pour-reveiller">diocèse de Rennes</a> (« Chez nous, tout est gratuit! », « L’Église est riche », « L’Église ne vous demande rien »).</p>
<p>Évoquant la « disparition de l’échelle des valeurs » des journalistes, Yves Therrien a renchéri en affirmant qu’il n’a pas encore compris comment l’Église ne réussit pas à présenter un message qui est pastoral et non pas théologique.</p>
<p>Pour ma part, cette remarque sur la stratégie m’a semblé plutôt naïve. Après tout, l’archidiocèse de Montréal a de solides campagnes publicitaires année après année. Celle du <a href="http://www.diocesemontreal.org/actualite/actualite/lecteur-actualites/items/un-clin-doeil-aux-automobilistes.html">printemps dernier</a>, au cours de laquelle un panneau situé à l’entrée du <a href="http://www.cyberpresse.ca/actualites/regional/montreal/201103/17/01-4380343-risque-deffondrement-partiel-du-pont-champlain-dit-un-rapport-dexperts.php">pont Champlain</a> affichait « Faites votre prière », était géniale. Et dans plusieurs diocèses ruraux québécois, il existe encore une proximité avec les médias locaux qui fait en sorte que le message, même s’il demeure souvent sobre, est malgré tout bien répercuté médiatiquement.</p>
<p>Mais ce n’est pas d’abord pour sa méconnaissance du contexte québécois qu’elle semblait naïve, ni pour son manque de tact. C’est surtout parce qu’en y regardant bien, ces campagnes françaises données en exemple ont toutes deux points en commun : elles concernent l’argent, et elles affichent une bonne dose d’autodérision.</p>
<p>Autrement dit, elles suscitent un intérêt le temps d’un buzz, histoire de récolter un peu d’argent sur une courte période de temps. Leur penchant pour l’autodérision pourrait laisser croire qu’enfin, l’Église a maîtrisé les « codes » de la communication moderne. Vraiment ? Après tout, des diocèses ou des communautés catholiques refuseraient sans doute d’appliquer cette « formule » à des questions plus profondes qui font appel à ses positions morales et théologiques (avortement, euthanasie, pédophilie). Il ne faut donc pas confondre l’impact d’une campagne publicitaire qui vise un projet d’Église et l’Église comme telle. Influencer la perception sociale d’un ethos ecclésial ne relève pas d’un « manque de stratégie » ou non.</p>
<p>La seconde intervention à souligner fut celle d’Yves Therrien lorsque je lui ai demandé de réagir aux propos d’un confrère journaliste. Dans un colloque dont le thème était à peu près semblable (Centre culturel chrétien de Montréal, février 2011), le chroniqueur judiciaire de La Presse, Yves Boisvert, affirmait grosso modo que s’il y avait réellement un marché pour l’information religieuse au Québec, chaque grand média aurait son spécialiste. J’ai simplement demandé aux intervenants de réagir à cette affirmation.</p>
<p>M. Therrien a d’abord indiqué que « le potentiel de lecteurs est plus élevé qu’on croit ». Selon lui, ce sont les patrons de presse qui ne sont pas intéressés. Il a ensuite raconté comment il avait proposé au Soleil un plan précis après le Congrès eucharistique à Québec en 2008 (les articles d’Yves Therrien à cette occasion avaient été très appréciés). Il a suggéré à ses patrons de produire une page par mois pour parler de religions. Mais l’idée n’a pas été retenue. D’après le journaliste, cela serait largement tributaire de la situation avec les annonceurs : à part les cimetières, peu d’entre eux voudraient retrouver leur publicité dans une telle page. Il n’y a donc « pas d’argent à faire ». Yves Therrien a ensuite eu le commentaire suivant : « Mon boss trouve que je lui coûte trop cher en faisant de la nouvelle religieuse. »</p>
<p>La réponse avait le mérite d’être claire.</p>
<p>***</p>
<p>Sur le blogue de l&#8217;ACPC, <a href="http://nouvellesacpc.blogspot.com/2011/11/panel-sur-religion-et-medias-quebec.html">René Tessier</a> (Pastorale-Québec) indique que le texte du journaliste Yves Therrien sera publié dans un de leurs prochains numéros.</p>
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		<title>Nouveau site Internet pour le diocèse de Saint-Jérôme</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Nov 2011 14:58:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Saint-Jérôme]]></category>

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		<description><![CDATA[Une nouvelle apparence un des contenus améliorés. Mais...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le diocèse de Saint-Jérôme a récemment procédé à la ligne en ligne de son nouveau site Internet. Ce faisant, il est passé d’un site amateur à un site à l’apparence corporative, pour son plus grand bien.</strong></p>
<p>Outre l’apparence visuelle qui est complètement remodelée avec des teintes de bleu, de jaune et de vert, le site offrira désormais une plus grande variété d’informations. L’évêque, Mgr Pierre Morissette, invite les internautes à le visiter régulièrement. « Vous y aurez, tout au moins, un endroit vous permettant d’en savoir un peu plus sur l’Église des Basses-Laurentides et sur tout ce qu’elle a à vous proposer », écrivait-il dans la première véritable publication du nouveau site, mise en ligne le 31 octobre.</p>
<p>L&#8217;ancien site est encore disponible à cette adresse : http://diocese-stjerome.qc.ca/</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://philippevaillancourt.com/wp-content/uploads/2011/11/diostjerome1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-914" title="diostjerome1" src="http://philippevaillancourt.com/wp-content/uploads/2011/11/diostjerome1-300x196.jpg" alt="" width="300" height="196" /></a></p>
<p>Le nouveau site se trouve à cette adresse : http://diocesestj.ca/</p>
<p><a href="http://philippevaillancourt.com/wp-content/uploads/2011/11/diostjerome2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-915" title="diostjerome2" src="http://philippevaillancourt.com/wp-content/uploads/2011/11/diostjerome2-300x287.jpg" alt="" width="300" height="287" /></a></p>
<p>***</p>
<p>Seul bémol du nouveau site : la photo qui trône au sommet de la page. La jeune famille en train de lire la Bible n’est pas des plus originales, ni des plus réalistes, si l&#8217;on tient compte du profil du catholique moyen au Québec&#8230; L’esthétisme de la photo semble réussi, jusqu’à ce qu’on s’attarde aux enfants. Le plus jeune, à gauche sur la photo, semble déprimé, tandis que son petit frère à droite pique un somme. Bref, cette photo aurait sa place si elle faisait partie d’une rotation d’en-têtes qui s’afficheraient en alternance, et qui présenteraient une variété plus représentative des gens qui forment véritablement le diocèse de Saint-Jérôme.</p>
<p>Pour ce qui est du contenu, l&#8217;avenir semble prometteur. Mais comme toujours, c&#8217;est sur une longue période que l&#8217;on arrive à bien juger un site Internet.</p>
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		<title>Médias et religions : état de la question au Québec en 70 pages</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Oct 2011 18:27:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[communications]]></category>
		<category><![CDATA[Fides]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[médias]]></category>

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		<description><![CDATA[Critique du livre nouvellement paru chez Fides.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les éditions Fides <a href="http://www.fides.qc.ca/livre.php?id=475">viennent de publier</a> à l’intérieur d’un même ouvrage les textes des conférences prononcées dans le cadre d’un colloque tenu en février 2011 au <a href="http://centreculturelchretiendemontreal.org/index.html">Centre culturel chrétien de Montréal </a>au sujet des médias et de la religion. En lisant le titre – <em>Médias et religions : sur la même longueur d’onde?</em> – on se demande avec lassitude s’il s’agira pour la énième fois d’un ouvrage s’affairant à présenter les oppositions entre le monde des médias et celui des religions. Avec ces trois auteurs, on se dit qu’il est heureusement permis d’espérer. Car Yves Boisvert, Rolande Parrot et Jean-Claude Leclerc réfléchissent à cet enjeu depuis plusieurs années dans le cadre de leurs fonctions.</strong></p>
<p><strong>Yves Boisvert</strong><br />Le premier texte du livre est celui d’Yves Boisvert, chroniqueur judiciaire à La Presse. Il mitraille plusieurs observations justes : la couverture religieuse est devenue anecdotique, les communiqués de presse épiscopaux n’ont plus d’impact, le lectorat jadis hostile envers l’Église lui est maintenant indifférent, les médias répercutent les positions les plus tranchées et les plus percutantes, donc les plus controversées&#8230;</p>
<p>Son propos le plus original concerne le marché de l’actualité religieuse au Québec. Selon lui, si un tel marché existait, chaque média développerait ce créneau. « La quasi-absence de tels chroniqueurs [religieux] est donc un effet du manque d’intérêt pour les questions religieuses chez le lectorat, et non la cause », croit-il. Autrement dit, ce n’est pas parce qu’on parle de religion que le sujet se met à intéresser les masses. Un peu comme le Plan Nord quoi.</p>
<p>Il y a là matière à réflexion, car il met en évidence l&#8217;une des questions délicates que la presse catholique doit affronter. Plusieurs dizaines de périodiques se divisent en effet un lectorat décroissant. Il y a peut-être quelques exceptions dans le lot, mais rien pour renverser le mouvement. Si l&#8217;on croit que Boisvert a raison sur ce point, il faut alors diversifier le contenu, revoir son approche et offrir moins de « religieux ». Si l&#8217;on croit qu&#8217;il a tort, encore faut-il en apporter la preuve, dont la preuve financière, et prouver qu&#8217;au contraire, le « religieux » est encore un bon vendeur auprès d&#8217;un public élargi.</p>
<p><strong>Rolande Parrot</strong><br />Le second texte est celui de Rolande Parrot. Ancienne responsable des communications de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, elle a aussi piloté la défunte revue L’Église canadienne. Jusqu’à tout récemment, elle animait une émission radiophonique produite par l’Office de catéchèse du Québec. Bref, une grande dame des communications religieuses au Québec.</p>
<p>Peut-être parce qu’elle a travaillé toute sa vie dans ce domaine, son propos sur l’Église et les médias laisse paraître à l&#8217;occasion une certaine amertume, surtout lorsqu’elle critique l’ignorance actuelle des jeunes journalistes face à l’Église. Tout en reconnaissant la qualité de la majorité des journalistes, elle s’étend sur quelques cas anecdotiques, mais omet de donner suffisamment de précisions. Par exemple, elle parle vaguement d’une « émission de divertissement de fin d’année » qui avait doublé les paroles du pape pour lui faire dire des bêtises lors de la canonisation du frère André. Elle fait ici référence sans le nommer à <a href="http://youtu.be/4-nhwBaB-x8">Infoman</a>. C’était dans une émission de fin d’année, oui, mais c’était surtout un montage produit deux mois plus tôt lors de la canonisation du frère André&#8230; et qui se voulait humoristique. Peut-être pas de très bon goût, mais pas journalistique non plus.</p>
<p>Cet exemple illustre d&#8217;ailleurs l&#8217;une des faiblesses de l&#8217;ouvrage : <em>Médias et religions</em> aurait plus justement pu s’appeler <em>Médias et Église  catholique au Québec</em>, puisque c’est presque exclusivement cet angle qui  est traité par les trois auteurs. Le titre laisse ainsi présager les questions qui surgiront lors de la lecture : s&#8217;agit-il de l&#8217;ensemble des médias de masse ou plus précisément du journalisme ? Parle-t-on de toutes les religions ou de l&#8217;Église catholique ? Et que met-on sous le vocable « Église » : des fidèles, des évêques, Rome ? C&#8217;est ce manque de justesse et de précision qui enlève parfois un peu de mordant aux arguments des auteurs.</p>
<p>Mais le texte de Rolande Parrot se démarque car il propose aussi des solutions. À cet égard, il est le plus stimulant des trois, car il s&#8217;aventure plus loin que la constatation de relations difficiles. Elle identifie par exemple trois critères pour que le message de l’Église ait une meilleure réception dans les médias : utiliser un « langage qui rejoint l’humain », proposer une « prise de parole des laïcs » et agir en « solidarité avec les organismes du milieu ». L’adéquation ou non de ces mesures pourrait en soi faire l’objet d’un débat fructueux, notamment en ce qui concerne les laïcs. Par exemple, dans la mesure où les médias cherchent des paroles d’autorité, quelqu’un pourrait tout à fait faire valoir que la prise de parole des laïcs n’est qu’un vœu pieux dans la mesure où l’autorité réelle exercée par des laïcs au sein de l’appareil ecclésial est encore minime. L’enjeu de la prise de parole médiatique se transporte alors sur le terrain des questions de l’exercice de l’autorité en Église, et amène davantage l’Église à se questionner elle-même.</p>
<p>Mme Parrot a le mérite d&#8217;offrir ses idées à un domaine où les penseurs se contentent trop souvent d’étaler de savantes observations sur l’état de la situation en évitant de proposer quoi que ce soit.</p>
<p><strong>Jean-Claude Leclerc</strong><br />Le dernier texte est celui de Jean-Claude Leclerc, aujourd’hui chroniqueur indépendant de la section Éthique et religion du journal Le Devoir. Il dresse un portrait historique du déclin de la spécialisation religieuse au sein des médias québécois et ose poser la question clé : « Encore de nos jours, une presse ouvertement catholique compte nombre de publications et de rédacteurs, souvent de calibre professionnel, mais sans grande influence dans la société. D’où la question qui hante les autorités ecclésiales et les catholiques : pourquoi les médias s’intéressent-ils si peu à la religion en général, et aux affaire catholiques en particulier? »</p>
<p>Sans affirmer détenir les réponses, il identifie cependant certains éléments structurels propres à l’Église qu’il appelle des « obstacles ». Il souligne notamment à gros traits la tentation de l’Église de regarder le journalisme comme un instrument d’apologétique, voire de catéchèse. « Et encore aujourd’hui, écrit-il, un Benoît XVI propose aux journalistes catholiques de faire œuvre catéchétique. »</p>
<p>Ce qu’il affirme avec aplomb toutefois, c’est que l’Église communique mal : « L’Église a peut-être déjà « parlé en langues », mais presque plus personne ne comprend sa langue d’aujourd’hui », tranche-t-il, avant d’ajouter que l’Église préfère désormais se fasciner pour l’organisation de gigantesques événements. Il ne les nomme pas, mais le lecteur comprend la référence aux Journées mondiales de la jeunesse et autres Congrès eucharistiques internationaux de la planète catho.</p>
<p>Il souligne bien quelques initiatives possibles à envisager, mais à cet égard, son couperet est implacable, tant pour le journalisme québécois que pour l&#8217;Église : « En tout cas, à voir l’état du journalisme québécois, on se surprend du peu d’audace et d’innovations en provenance des milieux religieux ».</p>
<p><strong>Bilan</strong><br />L’ouvrage offre en 70 pages une entrée en matière aux personnes qui désirent se familiariser avec les enjeux actuels concernant les rapports entre l’Église et les médias au Québec. Son petit format constitue sa principale force : il permet de pardonner le manque de développement de certains arguments et d’admirer la capacité de synthèse des auteurs, qui ont su résumer en quelques pages un enjeu aux ramifications complexes en encore peu élucidées. Tout cela donne un ouvrage d’introduction accessible autant aux néophytes qu’aux acteurs du milieu. Car le livre est définitivement destiné à un grand public, et non aux chercheurs. Ceux-ci y trouveront cependant quelques questions pertinentes qui permettront d’alimenter leur réflexion.</p>
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		<title>Crayon et goupillon dans Présence magazine</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Oct 2011 15:56:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
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		<category><![CDATA[ACPC]]></category>
		<category><![CDATA[médias]]></category>
		<category><![CDATA[Présence magazine]]></category>

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		<description><![CDATA[Le numéro de septembre-octobre 2011 lui consacre une demi-page.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La revue québécoise Présence magazine publie dans son numéro de septembre-octobre 2011 une présentation du blogue Crayon et goupillon. Elle est rédigée par François Gloutnay, le rédacteur du <a href="http://nouvellesacpc.blogspot.com/">blogue</a> de l’Association canadienne des périodiques catholiques.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://philippevaillancourt.com/wp-content/uploads/2011/10/PrésenceMag_septoct.jpg"><img class="size-medium wp-image-878 aligncenter" title="PrésenceMag_septoct" src="http://philippevaillancourt.com/wp-content/uploads/2011/10/PrésenceMag_septoct-155x300.jpg" alt="" width="155" height="300" /></a></p>
<p>Mais j’aimerais ajouter un mot sur François Gloutnay. Le nom est familier pour plusieurs, car on le retrouve à divers endroits : dans le Prions en Église chez les catholiques, dans diverses revues et à l’Agence de presse internationale catholique, en Suisse. Cette collaboration outre-atlantique dure d’ailleurs sans interruption depuis 13 ans. Il a été le premier au Québec à s’intéresser avec autant de de régularité et d’aussi près au développement du Web religieux.</p>
<p>Voici d’ailleurs sa première chronique sur le sujet, publiée en 1996 dans la défunte revue OCS-Nouvelles alors publiée par l’Office des communications sociales, qui a depuis changé son nom pour Communications et société. Notez que les adresses ne sont plus valides.</p>
<p><a href="http://philippevaillancourt.com/wp-content/uploads/2011/10/OCSN-1996-OctDc-p8.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-877" title="OCSN-1996-OctDc-p8" src="http://philippevaillancourt.com/wp-content/uploads/2011/10/OCSN-1996-OctDc-p8-300x237.jpg" alt="" width="300" height="237" /></a></p>
<p>Toujours sur le Web, il a longtemps eu une chronique à Radio Ville-Marie.</p>
<p>François s’intéresse aussi à l’histoire. Il possède peut-être la plus vaste collection au monde de cartes postales anciennes de Coaticook, qu’il collectionne en plus de celles de Chambly. Il est également responsable de la rédaction du bulletin <em>Le Voltigeur</em>, une publication de la Société d&#8217;histoire de la seigneurie de Chambly (www.societehistoirechambly.org).</p>
<p>Dans quelques années, lorsque nous regarderons ceux qui auront durablement influencé les communications ecclésiales au Québec, le nom de François Gloutnay aura une place de choix. Je me suis même surpris l&#8217;autre jour à dire qu&#8217;un site Internet avait été « gloutné », signifiant ainsi qu&#8217;il avait fait l&#8217;objet d&#8217;un article de François. L&#8217;expression restera peut-être&#8230;</p>
<p>Et puisque l’occasion ne se présente pas tous les jours, j&#8217;en profite pour féliciter l’équipe de <a href="http://www.presencemag.qc.ca/"><em>Présence magazine</em></a>. Cette publication est un exemple à suivre pour les périodiques catholiques québécois.</p>
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		<title>Le Canada anglais muet en cas de conclave</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Sep 2011 03:32:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[cardinal]]></category>
		<category><![CDATA[conclave]]></category>
		<category><![CDATA[Toronto]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite au décès du cardinal Ambrozic de Toronto.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le décès du cardinal Aloysius Ambrozic survenu le 26 août rend muet le Canada anglais en cas de conclave. Le Canada, qui comptait trois cardinaux électeurs lors du conclave de 2005 qui a élu le pape Benoît XVI, n’a désormais qu’un seul cardinal résidant encore au pays en la personne du cardinal Jean-Claude Turcotte.</strong></p>
<p>Mais ce dernier doit prochainement céder son poste d’archevêque de Montréal, puisqu’il atteint 75 ans. Le seul autre cardinal canadien encore en vie, Marc Ouellet, habite désormais à Rome. C’est donc dire que prochainement, aucun cardinal canadien ne sera en poste à la tête d’un diocèse, diminuant ainsi symboliquement et concrètement le poids du Canada au Collège des cardinaux.</p>
<p>Plusieurs observateurs croyaient que l’actuel archevêque de Toronto, Mgr Thomas Collins, serait créé cardinal lors du plus récent consistoire convoqué par Benoît XVI. Le rôle de cardinal, qui est d’une part symbolique, en raison de l’importance qu’il accorde à certains membres du clergé, et d’autre part pratique, en raison du statut d’électeur du futur pape en cas de conclave pour les candidats de moins de 80 ans, permet ainsi de mettre en relief le rôle de tel individu, ou de telle Église locale. Or, le cardinal Ambrozic, qui « représentait » le Canada anglais ne pouvait déjà plus voter en raison de son âge. Il pouvait toutefois être présent au conclave et participer aux discussions dans les coulisses d’une élection. Il semblait donc naturel que son successeur sur le siège épiscopal de la plus grande ville canadienne, Mgr Collins, accède à ce poste. Mais celui-ci – qui avait déjà commencé à recevoir des messages de félicitations tellement sa nomination semblait imminente – a été laissé de côté. Pour l’instant.</p>
<p>Ce consistoire de novembre 2010 était le troisième de Benoît XVI. Les deux autres ont eu lieu en mars 2006 et en novembre 2007. Benoît XVI n’a à ce jour nommé aucun cardinal canadien. Ces derniers étant tous de l’époque de Jean-Paul II. Le dernier cardinal canadien à avoir été créé est Marc Ouellet, en 2003.</p>
<p><strong>Liste complète des cardinaux canadiens</strong><br /><em><strong>Québec</strong></em><br />Elzéar-Alexandre Taschereau (1886)<br />Louis-Nazaire Bégin (1914)<br />Raymond-Marie Rouleau (1927)<br />Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve (1933)<br />Maurice Roy (1965)<br />Louis-Albert Vachon (1985)<br />Marc Ouellet (2003)</p>
<p><strong><em>Montréal</em></strong><br />Paul-Émile Léger (1953)<br />Paul Grégoire (1988)<br />Jean-Claude Turcotte (1994)</p>
<p><strong><em>Toronto</em></strong><br />James Charles McGuigan (1946)<br />Gerald Emmett Carter (1979)<br />Aloysius Ambrozic (1998)</p>
<p><strong><em>Winnipeg</em></strong><br />George Bernard Flahiff (1969)</p>
<p><strong><em>À Rome</em></strong><br />Édouard Gagnon (1985)</p>
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		<title>Sainte Anne, grand-mère acadienne</title>
		<link>http://philippevaillancourt.com/2011/07/sainte-anne-grand-mere-acadienne/</link>
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		<pubDate>Wed, 27 Jul 2011 19:28:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Acadie]]></category>
		<category><![CDATA[autochtones]]></category>
		<category><![CDATA[Sainte-Anne-de-Beaupré]]></category>
		<category><![CDATA[Sainte-Anne-du-Bocage]]></category>
		<category><![CDATA[Université de Moncton]]></category>

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		<description><![CDATA[Un nouveau livre explore avec audace l'univers symbolico-religieux du peuple Acadien autour de la dévotion à sainte Anne.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Immanquablement, la presse généraliste souligne chaque année la popularité de la dévotion à sainte Anne au Canada, particulièrement chez les francophones. Des milliers de personnes se rendent dans l’une des nombreuses églises dédiées  à la grand-mère de Jésus, et ce « malgré la baisse de la pratique religieuse ».</strong></p>
<p>La neuvaine à sainte Anne a lieu chaque année du 17 au 25 juillet et culmine avec la fête catholique de sainte Anne et de saint Joachim le 26. Elle demeure l’un des phénomènes de foi populaires les plus ancrés au pays.</p>
<p>Alors que les regards se tournent habituellement vers Sainte-Anne-de-Beaupré en raison de sa taille et de son prestige, d’autres sanctuaires attirent également des foules considérables. C’est notamment le cas de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte-Anne-du-Bocage">Sainte-Anne-du-Bocage</a>, situé à Caraquet, au Nouveau-Brunswick.</p>
<p>Cette année encore, le sanctuaire acadien a attiré plusieurs centaines de personnes.</p>
<p>Dans son livre intitulé <a href="http://www.pulaval.com/catalogue/culte-sainte-anne-acadie-9612.html"><em>Le culte à sainte Anne en Acadie</em></a>, la professeure Denise Lamontagne livre les résultats d’une étude ethnohistorique. Elle y montre comment la figure de Notre-Dame de l’Assomption, proposée par les élites clérico-nationalistes acadiennes à la fin du 19e siècle, n’a jamais réussi à remplacer sainte Anne dans le cœur des Acadiens, et comment la dévotion en la sainte grand-mère a des racines très profondes dans l’histoire de l’Acadie.</p>
<p><strong>Assomption vs. sainte Anne</strong><br />En effet, note la Québécoise d’origine, le <a href="http://www.upstjeaneudes.com/pastorale/stanne.html">premier pèlerinage au Bocage remonte à 1880</a>, époque qui coïncide avec la montée du patriotisme acadien et la promotion de Notre-Dame de l’Assomption.</p>
<p>« C’est paradoxal : au moment où commencent les pèlerinages à sainte Anne, il y a la promotion  du culte à Marie en Acadie. Et on ne note aucune complémentarité entre les deux cultes », souligne la professeure Lamontagne en entrevue téléphonique.</p>
<p>Les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_nationale_des_Acadiens">Conventions nationales acadiennes</a> de la fin du 19e siècle ont arrêté les symboles acadiens les plus connus aujourd’hui : le tricolore étoilé est devenu le drapeau officiel, l’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ave_Maris_Stella">Ave Maris Stella</a> l’hymne national, et Notre-Dame de l’Assomption – avec sa fête du 15 août – la patronne officielle. L’adoption de ces symboles est largement redevable à l’action militante d’un prêtre appelé <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel-Fran%C3%A7ois_Richard">Marcel-François Richard</a> (1847-1915). Pour l’homme d’Église, sainte Anne était la sainte des « sauvages » et saint Jean Baptiste le saint des Québécois. Seule Marie convenait parfaitement aux Acadiens.</p>
<p>Mais plus de 100 ans après l’adoption de ces symboles, sainte Anne demeure toujours aussi populaire, et le sanctuaire du Bocage situé sur le territoire du diocèse de Bathurst continue d’attirer les foules.</p>
<p>« Sainte-Anne-du-Bocage, c’est devenu un lieu de piété exemplaire. On y note une résistance au processus d’assimilation au culte marial, indique Denise Lamontagne. Historiquement, il y a une infiltration de la part des clercs, qui imposent Marie dans la liturgie et dans les chants. Le Bocage devient un lieu d’enseignement de Marie. On chante l’Ave Maris Stella et divers chants à Marie. La démarche pèlerine fait l’objet d’une récupération des élites, pour la recentrer autour de Marie. Ça  devient un lieu de rationalisation autour de Marie. Mais est-ce que les gens écoutent ? Ça, c’est une autre histoire… »</p>
<p>Il n’est pas facile de changer les habitudes en matière de dévotion. Après tout, la dévotion à sainte Anne remonte aux premiers temps de l’Acadie coloniale, avec le fort Sainte-Anne, au Cap-Breton.</p>
<p>« Dès le départ, c’est sainte Anne qui vient convertir le « nouveau monde ». Sa figure féminine permet la conversion des habitants de l’Acadie coloniale, alors un territoire principalement amérindien qui couvre presque toutes les maritimes. Sainte Anne était taillée sur mesure pour les Amérindiens », rappelle Denise Lamontagne.</p>
<p><strong>Nogami</strong><br />En raison de leur mythologie qui accorde une grande place aux ancêtres, et qui fait de l’âge et de l’expérience les sources de la sagesse, les Amérindiens étaient plus sensibles à sainte Anne. D’ailleurs, à l’instar de Marie de l’Incarnation à Québec, certains missionnaires apprenaient la culture amérindienne et la langue micmaque afin de mieux communiquer avec les autochtones. Comme quoi l’actuelle préoccupation de l’Église catholique pour les médias sociaux dans un souci de communiquer avec la culture ambiante n’est pas une idée si nouvelle…</p>
<p>La mythologie micmaque avait son Grand Manitou, appelé Mento, et sa grand-mère universelle, appelée Nogami. Sainte Anne a en quelque sorte pris le relai de Nogami avec l’arrivée des chrétiens.</p>
<p><strong>Le Dimanche des Pêcheurs</strong><br />Encore aujourd’hui, chaque dernier dimanche du mois de juin est consacré aux Première Nations au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré. On fait remonter l’événement aux pèlerinages qu’effectuaient les missionnaires jésuites avec des autochtones dès le 17e siècle.</p>
<p>Mais au sanctuaire du Bocage, les Amérindiens sont moins présents. Car au Bocage, une autre tradition fait du dimanche suivant la fête de sainte Anne (le 31 juillet en 2011) le Dimanche des Pêcheurs. Le rôle maritime de sainte Anne demeure encore à l’avant-plan en Acadie. Sont-ce les relations tendues autour des droits de pêches ancestraux qui rendent la cohabitation plus difficile entre Blancs et Autochtones au Bocage ? Pas nécessairement, bien que ce ne soit pas impossible. Dans les faits, les Premières Nations se déplacent davantage vers Sainte-Anne-de-Beaupré pour vénérer sainte Anne.</p>
<p>« La grande originalité de Sainte-Anne-du-Bocage, c’est la vocation maritime. C’est encore très important aujourd’hui. Il y a toujours le Dimanche des Pêcheurs. C’est l’occasion de prier et de procéder à la bénédiction des bateaux », fait remarquer Mme Lamontagne.</p>
<p>« La bénédiction des bateaux persiste encore aujourd’hui. Malgré tout. Pourtant, on pourrait dire qu’avec toute la technologie présente sur les bateaux, on pourrait s’en passer. Mais non, c’est encore là. C’est étonnant », admet-elle en faisant référence aux nombreux outils de navigation et de sécurité dont disposent les marins en 2011.</p>
<p><strong>Sainte Anne, symbole maritime</strong><br />Même si les symboles acadiens officiels ne font pas de place à sainte Anne, celle-ci occupe quand même l’espace symbolique « non-officiel ».</p>
<p>Officiellement, l’étoile de Marie sur le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Drapeau_de_l%27Acadie">drapeau acadien</a> représente la mer et l’idée que les marins utilisaient les étoiles pour s’orienter. L’hymne national – l’Ave Maris Stella – fait référence à Marie en tant qu’« Étoile de la mer ».</p>
<p>Denise Lamontagne le note bien : « on ne retrouve pas dans les archives orales l’idée que Marie aide les marins. C’est sainte Anne qui les aide ».</p>
<p>La professeure illustre cet exemple avec une habitude concrète qui persiste encore aujourd’hui : quand on refait les coques des bateaux, on y retrouve encore des médailles de sainte Anne incrustées.</p>
<p>Mais le symbole maritime va beaucoup plus loin.</p>
<p>« C’est important de ramener de l’eau de sainte Anne. On voit même des gens qui, sans avoir un culte à sainte Anne, vienne chercher de l’eau dans cette source », souligne l’experte.</p>
<p><strong>Pratiques populaire</strong><br />Même le papier, objet inflammable s’il en est un, des <a href="http://www.revuesainteanne.ca/boutique/fr/larevue.html">Annales de sainte Anne</a> produites par le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré était assimilé au symbole de l’eau.</p>
<p>« Les Acadiens ont eu le génie pratique, à partir d’une confiance en sainte Anne, de s’en servir pour arrêter les feux », poursuit Denise Lamontagne.</p>
<p>« On collait des Annales de sainte Anne dans les fenêtres ! S’il y avait un feu dans le village, on mettait les revues dans les fenêtres pour l’arrêter ! Cela est vraiment à mettre en lien avec la vocation maritime de sainte Anne. C’est l’élément « eau » qui vient en quelque sorte neutraliser le feu. »</p>
<p>Deuxième pratique indissociable de l’élément aqueux : pour retrouver un noyé, on allait mettre une image de sainte Anne à l’eau. Là où elle coulait, se trouvait le corps du noyé…</p>
<p>Enfin, jusqu’à tout récemment, un énorme filet de pêche était déposé aux pieds de la statue de sainte Anne au Bocage.</p>
<p>« Ce sont des pratiques qui viennent de façon spontanée. C’est la confiance, la foi en cette princesse des eaux, qui leur permet d’avoir ces pratiques-là.</p>
<p><strong>Une sainte Anne encore pure</strong><br />Selon Denise Lamontagne, ces pratiques témoignent d’un attachement à une sainte Anne plus originelle, moins révisée par l’Église catholique. Elle souligne par exemple que le modèle français de la « sainte Anne au livre » est encore celui qui domine au Bocage. Le livre que tient sainte Anne dans cette représentation souligne à la fois la sagesse et l’enseignement.</p>
<p>« À Sainte-Anne-de-Beaupré, sainte Anne n’a plus le livre. Elle devient une domestique. La grande thaumaturge, l’omnipotente, devient maîtresse de maison ! »</p>
<p>Une situation qui ne l’étonne pas.</p>
<p>« Des lieux comme Sainte-Anne-de-Beaupré ou l’Oratoire Saint-Joseph sont les lieux de pèlerinage majeurs. À côté, il y a toujours eu des lieux mineurs, qui font moins l’objet d’une censure doctrinale. Leur originalité vient d’une faible attention à réviser et à adapter [des autorités ecclésiales]. Le sanctuaire du Bocage a donc gardé le culte des origines, avec une sainte Anne qui demeure dans la pureté des origines. »</p>
<p>Évidemment, ajoute-t-elle, les Rédemptoristes de Sainte-Anne-de-Beaupré ne tiendraient certainement pas le même discours…</p>
<p><strong>Spécificité acadienne</strong><br />Le Bocage est ainsi le reflet d’une forme d’indépendance propre aux marins, qui ont encore aujourd’hui une place prépondérante dans la culture acadienne.</p>
<p>« Les marins sont réputés être indépendants, rebelles et résistants. Historiquement, les prêtres ont toujours davantage cherché à convertir les gens de la terre, et non les gens de la mer. »</p>
<p>« Le peuple acadien est un peuple à la géographie apocryphe. Il n’a pas de lieu. L’Acadie, ça relève du cœur. L’Acadie est partout dans le monde. Ce n’est pas un pays imaginaire, c’est un pays réel, mais sans balise géographique ou territoriale. Et cela est typique de sainte Anne, surtout pour les marins. Le regard porte sur l’horizon. »</p>
<p>Un horizon sans délimitation précise, sinon que sa force d’exister. À l’instar de sainte Anne, que la Bible ne mentionne pas, mais dont la dévotion a toujours été présente dans l’Église.</p>
<p>Sainte Anne, c’est la victoire de la foi populaire.</p>
<p>« La foi populaire est là pour répondre aux besoins du vivant. Elle veut vivre ici, maintenant, et bien vivre. Elle ne juge pas. Elle n’est pas le lieu du dogme. À l’image du Christ et à l’image de sainte Anne, elle ne juge pas : elle est du côté des marginaux, des sans voix. D’où l’idée que « quand maman qui non, demande à grand-mère ».</p>
<p>***</p>
<p>Pour en savoir davantage, on peut lire<em> <a href="http://www.pulaval.com/catalogue/culte-sainte-anne-acadie-9612.html">Le culte à sainte Anne en Acadie</a></em> de Denise Lamontagne paru en 2011 aux Presses de l’Université Laval. L&#8217;ouvrage est remarquable et est digne d&#8217;intérêt tant pour les Québécois que pour les Acadiens.</p>
<p>***</p>
<p>Signe que la dévotion à sainte Anne traverse les âges et les épreuves : tant les Rédemptoristes de Sainte-Anne-de-Beaupré que le diocèse de Bathurst ont été marqués ces derniers mois par des scandales d&#8217;abus sexuels. Il n&#8217;en est pratiquement pas question, la séparation entre la dévotion et ces sagas juridiques étant presque complète.</p>
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		<title>Affaire Développement et Paix : chronologie des événements</title>
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		<pubDate>Tue, 31 May 2011 02:15:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[CECC]]></category>
		<category><![CDATA[Développement et Paix]]></category>

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		<description><![CDATA[Les moments marquants pour comprendre le débat de l'heure dans l'Église canadienne.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Afin de faciliter la compréhension de l’affaire Développement et Paix (D&amp;P), voici une chronologie des événements relatifs à cette affaire. Depuis quelques semaines, plusieurs personnes (amis, connaissances, lecteurs) m&#8217;indiquaient que cela les aiderait à mieux saisir les enjeux.</strong></p>
<p>Le débat remonte à 2009. Dans les premiers mois de l’année, quelques sites Internet canadiens, dont LifeSiteNews, alléguaient que D&amp;P appuyait des groupes en faveur de l’avortement, notamment au Mexique. L’affaire ayant pris de l’ampleur, quelques diocèses canadiens avaient décidé de retenir l’argent de la campagne annuelle Carême de partage destiné à l’organisme en attendant que la lumière soit faite sur cette affaire.</p>
<p>Suite à une enquête menée au Mexique, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) avait conclu que l’organisme n’avait rien à se reprocher, et elle l’incitait à la prudence.</p>
<p>Les sites Internet d’où émanaient les allégations considèrent encore aujourd’hui que leurs <a href="http://www.lifesitenews.com/resources/development-and-peace">arguments contre Développement et Paix et ses partenaires</a> n’ont jamais été réfutés, et qu’ils demeurent valident.</p>
<p>Développement et Paix a été fondé par les évêques du Canada, en 1967, devenant ainsi l’agence officielle de développement et de secours d’urgence dans les pays du Sud.  Il agit aussi comme représentant canadien de Caritas Internationalis.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>2009</strong></span><br /><strong>7 avril</strong> : la CECC <a href="http://www.cccb.ca/site/frc/salle-de-presse/archives/communiques/2009/2685-les-eveques-du-canada-etablissent-un-comite-denquete-a-la-suite-des-allegations-sur-developpement-et-paix">annonce la tenue d’une enquête</a> sur les allégations.</p>
<p><strong>15-18 avril</strong> : les enquêteurs de la CECC <a href="http://www.cccb.ca/site/frc/salle-de-presse/archives/communiques/2009/2688-le-comite-denquete-de-la-cecc-fera-rapport-aux-eveques-du-canada">visitent les cinq groupes mexicains mis en cause par les allégations</a>. Mgr Martin W. Currie, archevêque de St. John’s, à Terre-Neuve, et Mgr François Lapierre, P.M.É., évêque de Saint-Hyacinthe dirigeaient l’enquête. Ils étaient aidés par Mgr Mario Paquette, P.H., alors Secrétaire général de la CECC, et par Mgr Carlos Quintana Puente, C.S.S., Directeur exécutif du Secrétariat pour l’Église en Amérique latine, à la Conférence des évêques catholiques des États-Unis.</p>
<p><strong>18 juin</strong> : remise du rapport au Conseil permanent.</p>
<p><strong>19 juin</strong> : le président de la CECC, Mgr James Weisgerber, déclare à Télévision Sel + Lumière que le comité n’a trouvé aucun fondement aux allégations contre D&amp;P.</p>
<p><strong>29 juin</strong> : <a href="http://www.cccb.ca/site/frc/salle-de-presse/archives/communiques/2009/2696-le-comite-denquete-de-la-cecc-remet-son-rapport-developpement-et-paix-lave-de-tout-soupcon">le rapport est rendu public</a>.</p>
<p><strong>19-23 octobre</strong> : assemblée plénière de la CECC à Cornwall. Les évêques s’engagent à <a href="http://www.cccb.ca/site/frc/salle-de-presse/textes-officiels/declarations-publiques/2722-declaration-de-lassemblee-pleniere-2009-des-eveques-du-canada-sur-lorganisation-catholique-canadienne-pour-le-developpement-et-la-paix">exercer une plus grande supervision de D&amp;P</a>.</p>
<p>2-3 décembre : <a href="http://www.cccb.ca/site/frc/salle-de-presse/archives/communiques/2009/2733-la-cecc-etablit-un-comite-ad-hoc-pour-aider-developpement-et-paix-a-reviser-la-mise-en-uvre-de-son-mandat-et-nomme-trois-eveques-a-sieger-au-nouveau-comite-sur-la-vie-et-la-famille">création d’un Comité ad hoc</a> par le Conseil permanent de la CECC pour aider Développement et Paix à réviser la mise en œuvre de son mandat.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>2010</strong></span><br /><strong>25-29 octobre</strong> : assemblée plénière de la CECC à Cornwall. Remise du rapport du Comité ad hoc. Vote en faveur de <a href="http://www.cccb.ca/site/frc/eveques/assemblees-plenieres-annuelles/241-assemblee-pleniere-2010/2969-resume-du-rapport-du-comite-ad-hoc-sur-loccdp">l’institution d’un nouveau Comité permanent</a> [pour superviser D&amp;P], composé de quatre évêques et du Secrétaire général de la CECC, comme membre d’office.<strong></strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>2011</strong></span><br /><strong>Mars </strong>: des sites Internet catholiques au Canada s’offusquent de l’invitation comme conférencier faite au père Luis Arriaga, directeur du Centre Miguel Pro au Mexique, l’un des partenaires de D&amp;P mis en cause en 2009. Ces sites considèrent invalides les conclusions du rapport de 2009 et accusent D&amp;P de soutenir environ 50 groupes dans le monde qui vont à l’encontre de la doctrine catholique.</p>
<p><strong>1er avril</strong> : L’archevêque d’Ottawa, Mgr Terrence Prendergast, <a href="http://www.cccb.ca/site/frc/salle-de-presse/3106-commentaire-sur-lannulation-dun-conferencier-de-careme-de-partage">annule les conférences du père Luis Arriaga</a>. Le communiqué indique : « Étant donné que le Centre appuie le groupe qui fait la promotion de l&#8217;avortement au Mexique, position qui n’est pas compatible avec la défense du droit à la vie depuis la conception jusqu&#8217;à la mort naturelle qui est au cœur de l’enseignement de l&#8217;Église et, non plus, avec la mission de Développement et Paix, et afin d’éliminer tout doute sur cet engagement, les conférences et les engagements du père Arriaga dans l’archidiocèse d’Ottawa ont été annulés. » Le rapport de 2009 semble être remis en question.</p>
<p><strong>4 avril</strong> : la <a href="http://www.cccb.ca/site/frc/salle-de-presse/3106-commentaire-sur-lannulation-dun-conferencier-de-careme-de-partage">CECC indique</a> qu’avant l’annulation à Ottawa, le directeur national de D&amp;P avait annulé les conférences du père Arriaga prévues dans le diocèse d’Alexandria-Cornwall.</p>
<p><strong>9 et 11 avril</strong> : <a href="http://www.radiovm.com/Nouvelles/Details.aspx?n=26153">Radio Ville-Marie</a> et <a href="http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/320859/developpement-et-paix-en-question-nouvelle-attaque-de-l-integrisme-religieux">Le Devoir</a> publient des articles au sujet de cette décision.</p>
<p><strong>15 avril</strong> : le père Claude Lacaille, PMÉ, fustige des « groupes d’idéologie conservatrice » et défend Développement et Paix dans une <a href="http://www.interbible.org/interBible/source/justice/2011/bjs_110415.html">chronique sur le site Interbible.org</a>.</p>
<p><strong>21 avril</strong> : LifeSiteNews avance que le rapport des évêques de 2009 <a href="http://www.lifesitenews.com/news/archbishop-dp-co-wrote-the-cccb-report-exonerating-pro-abort-partners-slamm/">a été écrit en partie par Développement et Paix</a>. Il cite Mgr Martin Currie, archevêque de Saint-Jean (T.-N.) pour appuyer son propos.</p>
<p><strong>23 avril</strong> : publication par Radio Ville-Marie d’un article intitulé <a href="http://www.radiovm.com/Nouvelles/Details.aspx?n=26390">Crise chez Développement et Paix : des catholiques québécois en ont ras-le-bol</a>, et qui fait état du mécontentement de plusieurs catholiques québécois, dont le père Claude Lacaille, sur la manière dont l’Église canadienne gère l’affaire D&amp;P. Certains propos sont très durs à l’endroit des évêques canadiens.</p>
<p><strong>2 mai</strong> : mise en ligne du blogue <a href="http://soutenonsdetp.wordpress.com/2011/05/02/developpement-et-paix-a-besoin-de-nous/">Soutenons Développement et Paix</a>.</p>
<p><strong>4 mai </strong>: la CECC <a href="http://www.cccb.ca/site/frc/salle-de-presse/declarations-et-lettres/3114-commentaire-de-la-conference-des-eveques-catholiques-du-canada-a-propos-dune-entrevue-realisee-par-proximo-avec-m-claude-lacaille-pme">rend publique une longue lettre</a> signée de son actuel président, Mgr Pierre Morissette, qu’elle a envoyée au père Claude Lacaille et à Radio Ville-Marie. La lettre indique que « <em>Contrairement aux accusations du Père Lacaille rapportées dans l’entrevue à Proximo [de Radio Ville-Marie],  il est clair que la CECC s’efforce par tous les moyens de voir à ce que l’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix affermisse et revigore son rôle, tout en continuant l’excellent travail qu’elle accomplit dans le monde d’aujourd’hui</em> ». La lettre indique également que la CECC va « <em>bientôt adopter une nouvelle approche de la technologie des communications et de l’information</em> ».</p>
<p><strong>10 mai</strong> : le journal français <a href="http://www.la-croix.com/Religion/Urbi-Orbi/Monde/Face-a-la-radicalisation-des-blogs-les-eveques-canadiens-veulent-revoir-leur-approche-d-Internet-_NP_-2011-05-10-614163">La Croix</a> fait écho à cette affaire.</p>
<p><strong>13 mai</strong> : le journal <a href="http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/national/201105/13/01-4399083-rififi-a-developpement-et-paix.php">La Presse</a> fait écho à cette affaire.</p>
<p><strong>14 mai</strong> : Mgr François Lapierre, évêque de Saint-Hyacinthe, <a href="http://www.radiovm.com/Nouvelles/Details.aspx?n=26749">contredit LifeSiteNews</a> en affirmant que c’est Mgr Mario Paquette et lui-même qui ont rédigé le rapport de 2009, et non D&amp;P.</p>
<p><strong>15 mai</strong> : le <a href="http://www.cqv.qc.ca/fr/en-primeur-au-congres-2011-de-campagne-quebec-vie-developpement-et-paix-en-question">congrès annuel de Campagne Québec-Vie</a> est en partie consacré au « scandale Développement et Paix ». Le regroupement pro-vie invite le rédacteur en chef de LifeSiteNews, John-Henry Westen à venir présenter ses preuves contre l’organisme.</p>
<p><strong>17mai</strong> : Campagne Québec-Vie annonce la création d’une pétition destinée aux évêques dans laquelle <a href="http://www.cqv.qc.ca/fr/petition-pour-une-reforme-en-profondeur-de-developpement-et-paix">on demande de réformer D&amp;P</a>.</p>
<p><strong>18 mai</strong> : le directeur national de D&amp;P, Michael Casey, annonce que l’organisme <a href="http://www.devp.org/devpme/fr/pressroom/documents/LettreMembres.pdf">cesse sa collaboration</a> avec le Centre Miguel Pro du père Arriaga.</p>
<p><strong>24 mai</strong> : une autre pétition, celle-là <a href="http://www.petitions24.net/soutenons_developpement_et_paix__support_development_and_peace">en faveur de D&amp;P</a>, apparaît sur Internet, lié au blogue Soutenons Développement et Paix.</p>
<p><strong>25 mai</strong> : les supérieurs jésuites des provinces du Canada français, du Canada anglais et du Mexique <a href="http://www.jesuites.org/centre_miguel_pro.htm">apportent leur appui</a> au Centre Miguel Pro et à son directeur, le père Luis Arriaga.</p>
<p><strong>27 mai</strong> : <a href="http://centroprodh.org.mx/prodh/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=103:luis-arriaga-valenzuela-termina-su-gesti%C3%B3n-como-director-del-centro-prodh-jos%C3%A9-rosario-marroqu%C3%ADn-farrera-nuevo-titular&amp;lang=en">fin du mandat</a> du père Luis Arriaga, après cinq ans à la tête du Centre Prodh.</p>
<p><strong>30 mai</strong> : Le Devoir publie une <a href="http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/324332/crise-a-developpement-et-paix-tutelle-des-eveques-sur-l-organisme-laique-d-aide-internationale">nouvelle chronique</a> de Jean-Claude Leclerc sur cette affaire.</p>
<p><strong>1er juin</strong> : le Conseil central du Montréal métropolitain-CSN <a href="http://www.cnw.ca/en/releases/archive/June2011/01/c9956.html">appuie D&amp;P et invite</a> ses 94 000 membres à signer la pétition en faveur de l&#8217;organisme catholique.</p>
<p><strong>1er juin</strong> : rédaction de la <a href="http://soutenonsdetp.wordpress.com/2011/06/08/42-scientifiques-creent-un-collectif-de-recherche-sur-la-cooperation-internationale-en-soutien-a-developpement-et-paix/">lettre</a> intitulée <em>La nouvelle mais très conservatrice politique de coopération avec le Sud qui prend forme à Développement et Paix est inacceptable</em>. Signée par 42 intellectuels québécois, elle est publiée le 10 juin sur le site <a href="http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/201106/10/01-4407957-crise-a-developpement-et-paix.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&amp;utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_points-de-vue_794_section_POS1">cyberpresse.ca</a>.</p>
<p><strong>3 juin</strong> : Crayon et goupillon publie en français l&#8217;intégralité de la <a href="http://philippevaillancourt.com/2011/06/lettre-de-l%E2%80%99archidiocese-de-mexico-du-1er-avril/">lettre de l&#8217;archevêché de Mexico</a> obtenue de la CECC et datée du 1er avril.</p>
<p><strong>5 juin</strong> : la pétition en faveur de Développement et Paix franchit le cap des 1000 signatures.</p>
<p><strong>7 juin</strong> : le père <a href="http://bcc.rcav.org/opinion-and-editorial/798-fr-raymond-de-souza">Raymond de Souza</a> signe un article qui conclut que D&amp;P ne mérite plus le soutien des catholiques. « There is a certain consistent logic at play here; CCODP is no more interested in the views of the bishops in Canada, where they raise money, than they are of the bishops in the countries where they spend it. That approach may earn them the support of social activists here and abroad, but it should not earn the support of Catholics. »</p>
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		<title>Corps meurtris</title>
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		<pubDate>Tue, 10 May 2011 23:38:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Vaillancourt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>
		<category><![CDATA[pornographie juvénile]]></category>
		<category><![CDATA[Raymond Lahey]]></category>

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		<description><![CDATA[Le triste héritage de Mgr Raymond Lahey : un amas de meurtrissures.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le début du procès de Mgr Raymond Lahey n’aura finalement pas donné lieu à une reprise de scandale sexuel impliquant l’Église. En partie parce qu’il y a peu de nouveauté, mais aussi parce que l’actualité canadienne a le regard ailleurs en ce moment. </strong></p>
<p>Les élections fédérales, les premiers faux-pas des néo-démocrates, la mort de ben Laden, les détails sordides sur le meurtre des enfants du docteur Turcotte et les inondations au Québec occupent l’essentiel de l’espace médiatique. Même les spéculations d’un vaticaniste américain sur la possible élection du cardinal Marc Ouellet lors du prochain conclave ont excité davantage les médias québécois que le procès de Mgr Lahey. Le Carême est terminé, Pâques est passé, et l’Église catholique a évité cette année un scandale planétaire, contrairement aux deux années précédentes. Le procès de Mgr Lahey survient au moment où tout le monde a la tête ailleurs.</p>
<p>Même une grossière erreur de Radio-Vatican, qui parlait d’un « nouveau » scandale de « pédophilie » n’aura pas réussi à faire partir en vrille cette histoire.</p>
<p>Le plaidoyer de culpabilité de Mgr Lahey évite même à tout le monde d’apprendre le fin détail de ce que contenait ses ordinateurs. En 2009, on parlait de près de 1000 fichiers. Cette semaine, on évoquait plutôt environ 600 photos et vidéos. Quelques informations vagues concernant des photos de garçons de huit ans ont circulé, mais on n’en saura pas tellement plus.</p>
<p>L’ancien évêque d’Antigonish a eu la meilleure attitude possible dans cette situation, la seule réellement acceptable pour un homme de son rang : plaider coupable, refuser la possibilité de libération sous certaines conditions et demander à entamer sa peine d’emprisonnement dès maintenant, ce qui lui fut accordé sur le champs. L’homme d’Église connaîtra sa véritable sentence sous peu. La peine criminelle maximale encourue est de dix ans. Son avocat n’a pas manqué de souligner à quel point son client était rongé de remords.</p>
<p>À Antigonish, son successeur s’est exprimé sans équivoque, indiquant en conférence de presse que c’est une bonne chose que Mgr Lahey aille en prison. Il en a de nouveau profité pour réitérer sa désolation face aux abus perpétrés dans son diocèse il y a quelques décennies, mais dont les plaies sont encore béantes. D’ailleurs, le diocèse d’Antigonish doit toujours honorer l’entente historique de 15 millions $ conclue par le héro du mois d’août 2009, nul autre que Mgr Raymond Lahey, pour dédommager des dizaines de victimes. Les versements débutent bientôt : le premier est prévu à la fin du mois, le 31 mai. L’Église d’Antigonish versera alors 5 millions $ d’un coup, avant de répéter l’expérience le 1 novembre, et encore une fois en 2012.</p>
<p>Mais même si l’Église a évité une catastrophe médiatique au cours des derniers jours, le défi de Mgr Brian Dunn à Antigonish demeure entier.</p>
<p>Alors que les entailles étaient déjà bien visibles lors de l’entente signée par Mgr Lahey, son arrestation quelques semaines plus tard a touché une artère vitale : la confiance. « Comment un homme qui a écouté toutes nos doléances avec sollicitude peut-il être arrêté pour possession et importation de pornographie juvénile ? », se demandaient les victimes, complètement dégoûtées de la tournure des événements.</p>
<p>Mgr Dunn a rappelé jeudi dernier que l’entente tient toujours, et qu’elle vise notamment à favoriser la réconciliation entre l’Église et les victimes. Mais, dans une situation qui rappelle celle du diocèse de Bathurst au Nouveau-Brunswick, les catholiques sont tout aussi amers. Voilà leur diocèse et leurs paroisses dépouillés de plusieurs millions $ et d’une bonne partie de leur crédibilité, et de leur avenir.</p>
<p>Le porte-parole du diocèse d’Antigonish, Paul Abbass, a confirmé que les paroisses avaient accumulé 4 millions $, que la liquidation des investissements du diocèse a permis de récolter 3 millions $, et que la vente de propriétés diocésaines a rapporté jusqu’à présent 2 millions $. Il manque encore au moins 6 millions $, car d’autres poursuites sont intentées par des victimes qui ne font pas partie de l’entente d’août 2009. Cela pourrait coûter 3 millions $ supplémentaires. L’Église d’Antigonish n’aurait ainsi récolté que la moitié de la somme nécessaire.</p>
<p>Autre entaille : alors que le diocèse avait promis de ne pas toucher aux églises et aux presbytères, voilà que le porte-parole a laissé entendre qu’il faudra peut-être réviser cette position concernant les presbytères.</p>
<p>Le cas Lahey est sournois car il ne se calcule pas aussi facilement que tous ces millions. Il survient au moment où le diocèse d’Antigonish espérait tourner la page sur son passé. La collecte de tout cet argent, en vertu d’une entente conclue par un homme au comportement criminel, s’accompagne d’une perte de confiance sans précédent dans l’histoire de l’Église néo-écossaise. Le moral sapé, les coffres vides et la culpabilité sont aujourd’hui le lot de l’ensemble des catholiques d’Antigonish. Le corps ecclésial d&#8217;Antigonish ne ressemble maintenant que trop à ces petits corps d’enfants, meurtris et trahis par des hommes en qui ils avaient placé leur confiance, et dont la vue plaisait tant à cet évêque catholique.</p>
<p>Huit ans se sont écoulés entre l&#8217;arrivée de Mgr Lahey à Antigonish et son procès. Huit ans, l&#8217;âge d&#8217;un enfant à l&#8217;aube de sa vie dont l&#8217;horizon s&#8217;assombrit soudainement.</p>
<p>« <em>Comme ses lèvres entr&#8217;ouvertes ébauchaient un demi-sourire je me dis encore: &laquo;&nbsp;Ce qui m&#8217;émeut si fort de ce petit prince endormi, c&#8217;est sa fidélité pour une fleur, c&#8217;est l&#8217;image d&#8217;une rose qui rayonne en lui comme la flamme d&#8217;une lampe, même quand il dort&#8230;&nbsp;&raquo; Et je le devinai plus fragile encore. Il faut bien protéger les lampes: un coup de vent peut les éteindre&#8230;</em> »</p>
<p>- Le Petit prince, Antoine de Saint-Exupéry</p>
<p>***</p>
<p>Image inspirée d&#8217;une œuvre de Ferdinande Andreini.</p>
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